HADOPI : le grand gâchis
25 janvier 2012
L’information a fait les gros titres depuis jeudi dernier : Megaupload, l’un des sites les plus visités au monde, a été fermé par le FBI. Le grand public a ainsi pu découvrir le train de vie luxueux de Kim Dotcom, le patron de Megaupload au passé mouvementé. Mais comment ce site de téléchargement a pu connaitre un tel succès en France en si peu de temps ?
L’une des réponses à cette question s’appelle HADOPI, cette haute autorité chargée de rechercher les internautes qui partagent des œuvres culturelles afin de les sanctionner. Car HADOPI cible les échanges directs entre les utilisateurs (le Peer to Peer) mais n’a aucune influence sur les sites de téléchargement direct tels que Megaupload. De nombreux français se sont donc tournés vers cette solution, allant parfois jusqu’à payer 10€ par mois pour le service premium. HADOPI est ainsi devenue totalement inefficace, d’autant plus que le développement de l’offre légale prévu par le texte n’a jamais eu lieu.
Il est désormais temps de tourner la page HADOPI. La seule solution crédible aujourd’hui, c’est d’avoir le courage de mettre en place la licence globale, qui permettrait de financer tout le secteur en prélevant une cotisation sur les abonnements internet.
Internet donne accès à la quasi-totalité des œuvres culturelles numériques créées par l’humanité. C’est une chance inouïe pour l’éveil culturel de chacun et cela ne doit pas être considéré comme un outil foncièrement dangereux. La licence globale permettrait de laisser la liberté aux français de consulter ces œuvres sans avoir peur de se faire traquer et sanctionner. De plus, cela permettrait aux industries de compenser le manque à gagner et de continuer à financer cette filière si importante dans la vie des français.
Lors de son discours du 22 janvier 2012, Nicolas Dupont-Aignan a de nouveau affirmé son attachement à l’Internet libre, à la neutralité des réseaux et à la licence globale. Il est temps d’offrir aux français la possibilité d’exploiter le plein potentiel d’Internet et de relancer cette belle idée qu’est le Peer To Peer. Sans compter que le retour de ce modèle décentralisé donnerait enfin une bulle d’oxygène aux Fournisseurs d’Accès Internet qui doivent faire face à des saturations de réseau vers les sites les plus populaires, ce qui dégradent considérablement la qualité de leur service.
Avec la licence globale, nous pouvons offrir la richesse et la beauté de la création artistique mondiale à chaque internaute français, dans le respect des artistes et des métiers de la culture. Le Peer To Peer a été dénigré par nos gouvernants pendant des années, avec la licence globale, il est désormais temps de le réhabiliter !
Franck Boisgibault
DLJ 31
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