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Maîtresse, maîtresse !

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Eh oui !

Les grandes écoles refusent de se voir imposer un quota de jeunes élèves boursiers, ça ferait baisser leur niveau. Scandaleux ?

Avant de crier au scandale, peut-être devrions nous réfléchir : pourquoi n’y a t-il pas déjà 30% d’élèves boursiers en école ?

Soit les élèves boursiers n’ont pas réussi les concours, et donc leur intégration ferait, de fait, baisser le niveau de l’École. Soit peu d’élèves boursiers tentent les concours. Dans les deux cas, imposer des quotas serait anti-républicain, puisque nous affirmerions alors : « puisque les élèves boursiers ont un niveau inférieur aux élèves non boursiers, nous allons créer deux concours différents : un pour les nuls, sale mioche de prolo, et un pour les gentils nantis qui paient des impôts, eux et qui ont de l’éducation, eux ». Instaurer des quotas retirerait tout mérite aux jeunes qui ont bossé dur, pour être là où ils en sont.

Moi, sale mioche de prolo (papa et maman déclarent 14 000 euros, environs, de revenus annuels), boursier, je suis résolument contre l’instauration de quotas. Pour autant, je ne nie pas le fait qu’il y ait des problèmes.

En effet, je ne comprends pas qu’il y ait aussi peu d’élèves issus de milieux modestes à Polytechnique ou à l’ENA. Peut être qu’effectivement l’intelligence est proportionnelle au revenus mensuels…

Ou alors, peut-être avons nous des incapables au gouvernement !

Petite étude lue il y a quelque temps sur un site communautaire : en banlieue, les petites filles rêvent de devenir coiffeuse ou esthéticienne, pendant que dans les autres classes sociales, elles se voient vétérinaires ou maîtresses. Étonnant, non ?

C’est d’une réforme de l’éducation nationale dont nous avons besoin, pas d’une réforme des grandes écoles. Il faut se demander pourquoi l’ascenseur social est en panne, mais cette question en soulève bien d’autres, et je pense que seule une politique audacieuse et totale pourra le remettre en marche.

Qu’est-ce qui empêche fondamentalement la réussite scolaire en milieu modeste ?  Le manque d’ambitions saines et l’irrespect, ou la violence verbale (voire en de rares cas physique) de certains élèves envers leurs maîtres.

Aujourd’hui, on ne rêve plus d’être médecin ou ingénieur parmi les classes sociales les plus défavorisées ; on rêve d’argent facile, on se voit chanteur de Rn’b ou footballeur, mais que gagne-t’on à la fin ?

Au lieu de MTV, rediffusons Albert le cinquième mousquetaire, les cités d’or, tom sawyer, Il était une fois la vie ou Il était une fois les découvreurs… Remettons au goût du jour les dessins animés qui nous ont donné envie de devenir policier, pompier, astronaute, médecin, chevalier, aventurier. Les nouveaux gosses méritent eux aussi de quitter leur maison tard le soir, baluchon paré, pour devenir pirate, archéologue ou vivre dans un cirque.

Redonner de l’innocence et du rêve aux plus jeunes réduira les violences, en partie, en milieu scolaire, mais aussi dans les rues.

Et pour ceux qui décidément ne veulent rien entendre, plaçons-les en institutions militaires. Cela leur permettra, dans un cadre autoritaire, de tout de même réussir leurs études, et de s’épanouir, et préservera une ambiance bon enfant dans les classes qu’ils auront quittées.

Moins de violence, des ambitions, et je pense que les enfants, d’eux-mêmes, iront lire des livres, faire de la musique, aller au musée. Car des bibliothèques, des centres de loisirs, des sorties cinéma ou musée, nos maires ont su nous en offrir. Ensuite, quelle sera la différence entre un enfant de riche et un enfant d’indigent ?

Ils auront les mêmes bases, et donc les mêmes chances d’intégrer une grande École.

Zakarya Zehri

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3 responses to “Maîtresse, maîtresse !”

  1. Naradatta dit :

    Le prolo qui s’en sort n’intéresse personne. Le mettre en avant ramènerait un certain nombre de personnes à leur propre médiocrité.
    A fortiori si il est “riche de sa diversité”. Il n’a aucun intérêt. Pour la bourgeoisie censitaire il est transparent. Il n’accèderait à la reconnaisance que si c’était un incapable cas social vociférant, sorte de bon sauvage d’un rousseauisme à deux balles qu’on peut regarder avec une condescendance de dame patronesse.
    Emargeant à 350 euros par mois en thèse, leurs quotas de concours pour acheter un très hypothétique vote socio-ethnique, je m’essuie avec. Ca pourrait être sorti du cerveau d’un Wolton tellement ça enfonce le clou du bobo-libéralisme anti-républicain.

  2. Merci pour cet article; j’ai particulièrement apprécié le passage sur les héros à la télévision. J’abonde dans ce sens et je voudrais rajouter quelque chose: les livres.
    J’ai beaucoup lu étant jeune, des livres de toutes sortes: romans, livres techniques, scientifiques, BD, livres d’histoire…

    Je ne sais pas si être fasciné par des histoires héroïques réduit la violence, mais en tout cas ça donne de l’ambition.

    Sinon, il est normal qu’il y ait beaucoup de fils de professeurs parmi les élèves de grandes écoles: c’est un déterminisme social implacable. Un fils de bon élève est plus facilement bon élève qu’un fils de mauvais élève (et un professeur est un ancien _très_ bon élève). De même, il est normal qu’un fils de boulanger ait quelques facilités s’il se lance dans la boulangerie. Ça n’a rien de scandaleux, c’est juste logique, absolument inévitable (la logique n’est pas un jugement). Mais comme toute pensée globale, systémique, sociologique est bannie par le système au profit d’un moralisme éthéré, il faut vouloir aller contre la réalité, et donc échouer.

    S’il l’on veut aller jusqu’au bout du déni de réalité, il existe en fait un moyen très simple pour que tout le monde accède aux grandes écoles: que le niveau y soit nul. Et, mais ça existe déjà, ça s’appelle la première année de fac!

  3. Marie dit :

    C’est très Bien vu !
    Il y a tout de même la motivation et la conscience des enfants et des parents qui jouent : un enfant dont la mère s’implique à fond dans ses études est un atout pour lui au lieu qu’une mère qui s’en désintéresse est un handicap. L’égalité est un principe, mais, en réalité, malgré les chances égales au départ, les choses dépendent beaucoup des gens eux-mêmes.

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