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Van Rompuy : une interview surréaliste

Première chose que j’ai apprise en ouvrant le journal samedi, l’Europe n’a plus de président. Stupeur ! C’est le président de l’Union européenne lui-même qui nous le dit ! Souvenez-vous du débat sur la Constitution européenne, puis sur le traité de Lisbonne : “L’UE aura enfin un président. Extraordinaire ! Comme les Etats-Unis ! Il y aura enfin quelqu’un à la tête de l’Europe”. Et blablabla et blablabla…

Dans une interview au Monde, passée totalement inaperçue et dont vous trouverez le texte ici, “notre” président, l’illustre Van Rompuy, nous confie : “Je ne me considère pas comme le président de l’Europe“. Ah ben ça alors, moi qui croyais qu’il servait à quelque chose… Demandons-lui. “Je me considère comme quelqu’un qui préside les réunions des chefs de gouvernement et d’Etat, un facilitateur à la recherche de consensus au sein d’un club très disparate de vingt-sept membres“. Et dans un an, il fera le café…

J’en oubliai presque de rappeler que quelques mois seulement après l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne, l’Allemagne propose déjà de le réformer… Evidemment, Van Rompuy n’est pas d’accord. On va quand même pas égratigner le beau joujou.

On comprend que l’Allemagne veuille le modifier. On nous le présentait comme  une nécessité, le seul instrument capable de relancer la machine européenne, de donner un nouvel élan à l’Europe. Van Rompuy semble déchanter un peu : “Le traité de Lisbonne est un bon traité, mais avec beaucoup de lacunes“. Au bout de quelques mois d’expérience, ça commence bien !

Quant à ses relations institutionnelles avec le président de la Commission européenne, Barroso, on est loin de la clarté et de la transprence annoncée par les défenseurs du traité de Lisbonne. Les dispositions sont en effet tellement limpides que nos deux amis ont dû “conclure un accord par écrit“. Du jamais vu dans un régime politique ! Les organes suprêmes se répartissent eux-mêmes leurs compétences à travers une sorte de contrat, dont personne ne sait rien !

Le plus beau reste à venir. A la question “quel est le plus grand danger qui menace l’Europe ?”, on aurait pu s’attendre à entendre parler de chômage, de pauvreté, d’insécurité. Et bien pas du tout : le plus grand danger pour l’Europe, c’est le “populisme”, terme qui dans le dictionnaire du jargon européen sert à désigner tout individu qui, un jour, a eu le malheur d’émettre une critique à l’endroit de sa sainteté l’Union européenne.

Voilà comment ils ont remis l’Europe en marche !

3 responses to “Van Rompuy : une interview surréaliste”

  1. [...] Ce billet était mentionné sur Twitter par Debout Les Jeunes !. Debout Les Jeunes ! a dit: Van Rompuy : une interview surréaliste http://goo.gl/fb/1tvyp [...]

  2. Excellent article !
    Je crois que tout l’état d’esprit actuel de “l’Europe” y est résumé… Ils savent qu’ils se sont complètement planté, mais pour “garder la face” (et surtout leurs si chères places…), ils n’ont plus d’autres solutions que la fuite en avant, fonçant tête baissée vers le pire… Et tant pis si les peuples européens sont sacrifiés en tant que “dommages collatéraux”…

  3. petite coquile dit :

    « on est loin de la clarté et de la transpArence. »

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