Le vert par le rouge
Par Pierre-Luc KOLCZYNSKI, Délégué Départemental Jeunes pour Paris
A l’heure où les rapports alarmistes concernant les aléas climatiques et leurs conséquences à venir sur l’environnement se multiplient, les Verts, écologistes, et autres défenseurs de la nature (en un mot les « bons ») font feu de tout bois : sentencieux, prédicateurs, et volontiers accusateurs, ils sont la Raison qui condamne un homme coupable (la grande figure du mauvais), une Raison qui se pose comme l’ultime garante de son Salut.
Le nouveau lit de l’extrême gauche
Plus concrètement beaucoup de militants et néo-convertis écologistes trouvent dans les discours des partis Verts européens ce qui jadis alimentaient une gauche extrême et radicale : accents internationalistes (réflexion à l’échelle de la planète), mesures proprement « antisystèmes » et coercitives (taxer « les mauvais », toujours plus et sans relâche), ou encore solutions idéales et en contrepied total avec les modèles établis, ceux de l’intelligentsia aurait-on dit (voire la notion de décroissance ou l’utopie d’une nature originelle, pure).
Au total, et des leaders écologistes comme A. Lipietz le reconnaissent volontiers , les mouvements Verts européens ne sont que la forme actualisée d’une extrême gauche délitée, un peu fanée, orpheline (effondrement de l’URSS, manque de crédibilité du communisme à la chinoise), mais fardés de nouveaux habits bien plus sexys , dans le vent : ils ont en fait permis aux jeunes « gauchistes » d’autrefois (sans que l’expression soit péjorative), arrivés à l’automne de leur existence, de vivre leur embourgeoisement politique (leur « droitisation ») comme il se doit, en gardant un semblant de cohérence intellectuelle : Voilà Cohn-Bendit (« Danny » pour à peu près tout le monde) mettant une chemise par-dessus son tee-shirt.
Pour une écologie débarrassée de ses dogmes décroissants
Plus sérieusement l’écologie ne se réduit pas à une prise de volonté, une soudaine envie de changer le monde et de « faire bouger les choses ». C’est une philosophie, qui apprécie la manière dont l’homme cohabite avec son milieu, l’exploite, l’aménage, et en tire des conclusions prospectives. Si l’Homme, en exploitant les potentialités de son milieu, se dessert plus qu’il ne se sert, alors il doit réajuster son activité, avec mesure et précision (et non pas faire table rase, comme le préconisent les plus fervents écologistes, de l’ensemble des valeurs économiques, sociales ou politiques qui régissent la plupart des sociétés occidentales). Peut être même que l’écologie sert-elle de masque aux prédicateurs les plus révolutionnaires désireux de passer incognito ?
En somme, nul besoin de tout mettre par terre (et de s’essuyer les pieds dessus) pour parler écologie.
De là, une démarche intellectuelle mettant en perspective la notion même d’écologie amène reposer certains problèmes, des problèmes dont les données semblaient figées et préétablies : où commence la responsabilité de l’Homme dans le phénomène de réchauffement climatique ? L’écologie est-elle véritablement en contradiction avec notre modèle d’accumulation des richesses?
Bien au contraire, l’écologie semble aujourd’hui être la préoccupation de quelques uns (les pays développés), et qui tentent d’imposer (afin d’en garder le monopole) leur modèle aux pays les plus faibles (les pays du Sud). Elle est donc une stratégie, fruit du réajustement d’un ensemble d’acteurs soucieux de pérenniser un modèle de marché accumulateur. En ce sens, elle n’est en aucun cas un bouleversement idéologique.
L’Homme est toujours au centre du monde, et il le restera. La prise en compte de certains facteurs environnementaux, s’ils sont justifiés, modifiera sensiblement les orientations, ouvrira certaines lignes stratégiques, diversifiera les perspectives, mais ne remettra aucunement en cause notre modèle de croissance capitalistique – car bien qu’imparfait et inégalitaire, il reste encore le plus pertinent des modèles de développement.
