A quand la fin des turqueries ?
Le volte-face de Sarkozy
“Je suis contre l’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne, tout simplement parce que la Turquie n’est pas un pays européen.” Nicolas Sarkozy l’avait clairement annoncé lors de la campagne pour les élections présidentielles de 2007.
Mais qu’en est-il aujourd’hui, trois ans après son élection ? Et bien, le dossier d’adhésion de la Turquie est toujours en cours, et avance même plutôt bien ! En effet, le 12ème chapitre (sur un total de 35) du processus d’adhésion, portant sur l’Environnement, a été ouvert fin 2009. Jamais un pays n’avait atteint ce niveau de négociations sans entrer dans l’UE par la suite…
Nicolas Sarkozy fut pourtant Président de l’Union Européenne juste après son élection à la Présidence de la République française. Il avait alors l’occasion de faire passer un message clair et de mettre tout simplement fin aux négociations d’entrée de la Turquie dans l’UE. Il n’en fut rien… Bien au contraire, il a même supprimé l’obligation d’un référendum sur le sujet et ouvert deux nouveaux chapitres du processus d’adhésion pendant cette période…
Et maintenant, plus le temps passe et plus il paraît difficile d’envisager un arrêt des négociations, tant le dossier est avancé. Il est important de préciser que le processus d’adhésion coûte des millions d’euros chaque année à l’UE… c’est-à-dire à NOUS !!! Si telle est réellement la volonté de nos députés européens (notamment UMP) de ne pas voir la Turquie dans l’UE, qu’attendent-ils donc pour s’y opposer clairement ???
Au-delà des problèmes non négligeables de la situation chypriote et de la non-reconnaissance du génocide arménien par les Turcs, est-il utile de rappeler les conséquences désastreuses que cela aurait au niveau économique et social pour notre pays (main d’oeuvre turque bon marché, impossibilité de s’opposer aux délocalisations du fait de l’appartenance à l’UE, libre circulation des personnes dans l’UE, etc.) ? Par exemple, lorsque Nicolas Sarkozy a entamé des discussions avec Carlos Ghosn, le PDG de Renault, qui envisageait de délocaliser la production de la Clio 4 en Turquie, il s’est fait rappeler à l’ordre par la Commission Européenne, au nom de la sacro-sainte “concurrence libre et non faussée”. Si déjà l’Europe se mêle de ce qui ne la regarde pas et menace de sanctions un pays qui veut empêcher une de ses entreprises nationales de délocaliser dans un pays qui est non-européen, imaginez ce que ça sera lorsque le pays en question fera partie de l’UE !
Le comportement de la Turquie vis-à-vis de l’Europe est également loin d’être exemplaire, comme en témoigne le véritable chantage dans l’affaire du gazoduc Nabucco : ce gazoduc devant approvisionner l’Europe en gaz de la mer Caspienne via la Turquie, le Premier Ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, avait menacé de mettre fin à ce projet si le processus d’adhésion de son pays n’était pas accéléré.
En outre, avec près de 73 millions d’habitants, la Turquie serait le 2ème pays d’UE le plus peuplé (derrière l’Allemagne) et donc… le 2ème plus représenté au Parlement Européen ! Et enfin, il est peut-être bon de rappeler que la Turquie n’est tout simplement pas… en Europe !!! Avec l’adhésion de la Turquie, cela signifierait que l’UE (donc, indirectement… la France !) aurait des frontières communes avec l’Irak et l’Iran…
Bien sûr, la Turquie est un voisin de l’Europe à ne pas négliger, avec qui il peut être intéressant de collaborer sur des sujets précis. Mais il faut sans plus attendre désamorcer cette véritable bombe à retardement et stopper toute négociation d’adhésion de la Turquie à l’UE avant que le point de non-retour ne soit atteint (en espérant qu’il ne le soit pas déjà…) !
Guillaume Pinault
DLJ Nord-Pas-de-Calais
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