Réforme des retraites : un point de vue différent
Autre temps, autres mœurs, les vérités d’hier ne sont plus celles d’aujourd’hui. Ainsi, les retraites et leur financement sont devenus en cette veille d’été une priorité nationale avec l’aide des médias officiels qui ont tôt fait de relever que les retraités français étaient parmi les plus jeunes d’Europe puisqu’ils pouvaient couler des jours paisibles dés leur soixantième anniversaire, un record absolu si on met à part les Grecs qui sont devenus entre temps des épouvantails aux yeux de la doxa néolibérale.
Quoi qu’il en soit, en ces temps de rigueur budgétaire où les plans d’économies drastiques essaiment un peu partout sur le vieux continent, la réforme des retraites se lit maintenant sur toutes les lèvres et figure en bonne place dans tous les éditoriaux comme si la maison France était en feu sous l’œil inquisiteur du pompier pyromane personnifié à merveille par la commission européenne ou le FMI si prompts à intervenir dés lors qu’il s’agit de détricoter le modèle social des états. De là à dire que la conjoncture économique actuelle et les pressions supranationales servent d’alibis parfaits à une réforme qui en des temps un peu moins chaotiques auraient mis quelques millions de Français dans la rue, il n’y a qu’un pas qui est, avouons le, assez facile à franchir.
Ce faisant, ces objections soulevées et sans vouloir entrer dans des considérations interminables, la refonte du système de retraite n’en est pas moins indispensable et prétendre le contraire serait soit de la mauvaise foi soit de l’ignorance. Toutefois, réformer pour réformer ne doit pas devenir un dogme et il est légitime d’appeler de nos vœux un projet consensuel au terme d’un débat de fond que seule une élection présidentielle ou un référendum sont en mesure d’apporter. A notre grand regret, telle n’est pas la méthode retenue par l’exécutif qui a préféré prendre le risque de rendre inefficace et injuste cette réforme, comme si la France avait besoin de ça avec tout ce qui lui tombe sur la tête depuis des années. Il est vrai que la langueur de la crise, la trêve estivale conjuguées au souhait d’une performance de l’équipe de France lors de la coupe du monde de football sont en mesure de tuer dans l’œuf toute velléité sur la question mais cela ne constitue pas une méthode de gouvernement, loin s’en faut.
Pour le reste, après des semaines où tant la majorité que l’opposition ont avancé à pas de velours sur la question, il paraît désormais acté, à la grande satisfaction des marchés et du patronat, que les Français c’est à dire vous et moi travailleront plus longtemps. Quelques chiffres ont pu être avancés ici ou là mais le quidam n’est toujours pas plus éclairé sur ce qui l’attend dans les années à venir. Retraite à 62, 63 ou 65 ans? Qui vivra verra. Une seule certitude: les soixante ans ne seront plus synonymes de repos bien mérité, faute à qui veut bien l’entendre à une espérance de vie toujours plus élevée au fil des années. Il ne suffit pourtant pas de vivre plus vieux, faut il encore vivre en bonne santé. Voila un élément que nos dirigeants doivent se mettre en tête, ce qui nous amène à une question centrale de la réforme, celle des métiers difficiles.
Le véritable enjeu de la réforme: la question de la pénibilité
A cet égard, se dessine dans ce flot d’inquiétudes un point positif qui est celui de la pénibilité que le gouvernement et les partenaires sociaux semblent bien vouloir enfin prendre en compte. Sur cette question, tout le monde s’accorde pour affirmer que les personnes ayant occupé les emplois les plus difficiles doivent bénéficier d’une retraite anticipée. Quand on sait que l’espérance de vie moyenne d’un ouvrier est inférieure d’environ 10 ans à celle d’un cadre, on mesure à quelle point cette question ne peut plus être occultée. Pour avoir travaillé dans l’artisanat, en usine et dans la fonction publique, j’ai pu constater qu’il n’existe pas une dichotomie entre métiers non pénibles d’un côté et non pénibles de l’autre mais plutôt différents degrés de pénibilité qui sont souvent propres à un métier et qu’on ne rencontrera pas dans un autre. Dans ce cas, comment décider froidement dans un bureau à Bercy ou rue de Grenelle d’augmenter la durée de cotisation de ces salariés sans prendre en compte la carrière de chacun ? Pour s’en convaincre, il suffit de s’intéresser de plus prés à la caissière de chez Auchan, à l’ouvrier soumis au rythme des 3*8, au conducteur de bus en région parisienne ou à l’agriculteur à côté de chez nous. Qu’est ce qui rapproche ces différentes professions ? A première vue pas grand-chose. Pourtant si on regarde bien, tous exercent des métiers qui sont certes différents mais qui comportent des risques indéniables sur la santé psychique et physiologiques des individus en cause (stress, ports de charges lourdes, horaires décalés, risques d’agression, dangers sanitaires).A cet égard comment considérer ces réalités incontestables dans le calcul de la durée de cotisation afin que la retraite ne soit pas un eldorado inaccessible mais plutôt un havre de paix après une vie de dur labeur ? Nicolas Dupont-Aignan et Debout la République proposent à ce sujet une retraite à la carte, seule garantie à mon sens dans l’individualisation des parcours professionnels. Il s’agit bien évidemment d’une question de bon sens. En poussant le raisonnement plus loin, on peut même penser que la question l’âge de départ à la retraite ou celle relative à la durée de cotisation sont des faux débats et que l’enjeu est ailleurs.
