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Education nationale et Nation éduquée

A partir de septembre, la proposition de réforme du rythme scolaire du ministre de l’Education Luc Chatel sera testée dans une centaine de collèges et lycées. Cette réforme s’inspire un peu de ce qui se pratique en Allemagne depuis de nombreuses années : semaine de 4 ou 5 jours, selon les établissements, les cours ont lieu uniquement le matin et l’après-midi est ainsi réservée au sport ou aux activités extra-scolaires.
Cette proposition s’inscrit dans un projet de réforme du rythme scolaire : cours le matin et sport l’après-midi donc, mais également raccourcissement des vacances d’été ou encore le mercredi travaillé.
A priori, ces mesures ne semblent pas mauvaises. Cela permettrait aux enfants de pratiquer plus de sport et cela allègerait les journées de cours. Mais malheureusement, je doute que cela ne change quelque chose concernant les problèmes majeurs de l’absentéisme à l’école et de l’échec scolaire…
Il est en effet primordial de se pencher sur ce sujet. Concernant l’école buissonnière, le gouvernement avait pourtant donné la bonne direction en annonçant vouloir responsabiliser les parents des élèves absentéistes en supprimant leurs allocations familiales. Malheureusement, le chef de l’Etat a annoncé par la suite que les allocations seraient versées rétroactivement dans le cas où les enfants retourneraient en cours. Il suffirait donc aux élèves de ne faire acte de présence qu’une fois de temps-en-temps pour que cela n’ait pas d’impact au niveau du versement des allocations familiales… Cela annule de fait tout l’intérêt de la démarche ! Il est important de rester ferme sur ce point afin de responsabiliser les familles.
En outre, même si la réduction du nombre de fonctionnaires de manière générale peut se justifier, il n’est pas forcément judicieux que le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite s’applique à l’Education nationale. En effet, mettre plus d’enseignants (et de manière générale plus de moyens) à disposition des écoles publiques permettrait de réduire le nombre d’enfants par classe, ce qui ne pourrait qu’avantager les élèves, même si, bien évidemment, rien ne remplace la prise de conscience de l’utilité de s’instruire et la volonté de réussir.
A ce titre, il est nécessaire de rétablir “l’école du mérite”. C’en est assez des allègements de programme et du nivellement par le bas. Au contraire, le principe de l’école est que chaque élève y trouve son compte et ait envie de se former, de se cultiver, de devenir compétent et de trouver un métier à la sortie. Pour ce faire, on pourrait par exemple remplacer l’obligation de scolarisation jusqu’à 16 ans par l’obligation d’obtention d’une qualification (pouvant aller du BEP jusqu’au doctorat). Cela constituerait ainsi un but à atteindre pour les élèves.
Enfin, il faut également en finir avec la violence à l’école, qui n’avait jamais atteint un tel niveau auparavant, comme en témoigne la nouvelle affaire de l’adolescent poignardé au lycée Henri Wallon d’Aubervilliers. La surveillance dans les établissements scolaires des “zones à risque” doit être renforcée, le nombre de surveillants n’étant pas suffisant pour faire face à une telle montée de violence. Et les sanctions conte les “jeunes” impliqués dans ces histoires doivent être exemplaires.
Tout cela (plus de moyens, plus d’envie de réussir et moins de violence) permettrait de retrouver dans les écoles publiques une atmosphère plus adaptée à la réussite des élèves. Pas sûr que la modification du rythme scolaire souhaitée par Luc Chatel y change grand-chose…
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