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Organisation du travail : un système à repenser

Le stress au travail

« Stress », « angoisse », « tension », « dépression » ; on ne sait plus quel terme choisir pour exprimer ce mal-être si profond ressenti depuis quelques années dans les entreprises.

Inconsciemment ou non, tout le monde a d’abord ignoré ce phénomène, à commencer par les Etats qui, en Europe par exemple, consacrent en moyenne près de 3% de leur PIB au financement des soins des salariés victimes de ce mal-être.
Sans pour autant véritablement chercher de solutions pour le résoudre.
Pour que le gouvernement français réagisse enfin, il aura fallu qu’une vingtaine de personnes se suicident à France Telecom, et que les médias diffusent largement l’information ; beaucoup trop tard.
Et puis l’on s’est mis à ouvrir les yeux, à s’apercevoir que tous les secteurs d’activités, du public au privé, étaient touchés.
Le débat sur la place de l’homme dans son milieu de travail est donc enfin relancé, tragiquement.

Dans ce contexte, on ne peut que saluer la démarche de France Télévision qui, hier soir, a assuré pleinement sa mission de service public en présentant sur France 3 un documentaire saisissant, suivi d’un débat à ce sujet, résultat d’une enquête commencée il ya trois ans par Jean-Robert Viallet et Alice Odiot.

Ce film remet en cause l’organisation actuelle du travail, qui, sous la pression des investisseurs financiers, est aujourd’hui au service d’une productivité toujours inassouvie dans l’économie mondialisée.
Et l’innovation n’agit plus qu’au service cette productivité, en délaissant totalement l’aspect humain de l’entreprise, réduisant les tâches des salariés à des activités standardisées, avec des objectifs toujours plus importants à atteindre et un taux de reconnaissance du travail accompli de moins en moins important.
Et tout cela alors que la France est au troisième rang mondial de la productivité horaire, derrière la Norvège et les Etats-Unis.

Dans ce même documentaire, certains cadres avouaient même que leurs entreprises ne se dérangeaient pas pour budgétiser un licenciement, afin d’optimiser au mieux cette même productivité.
Une ouvrière témoignait du rendement que l’on exigeait d’elle : de 350 pièces à l’heure à monter en usine à l’origine, on lui avait demandé de passer à 1200 pièces à l’heure, dans un laps de temps de dix ans.

Dans ces conditions, on comprend vite les raisons de l’existence de ce mal-être au travail, et c’est toute son organisation qui est à revoir.
Alors que fait le gouvernement dans ce sens ?

L’action de Xavier Darcos, ministre du travail, est à l’image de l’action du président de la République : beaucoup de discours, et peu de volonté d’application.
En effet, si le ministre a lancé début octobre un plan d’urgence sur les conditions de travail, avec pour objectif  d’obliger les entreprises de plus de 1 000 salariés à conclure d’ici au 1er février des accords sur les « risques psycho-sociaux », aucune sanction financière n’est prévue envers les entreprises qui ne respecteront pas cet engagement !
On dénonce, et puis on laisse faire ; Xavier Darcos est décidément un homme qui, malgré son air d’intransigeant, renonce toujours face aux pressions…

Alors que faire ?

Nous, gaullistes et républicains, devons prendre part à ce débat en soutenant les idées que nous avons toujours défendu :

-          la mise en place d’une véritable politique de participation des salariés dans l’entreprise au travers d’un actionnariat-salarié à hauteur de 15% du capital de cette dernière

-          encourager le développement des associations d’actionnaires salariés qui seront systématiquement représentées au sein des conseils d’administration en qualité d’administrateur et pouvant représenter les porteurs de titres individuels, et qui pourront, ainsi, exprimer les véritables attentes des salariés dans l’organisation du travail

-          créer un nouveau statut d’entreprise, la Société Anonyme à Gestion Partagée (SAGP), spécialement adapté aux entreprises où la participation occupe une grande place, et encourager toutes les formes d’activité économique coopérative
-          créer la « sécurité professionnelle », garantissant à chaque salarié la constitution d’un capital-formation au fil de son évolution professionnelle, lui donnant accès à de réelles facultés de réorientation de sa carrière

-          rendre obligatoire le vote des salariés aux élections professionnelles afin d’accroître la représentativité des syndicats et inciter ces derniers à passer de la culture du statu quo à celle du changement

-          moduler l’impôt sur les sociétés en fonction de la part de CDI et de travailleurs âgés dans l’entreprise, pour lutter contre l’excès d’emplois précaires et de recours aux préretraites, dont le financement public devra par ailleurs être diminué.
Ces propositions, aussi concrètes que nombreuses, émanent toutes du projet politique que présente Debout la République, et ne pourrons être mises en place qu’avec le soutien d’un maximum d’entre vous prêts à se rassembler pour que les choses changent, et vite, il y a urgence !

Vincent Minville
Coordinateur régional DLJ Aquitaine
Responsable DLJ de la Gironde
Délégué DLR de la 8ème circonscription de la Gironde

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