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Retraites : prendre le problème à la racine

retraite

Le gouvernement et toute l’intelligentsia soumise à la pensée unique néolibérale sont en effet favorables à un allongement de sa durée, qui serait selon eux l’unique solution pour rétablir l’équilibre financier des retraites – menacé par un déséquilibre actifs/retraités dont la gravité reste d’ailleurs à prouver -, à défaut de se résigner à baisser le niveau des pensions déjà bien bas.

Le Parti Socialiste, quant à lui, est partagé entre les « orthodoxes » qui défendent haut et fort la « retraite à 60 ans » et les « modernes » qui, eux, n’ont pas de complexe à afficher la réelle conversion du parti au néolibéralisme et appellent à un consensus « républicain » (sic) avec le gouvernement.

Pourtant, la durée de cotisation, au-delà de la question humaine que cela pose évidemment, est un faux débat. Et son allongement, une fausse solution. Le conseil d’orientation des retraites a lui même calculé en 2008 que le report de l’âge légal à 61,5 ans ne couvrirait que le tiers des besoins de financements supplémentaires en 2020 et à peine un dixième en 2050. Une inefficacité confirmée par le bilan de la réforme Balladur de 1993 : l’allongement de la durée de cotisations, de 37,5 à 40 annuités, n’a ainsi permit que 4 % des économies obtenues à la suite de cette réforme !

A la lecture de ces chiffres, où est donc l’intérêt de demander aux Français de travailler plus longtemps – avec tout ce que cela peut comprendre en coût social et humain – pour un gain économique quasi-nulle ? Nos dirigeants souhaiteraient-ils de cette manière, en mettant de côté toute véritable solution, mettre à bout notre système de retraite par répartition pour mieux le discréditer et en finir avec ?

Car, oui, il existe de véritables solutions qui seraient mieux à même de préserver et d’améliorer notre système de retraite par répartition. Evidemment, nos dirigeants, plus aveuglés et soumis que jamais à l’idéologie néolibérale, ne voudront en entendre parler.

Deux grands caps doivent pourtant s’imposer à nous.

Le premier exige tout d’abord la réaffirmation d’une solidarité nationale pleine et entière. Pour permettre la pérennité du système et garantir à chacun une pension digne, il faut oser poser la question du partage de la valeur ajoutée et mettre à contribution de nouvelles ressources. Ainsi l’assiette des cotisations pourrait être étendue aux revenus financiers tels que les stock-options, qui représentent tout de même cinq milliards d’euros de recettes possibles, selon un récent rapport de la Cour des comptes.

Le second axe exige, en parallèle, une véritable politique de redynamisation de notre économie et de retour au plein emploi, sans lequel tout système de solidarités ne peut qu’être perpétuellement fragile. Une politique qui peut paraître évidente mais qui n’aura de réalité que lorsque nous en finirons avec les deux périls majeurs de notre économie et de notre système social que sont le libre-échange intégral et la politique de l’euro fort mené par la BCE, deux tabous sur lequel ne veulent revenir les européistes du parti unique UMP-PS-Modem-Verts.

Comme nous le voyons, pour sauver les retraites, comme pour le reste, il faut donc avoir le courage d’aller à la racine des problèmes et ne pas se laisser piéger par les faux débats qui nous sont tendus. A défaut de voir le « Munich social », expression du regretté Philippe Séguin, s’aggraver encore et encore, et prendre tout sur son passage…

Jérôme Lagae

DLJ 59

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4 responses to “Retraites : prendre le problème à la racine”

  1. Pierre Mathorel dit :

    Toujours la levée de nouveaux impôts….si la solution passée par là, tous les problèmes de la France serait réglés tant l’oppression fiscales est forte.

    Il faut responsabiliser les individus en leur rappellant qu’ils ne doivent pas compter uniquement sur l’Etat pour leur retraite.

    Il faut également se demander ou est passé l’argent des cotisations des trentes glorieuses. Il y avait moins de retraité et plus de travailleur….ou est passé l’argent?

  2. LeParia dit :

    Moi je ne comprends pas pourquoi on continue à payer les intérêts de la dette !
    Ça se serait une réelle économie.
    et vous allez me dire : “l’Etat emprunte tous les jours sur les marchés financiers, on a besoin de cet argent.”
    Je vous réponds : Nationalisons les banques, et les emprunts nous les feront chez les français, pas chez le monde de la finance. Nous paierons des intérêts ? Au moins, nous pourrons nous même fixer nos taux, et c’est le peuple qui en héritera.
    Ensuite on réforme la constitution afin que les défiit soit interdit, et on a réglé le probleme de la dette !

    Arrêtons de payer !

    En 2008 la france a emprunté de l’argent aux marchés financiers afin de l’injecter dans ce même marchés, aujourd’hui on paie des intérêts. Dans mon pays, on appelle ça se foutre de la gueule du monde !

  3. Berger rémi dit :

    Réponse à la réaction de Pierre Mathorel :

    je pense que vous avez tort mon cher ami, car l’Etat est le seul garant de la retraite par répartition. Si l’on ne compte pas que sur l’Etat et notre système de protection sociale, la voie serait ouverte à une montée en puissance des retraites par capitalisation, ce qui ouvrirait une brèche béante aux inégalités et aux injustices.

    A l’heure actuelle seules les professions libérales fonctionnent selon le principe de retraite par capitalisation et pour les plus vulnérables (infirmiers, kinésithérapeutes notamment) cela est une source de stress et d’inquiétudes, car même si leurs revenus sont élevés (moins de cotisations retraite) ils doivent eux même assurer leur retraite (en grande partie) et la plupart envie les salariés et fonctionnaires d’avoir un montant de retraite garantie.

    Cordialement

    Rémi Berger
    DLJ 59 – 62

  4. il Maestro dit :

    d’accord avec Monsieur Berger !
    Et tous avec DLR pour une France plus juste et mieux dirigée, loin de la caste financière …

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