Et bien loin de nous ces nouveaux modes d’organisations préconisés par tout ceux qui sont venus au vert par le rouge…
Illustration: Flickr – Licence Creative Commons – Sara In Montréal
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Bravo, bien résumé.
Je notes que depuis que la pensée unique écologique est passée au révélateur de Copenhage, le débat commence enfin a s’instauré.
Et ce qui ressort des premières émissions que j’ai pu voir, c’est l’arrogance des tenants de la pensée unique. Ils savent parce qu’ils sont des scientifiques. Ils savent parce que le GIEC le dit.
Comme dans beaucoup de domaine, l’alarmisme écologique est devenu le moyen pour des scientifiques et des intellectuels de justifier leur salaire. Ils sont là pour sonner l’alarme et pour chercher des solutions.
Ils continueront de tirer, de stigmatiser, de ridiculiser, tous ceux qui dénoncent leur alarmisme car si le danger n’est plus, ils n’ont plus de raison d’être. Et de la même manière, ils continueront de chercher des solutions sans les trouver car s’ils les trouvent, ils devront se trouver une nouvelle rente.
Attention, je ne pense pas que ce soit le fond du problème qui soit contestable.
C’est plutôt que beaucoup de ceux qui se réclament de l’écologie sont en fait les pires défenseurs de la cause en pratiquant ce qui pourrait être qualifié terrorisme intellectuel. Le débat à été réduit à des confrontations simplistes et ne permettra pas, tel qu’il est parti, de résoudre un problème qu’il est pourtant urgent de traiter.
Je ne suis pas tout à fait d’accord sur les liens entre le mouvement écologique et l’extrême gauche. Je dirais même qu’au contraire les écologiste ont tendance à se décaler progressivement vers le centre. La politique d’Europe Écologie est très proche du parti socialiste et du modem, ils sont largement partisans de la sociale démocratie européenne, tout ce que rejette l’extrême gauche…
Je ne suis pas tout à fait d’accord sur les liens entre le mouvement écologique et l’extrême gauche. Je dirais même qu’au contraire les écologistes ont tendance à se décaler progressivement vers le centre. La politique d’Europe Écologie est très proche du parti socialiste et du modem, ils sont largement partisans de la sociale démocratie européenne, tout ce que rejette l’extrême gauche…
Je partage l’analyse de Vince.
Cette mise en parallèle des Verts et des Rouges me semble bien hasardeuse. Car en effet, les verts, comme vous dites, et pour rester dans la colorisation des courants politiques, se positionnent davantage dans le sillage des Roses. Peut-être est-ce par manque d’audace, d’ailleurs !
En outre, je trouve cette tendance à stigmatiser les intellectuels, qui consiste à les mettre tous dans le même panier, assez périlleuse. Si, comme dans tous les domaines, il existe bien quelques penseurs qui profitent de la situation en tentant d’imposer de manière hégémonique leur analyse à des fins mercantiles, vous ne pouvez nier que beaucoup de chercheurs, à commencer par les jeunes doctorants, s’impliquent avec SINCERITÉ et CONVICTION dans la recherche de solutions pour lutter contre ce processus de DESTRUCTION du vivant dans son ensemble (homme, animal, végétal) !
Je suis fatiguée d’entendre et de lire que les chercheurs sont des fainéants qui ne servent à rien ! Quand on sait à l’heure actuelle, combien il est difficile, quand on ne vient pas d’une famille de nantis, d’aller jusqu’au troisième cycle universitaire par passion et par conviction que l’on a peut-être, par le biais des nos travaux de recherche, une toute petite pierre à porter à la construction de la société, je continue à trouver DANGEREUX de porter l’opprobre sur ce métier ! Surtout quand on sait, également, combien un chercheur est rémunéré, c’est-à-dire quelques kopecks !!!
La société a besoin, plus que jamais, de réinvestir la pratique réflexive !
Enfin, je ne sais s’il faut réellement être alarmiste face à la question du possible « réchauffement climatique », une chose est sûre, c’est que de plus en plus d’espèces animales et végétales, pour ne citer que cet exemple, disparaissent irréversiblement de la surface de la terre !! Il y a réellement lieu, ICI, de s’inquiéter !
Salut.