Le triomphe de la décrépitude? Non, la résistance!
La France est engluée dans un chômage de masse, et en réalité bien plus élevé que les chiffres officiels, et ce depuis plusieurs années ; la crise y est pour peu, mais elle a bon dos quand il s’agit pour les politiques de masquer leur échec. Les délocalisations s’accélèrent encore et encore. Trouver un financement pour une PME est aujourd’hui une mission quasi-impossible. La rentrée sera marquée par la réforme des retraites, réforme qui en plus d’être injuste, ne changera rien au problème, tant qu’il n’y aura pas de croissance. Tiens, la croissance, elle, plafonne à 2% depuis bientôt trois décennies. N’évoquons pas l’insécurité…
Alors, pourquoi écrire un modeste article pour encore une fois faire ce tableau tout noir, que n’importe qu’elle personne de bon sens peut faire ? Parce qu’il est insupportable, dans ce contexte catastrophique, d’entendre nos dirigeants se réjouir de petits soubresauts, que ce soit dans le domaine de l’économie, de la sécurité, etc. Ainsi madame Lagarde s’est félicité d’une croissance de 0,6% au second trimestre 2010, et ce par rapport au premier trimestre. Et si en juillet 2010, le nombre de demandeurs d’emplois de catégorie A croit de 5,4% en un an, à 2.767.000 personnes – « des usagers du pôle emploi », relativiserait notre ami Eric Woerth –, cela n’empêche pas non plus madame Lagarde de se réjouir d’une baisse de 0,5% (sic !) du nombre de demandeurs d’emplois de catégorie A par rapport à juin, après une baisse de à 0,3% en juin : « C’est positif, on a pour le deuxième mois consécutif une baisse du chômage. C’est l’indication d’une stabilisation du chômage ». Sinon, toutes catégories de chômeurs confondus, la hausse se porte à 8,3% sur un an. Passons sur les auto-satisfecit de monsieur Hortefeux, en matière de sécurité, lorsque celui-ci se réjouissait d’une baisse de la délinquance en 2009 de… 1,04% !
Bref, arrêtons avec les chiffres. Voilà le problème : la France dévale un gigantesque toboggan à toute allure, et nos dirigeants érigent en victoire le moindre sursaut du pays dans sa course infernale. C’est pour cela que je parle de triomphe de la décrépitude : elle s’est imposée, nos dirigeants s’y sont habitués. Ce n’est pas seulement parce qu’ils doivent faire bonne figure pour se faire réélire qu’ils arborent ces chiffres avec le sourire, chiffres qui au vu de la situation de la France sont en réalité consternants ; c’est aussi parce qu’ils la considèrent cette décadence comme normale. Le défaitisme l’a emporté, les imprègne. Pour eux, « c’est foutu ». Sauvons les meubles, c’est-à-dire les copains du premier cercle et compagnie, et tâchons de ne pas avoir bilan trop mauvais.
Face à cette descente aux enfers, Debout la République est là pour rappeler que rien n’est perdu, que les français ont le droit d’avoir des ambitions bien plus fortes que par de minables « stabilisations » ou « légers reculs » du chômage. Car le plein-emploi est possible ! Car tout est encore possible ! Les mesures à prendre sont simples, mais demandent souvent du courage. C’est pourquoi, plus que jamais, le gaullisme est d’actualité : résister, encore et toujours.
Pierre-Nicolas Vilaumié
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