Pourquoi ne pas envisager plutôt un capital- points devant être atteint afin de prétendre à faire valoir ses droits à la retraite et qui serait le même pour chaque actif quelque soit le salarié indifféremment du fait qu’il soit du secteur privé ou du secteur public? Après tout ce système ne serait pas plus idiot ou difficile à mettre en place qu’un autre et permettrait au passage de mettre fin à l’injustice criante des régimes spéciaux. L’approche du calcul des droits à la retraite peut, il est vrai, s’opérer de cette manière et serait le plus approprié afin de prendre en compte cette question de la pénibilité. Ainsi, en revoyant de fond en comble la logique, je suis enclin à penser que la référence devrait non plus être le trimestre travaillé et les annuités mais plutôt l’heure travaillée que l’on multiplierait par un coefficient de base commun à tous les secteurs professionnels. A ce coefficient on y pourrait ajouter un autre pouvant aller jusqu’à un quart de sa valeur en fonction du degré de pénibilité de l’emploi occupé. Au final, au terme d’une carrière les salariés ayant eu les conditions de vie les plus pénibles pourraient prétendre à leur retraite 8 à 10 ans plus tôt qu’une personne occupant un emploi relativement calme, ce qui serait en mesure de rattraper l’amplitude constatée dans l’espérance de vie comme je l’ai soulevé plus haut. Avec ce système chacun partirait à la retraite au même seuil mais les personnes ayant étés confrontées aux métiers les plus difficiles pourraient partir plus tôt puisqu’elles auraient cumulé leurs points plus rapidement. Il s’agirait là d’une certaine justice sociale demandée par tous les Français.
Comment fixer les différents coefficients dans le calcul de la durée d’activité?
Le coefficient de base pourrait être fixé par la loi ou par décret en fonction du capital-points requis, là dessus pas de grande difficulté. Les majorations prenant en compte la pénibilité pourraient être quant à elles débattues dans chaque branche professionnelle par le biais de conventions collectives voire même par des accords d’entreprise sur la base d’une fourchette propre à chaque secteur professionnel dégagée après une concertation nationale pluriannuelle entre le gouvernement et les partenaires sociaux en ayant pris en compte l’évolution des risques psycho-professionnels et l’amélioration des conditions de travail.
Ces solutions ne sont certes pas des solutions miracles et elles ne répondraient qu’à une seule facette du problème, celle de la durée d’activité mais permettent toutefois de l’envisager sous un autre angle. Quant au financement des caisses de retraites, là non plus pas de solution miracle: il ne pourra être assuré que par une politique volontariste de croissance. Pour ce faire, la France doit retrouver une capacité industrielle de premier plan fondée notamment sur de grandes entreprises publiques dans les secteurs vitaux de l’eau et de l’énergie et miser sur le développement des TPE et PME qui sont aujourd’hui les premières sources d’emplois. Concernant les autres mesures et qui sont des nécessaires préalables à une croissance pérenne, Debout la République y a déjà longuement pris part et je n’y reviendrai donc pas (sortie de l’euro, TVA sociale…). D’un point de vue général, la réforme des retraites aussi nécessaire fut elle, n’aura vraiment de sens qu’une fois le chômage des seniors combattu avec ardeur. Quand on sait qu’avec un taux d’inactivité de 50% pour cette catégorie, la France figure dans la fourchette basse des pays de l’OCDE, on se dit que la véritable réforme à faire est celle des mentalités. Dur, dur.
Nicolas Thivet
DLJ Meurthe-et-Moselle
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Excellent article !! Rien à redire, rien a été oublié, les propositions semblent effectivement être les plus justes et les plus pragmatiques.
A mon sens, la plus grosse difficulté serait effectivement de déterminer une échelles de pénibilité, en comparant des métiers soumis à une pénibilité physique et d’autres à une pénibilité “mentale” (car bien entendu, tous les cadres ne sont pas tranquillement assis dans un bureau à discuter du match de foot de la veille en buvant du café ! ;o)). Et je pense qu’il est aussi important de ne pas “imposer” un départ à la retraite mais que cela doit être, comme tu l’as bien expliqué, basé sur une volonté de se retirer une fois le capital atteint, et que ceux qui souhaitent continuer à travailler le puissent.
