Une économie sans ingénieurs, ça fonctionne ? Non.
Dans un – certes un peu long mais très intéressant - article, le blogueur Eugène revient sur le non-choix qui a été fait en France d’abandonner comme dans d’autres pays d’Europe les – trop arides ? trop exigeantes ? – sciences et techniques. On préfère aujourd’hui sublimer les activités de service peu coûteuses en terme de formation quitte à développer une économie artificielle ou la création de valeur ne serait plus que fictive. Et nous avons déjà depuis deux ans un avant-goût des conséquences que cela aura…

Voici un extrait de son article, je vous invite à lire la suite sur son blog (lien) ou sur Marianne2.fr (lien)
Discrètement la finance a pris le pouvoir dans le monde et en particulier en France. A niveau d’étude égal, il vaut mieux travailler dans la finance que dans la recherche. Les Polytechniciens l’ont bien compris depuis des années et désertent en majorité la recherche pour la gestion, finance et direction d’entreprise. Aujourd’hui, en France, il faut admettre qu’il faut être fou pour faire de la technique ! Pourtant ce ne sont pas les financiers qui nous sauverons. L’exemple de la Grande-Bretagne qui a beaucoup trop misé sur la finance à bien montré durant la crise toute les faiblesses de son modèle. Les ingénieurs d’hier, qui avaient considération et haut niveau de vie, sont aujourd’hui dans la même posture qu’étaient les ouvriers il y a dix ans : ils sont pressurisés, menacés et finalement délocalisés. Nous ne comptons plus les grandes entreprises qui discrètement ouvrent des centres de recherches dans les pays de l’Est, au Maghreb ou en Asie. Cet aspect n’est pas médiatisé. Ceux qui sont aujourd’hui encore employés en France subissent tous les jours cette violence que constitue l’ouverture progressive, sous leur nez et avec leur coopération forcée, de ces centres. Nous nous étonnerons ensuite des suicides soudains chez les ingénieurs.
Le gouvernement actuel a clairement choisi le camp de la finance et ne se prive même pas d’attaques basiques sur les chercheurs « à budget comparable un chercheur Français publie de 30% à 50% en moins qu’un chercheur Britannique dans certains secteurs » a dit le président en janvier 2009. Il applique ici encore, les mêmes recettes d’entreprise (et de financiers) dont on sait qu’elles ne marchent absolument pas : les indicateurs.
par Eugène sur son Blog économique et social relayé par Marianne2.fr
Crédit photo: Conseil Général 94 – Flickr CC
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