Service public : l’impératif républicain !

Principe même de l’unité de la France, c’est l’identité même de notre république qui est touchée lorsqu’on s’attaque à nos services publics. Jamais une nation n’avait autant cultivé son attachement à ses institutions publiques. Vouloir transformer la poste en société anonyme montre à quel point nos dirigeants nient l’Histoire de notre pays et ne croient plus en l’avenir de notre modèle social et républicain.
A partir des années 70, le service public considéré jusqu’alors comme le symbole de la puissance de l’Etat et la seule garantie d’impartialité et d’égalité de traitement des citoyens, a subi une véritable campagne de dénigrements de la part des lobbys ultra-libéraux. Critiqué pour sa soit-disante inefficacité pour sa lourdeur administrative, pour ses actions jugées liberticides, ces critiques ont peu à peu entaché l’image qu’avait le service public aux yeux des français.
ttaqués dès les années 80 par une commission européenne qui souhaitait mettre fin à un système de monopole publique peu compatible au libre échange intégral, nos services publics ont peu à peu subi les dérèglementations européennes et l’ouverture précipitée et chaotique des marchés qui leur étaient auparavant réservés. La finalité des réformes engagées conjointement entre les Etats et l’Union Européenne vise à faire disparaître toute intervention des Etats dans le capital des entreprises.
La privatisation des services publics : un schéma bien rôdé
L’Histoire nous montre que les gouvernements successifs ont usé des mêmes pratiques pour privatiser « en douceur » nos entreprises publiques.
- On nous dit dans un premier temps que le changement de statut de l’entreprise est indispensable pour faire face à la mondialisation et pour permettre à l’entreprise de mieux investir. On nous promet et nous garantit que les capitaux resteront 100% publics.
- Quelques années plus tard, le gouvernement entame l’ouverture du capital au secteur privé en affirmant que cela est nécessaire pour la modernisation de l’entreprise et pour sa compétitivité (Ils ont d’ailleurs eux-mêmes signé les traités qui ont permis la fin des monopoles publics nationaux et l’ouverture à la concurrence). Promesse est faite que l’ouverture du capital aux fonds privés ne dépassera pas les 80% mais au fur et à mesure des années, le seuil passe à 70% puis à 60%.
- Puis vient le temps où le gouvernement ne se contente que de promettre que l’Etat restera l’actionnaire majoritaire même si sa participation passe sous la barre des 50%. L’ouverture du marché imposé par la Commission Européenne et validée systématiquement par les gouvernements et les élus nationaux et Européens marque le début d’un nouveau désengagement de l’Etat dans le service public qui perd à la fois son monopole national et ses capitaux publics.
Christian Estrosi qui affirme vouloir introduire dans la loi la garantie que la poste ne pourra pas être privatisée fait preuve d’une véritable malhonnêteté. En effet, outre le fait que la loi pourra changer dans les années qui viennent, il est évident que si cette loi passe en l’état rien n’empêchera l’ouverture du capital de la poste aux fonds privés puisque la privatisation d’une entreprise n’est effective que lorsque l’Etat devient minoritaire dans le capital de l’entreprise.
Comment ne pas croire que le gouvernement prend les français pour des imbéciles lorsqu’il affirme que seul un changement de statut de la Poste pourra lui permettre de se moderniser et d’innover ? Depuis plus d’un siècle, la Poste a su évoluer et se moderniser sans son statut de Société Anonyme et elle a plutôt bien réussi malgré le désengagement constant de l’Etat depuis plusieurs décennies.
Il est primordial que notre pays garde des monopoles nationaux publics dans un certain nombre de secteurs. La poste, l’énergie, la santé, l’éducation, mais aussi l’ensemble des secteurs touchant au pouvoir régalien doivent rester sous administration publique au nom de nos principes républicains et ainsi garantir la solidarité et la cohésion sociale dans notre pays.
V.B. DLJ Haute Normandie
http://www.dlj-haute-normandie.fr/
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A mettre en rapport avec l’inverview du Secrétaire d’Etat chargé du transport, Dominique Bussereau mardi 10 novembre sur RTL qui nous affirme sans ménagement:
- qu’il faut parler désormais de client de la RATP et de la SNCF le terme “usager” n’étant plus adapté (ce qui juridiquement est FAUX).
- que le prix du péage que paye la SNCF à RFF (autorité de gestion des voies ferrées) sera augmenté (car la SNCF sera un opérateur comme les autres)
- que l’ouverture à la concurrence du marché ferroviaire est prête et qu’elle obligera la SNCF a baisser le prix du billet (il omet de dire qu’en tant qu’établissement public, le ministre à déjà le pouvoir d’une telle mesure).
Le message est clair, aux yeux du Secrétaire d’Etat, le concept de service public du rail est dépassé…
Il est évident que nos ministres ne travaillent plus pour la France et pour les services publics français mais pour les ultra-libéraux de Bruxelles et des organisations internationales. Ce sont des liquidateurs !
De plus je ne vois pas comment la SNCF pourra baisser le prix de ses billets alors qu’elle devra payer plus chère sa redevance à RFF. Il est évident qu’elle délaissera les petites lignes non rentables pour miser sur le TGV.