De la gauche molle à la gauche lâche
Le vote massif des députés UMP pour un « oui » au scrutin instaurant le Mécanisme Européen de Stabilité (MES) n’est une surprise pour personne, l’UMP assume son statut de petit père de la rigueur, défenseur des marchés financiers au détriment du peuple et de fédéraliste acharné.
Ce qui est plus étonnant, voir choquant, c’est l’attitude du Parti socialiste, avec en tête de file le candidat François Hollande. Ces derniers ont tout simplement jugé bon de s’abstenir. Le journal « Libération » titrait ce matin sur sa version papier « La gauche prise au piège de l’Europe », allant même jusqu’à parler d’une politique de l’autruche, et quand on connait l’impartialité exemplaire de ce quotidien, on ne peut que se rendre à l’évidence : oui, la gauche a changé, elle est passée d’une gauche molle, à une gauche lâche.
Lors de son discours du Bourget, Hollande a voulu montrer sa fermeté, il s’est inspiré de la Révolution française, de la Résistance de 39-45, il a érigé la finance et ses dérives comme ses principaux ennemis. Comment ne pas s’en réjouir ?
Mais on le sait, chez les socialistes, les paroles et les actes sont souvent aux antipodes, et le candidat Hollande, et plus largement, le Parti socialiste nous en ont donné ce mardi 21 février 2012 un exemple plus que parlant en décidant de s’abstenir sur le vote du MES. Et pour cause, le MES, qui remplacera le fond européen de stabilité financière (FESF), disposera d’une enveloppe de 500 milliards d’euros à distribuer en temps de crise, et les Etats qui souhaiteraient en bénéficier devront ratifier le pacte de discipline budgétaire qui doit être signé le 1 mars et qui oblige l’Etat signataire à inscrire dans sa Constitution la « règle d’or » de l’équilibre budgétaire, cette même règle d’or que « combattait » François Hollande.
Force est de constater que eu égard aux récentes déclarations de François Hollande sur sa volonté de renégocier le pacte de discipline budgétaire après son éventuelle accession à la Présidence de la République, le fait pour le groupe PS de voter « contre » le traité MES aurait été l’occasion de prouver, une fois n’est pas coutume, une cohérence entre les paroles et les actes. Que dire également d’Arnaud Montebourg, de celui qui combattit cette Europe inhumaine, cette Europe de l’austérité et qui mardi à mis ses idées de côtés pour obtenir un poste ?
Vient ensuite l’épisode des grandes justifications, pourquoi avoir choisi l’abstention ? « Pour ne pas laisser penser qu’on refuse la solidarité européenne » disent certains, « pour permettre que l’argent soit versé à la Grèce » disent d’autres. Le Parti socialiste doit visiblement avoir un dictionnaire que nous ne possédons pas, selon eux la solidarité c’est imposer aux Etats en difficulté une cure d’austérité tuant le peuple, et prêter des milliards d’euros, oui il s’agit bien d’un prêt et non d’un don, mais rassurez-vous, c’est un prêt entre amis, à 3 %.
Comment expliquer l’attitude honteuse de ces députés de la nation qui se sont dédouanés de leurs responsabilités sur ordre de François Hollande ? L’importance de la réponse est secondaire par rapport aux faits mais il est néanmoins intéressant d’y répondre. François Hollande est dans son rôle d’opposition, il se doit de contredire les faits et gestes de la majorité, mais le vote de mardi révèle quand même une certaine similitude dans les lignes politiques du PS et de l’UMP, en effet, s’abstenir lors d’un suffrage universel est compréhensible, mais s’abstenir à l’hémicycle sur un sujet aussi important est lâche. L’abstention du groupe socialiste révèle son incohérence, son hypocrisie, et par-dessus tout sa volonté de faire croire aux français qu’ils représentent l’opposition alors qu’ils ne sont que le reflet de l’UMP.
Une ligne de conduite, une sincérité humaine et politique, aussi bien dans la théorie que dans la pratique, voilà ce qui manque aujourd’hui au Parti socialiste. Car comment être socialiste et cautionner le MES alors que le sauvetage de cet euro trop cher à déjà provoqué une crise sociale sans précédent en Grèce et au Portugal.
Certes, Nicolas Dupont-Aignan n’a pas été le seul à s’indigner et à voter contre le projet de loi autorisant la mise en place du MES, mais il est le seul à proposer une issue viable, concrète et Républicaine, en proposant une Europe des Nations libres, basée sur la coopération et non sur la soumission, une sortie ordonnée de la zone Euro et en ne faisant aucune différence entre français.
Yannis RETSINAS
Conseiller National de Debout les Jeunes
