Les jeunes gaullistes à l’honneur en Lorraine !
«Unir les Lorrains », «rendre aux Lorrains leur fierté », «donner aux Lorrains des raisons d’espérer » : le discours de Jean-Luc André, chef de file de la liste «Debout la Lorraine» pour les élections régionales, ne pêche pas par excès d’originalité. Mais rapidement, le conseiller régional sortant, élu en 2004 avec la majorité présidentielle, dévoile la frustration à laquelle il a répondu en ne repartant pas au combat avec l’UMP de Laurent Hénart. Il s’agit, dit-il, de «combler un vide politique » face à une UMP qu’il juge phagocytée par le Parti radical, et à un MoDem où «l’aspiration sociale-chrétienne n’existe plus ».
D’où ce rassemblement «de femmes et d’hommes libres », souvent sans appartenance partisane comme Jean-Luc André lui-même, qui a pris la tête de liste départementale de Meurthe-et-Moselle, ou issus du mouvement «Debout la République» créé par Nicolas Dupont-Aignan comme les trois autres têtes des listes départementales : André Masius pour la Moselle, Philippe Fournier pour la Meuse et Patrice Bérard pour les Vosges.
D’autres candidats ont rompu avec l’UMP, comme Jean Scharre qui fut jadis exclu de la majorité présidentielle pour s’être opposé à Alain Missoffe, ou adhèrent au Centre national des indépendants ou à l’Alliance centriste. «C’est l’esprit gaulliste, insiste Jean-Luc André. Après tout, le Général ne s’accordait guère avec le système des partis… »
«Plus forts à Paris»
Mais s’ils sont sévères avec l’équipe Hénart, André et ses colistiers sont tout aussi critiques contre Masseret. «Nous venons de vivre, au conseil régional, six années de léthargie. On a géré la boutique, en somme. » Pour la liste gaulliste, il est temps de rassembler les forces au service de la Lorraine, quitte à pratiquer le consensus à la belge. «A Paris ou à Luxembourg, on rit de nous », affirment-ils. «En rassemblant la région, sans esprit partisan ni guerres de clochers, nous serons plus forts pour obtenir du gouvernement la solidarité qu’il doit à la Lorraine.»
L’enthousiasme qui anime «Debout la Lorraine» ne l’empêche pas d’être réaliste. «Nous ne sommes pas là pour faire de la figuration », martèle Jean-Luc André ; mais il avoue vite que le premier objectif est d’obtenir «au moins 5 % » des suffrages.
Dans l’immédiat, Jean-Luc André enregistre déjà un succès : sur sa liste figure le plus jeune candidat de Lorraine, Joris Matyja (responsable DLJ 57) qui fêtera ses 19 ans le 26 août prochain. Un beau symbole pour une équipe qui reste persuadée que le gaullisme a de l’avenir.
Bernard MAILLARD, journaliste au Républicaine Lorrain
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