Parfait !
LA RETRAITE renvoie au travail, à la production.
Le systeme se base sur un nombre de cottisant qui forcément diminue grace aux délocalisation et
au remplacement de l’himme par la machine.
Au lieu de se baser sur la production realisée homme plus machine ce qui change la donne.
Actuellement la production mondiale n’a jamais ete aussi forte, mais les profits sont syphonés par une élite minoritare qui ne partage rien et qui au contraire laisse ceux qui produisent se partager les miettes sur des calculs dépassés.
De toute façon il est totalement illusoir de concevoir quoi que ce soit comme solution juste dans un systeme qui vit du déséquilibre et de l’injustice, et dont les fondement sont l’esclavagisme et la servilité des peuples.
Ce sont eux qui fabriquent des regles du jeux pour le peuple qui doit se partager la misère, pendant que leur caste vit dans une surabondance et se gave de ce qu’ils nous volent.
Donc pour entamer une discution quelque soit le sujet, santé, chomage, retraite, etc…..
Il est absolument indispensable de revoir tous les fondements et de se poser une seule question, QUEL EST LE SENS DE LA VIE POUR L’HUMANITE ?
ETRE ? ou ACUMULER? POSSEDER? AVOIR?.
Redefinir la place de l’homme dans la GRANDE VIE, au niveau de lui meme, de son pays, de la planette, et de l’univers.
INTENSITE DE VIE QUALITE DE VIE, SENS DE LA VIE,
produire quoi ? DANS QUEL BUT ?
Pour savoir quoi produire, comment le produire, et que cette production reste à sa place.
Satisfaire les véritables besoins , nourriture de qualité, avoir un toit, pouvoir se déplacer correctement.
Retrouver ce pourquoi nous sommes ici, Fabriquer des milliards d’objets inutiles et de mauvaise qualité
pour venir augmenter le PIB NATIONAL ou MONDIAL ?
Ou satisfaire les besoins naturels d’une façon équilibrer afin de développer notre conscience, notre esprit, notre relation avec les autres regnes de la nature, et de l’UNIVERS.
Developper nos relations avec nos semblables, essayer de developper la créativiter de tous au travers des arts , de ce que nous appelons la technologie,
Retrouver une relation de coopération avec les éléments de la nature non pas en les combattant mais en les comprennt de l’intérieur afin de danser plutot que combattre.
Tant que l’homme ne s’ouvrira pas à sa véritable nature, les systemes que nous batirons, comme celui que nous avons en ce moment, ces systeme ne pouront générer que ce qu’ils sont.
A nous tous de nous remettre en question.
Einstein disait que pour resoudre des problemes d’un niveau de conscience inférieur, il fallait s’élever au niveau superieur qui apportait de fait des solutions lnhérentes à ce niveau.
Le temps n’est plus de trouver des solutions bricolantes prolongeant l’agonie d’un malade qui va mourrir.
Nous ne vivons pas une crise économique, mais une crise évolutive.
En évoluant au stade supérieur, alors toutes les sructures, les but, les moyens seront d’une autre nature et dans un ordre totalement différent et des problemes comme les retraites disparaitrons d’un seul coup, comme un mirage du passé. Nous ne pourrons alors qu’en rire.
ette histoire de penibilité est une vaste fumisterie lancée à l’origine par des employés du public qui pensaient qu’il pourraient en profiter pour augmenter leurs avantages en salaire( en general des profs de gauche malgré le fait qu’ils aient le plus haut niveau et durée de vie des français et qu’ils bossent en general bien moins que tous les autres profs des autres pays europeens). en france la secu prend en charge gratuitement plein de maux, il n’y a donc quasi rien à dire à ce niveau, les consequences de toute penibilité sont deja prises en charge. et s’il fallait developper une sorte de dispense de travail, cela ne signifierait pas une mise à la retraite mais juste une reorientation professionnelle. prenez un gars tres barraqué, il peut soulever des briques, mais un maigrichon lui aura du mal, il y a des boulots tres durs ,par exemple pecheur, mais il y a aussi des problemes psychologiques; en fait, tous les boulots peuvent etre durs si on est pas taillé pour. en fait le probleme n’est pas le boulot mais la paye pour ce boulot, combien de gens vont aller plaindre un trader qui peut avoir une crise cardiaque prematurement et manquer une vie de famille ? ce qu’il faut c’est developper la medecine du travail qui detectera si une personne n’est pas faite pour son boulot et demandera une reorientation