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Les origines du chômages – première partie

12 juin 2010

Le contexte: (à l’origine était le plein-emploi)

Dans le prolongement de la convention nationale pour le plein-emploi organisée par DLR le samedi 10 avril 2010, et dont j’ai réalisé un petit montage (voir ci-dessous), je vous propose de remonter à la source, et de comprendre d’où vient le chômage.

Voici donc la première partie de l’article (qui en comptera trois, le découpage réalisé étant dû à la longueur de l’article):

http://www.dailymotion.com/videoxcxzn4

La société française telle que nous la connaissons aujourd’hui est pour une grande part directement issue de la seconde guerre mondiale car cette guerre a significativement redistribué les cartes au sein de notre société et de nouveaux rapports de forces ont alors émergé, rapports de forces dont les effets se font toujours ressentir actuellement.

La France sort de la seconde guerre mondiale appauvrie, affaiblie, détruite. Détruite moralement par la défaite, l’occupation, la collaboration et détruite physiquement par les vols allemands et les bombardements alliés. Un nouveau départ s’impose. Et ce nouveau départ aura bien lieu, d’une part grâce à de Gaulle, qui fournit à la France une régénérescence morale, et d’autre part grâce au plan Marshall1, qui fournit à la France une régénérescence matérielle2. Double don, double dépendance. Deux différences absolument fondamentales sont néanmoins à noter entre les deux supports de la reconstruction de la France. Tout d’abord, l’un est interne (de Gaulle) quand l’autre est externe (le plan Marshall). Cela est extrêmement important, car autant de Gaulle est un pur produit du système (il est issu de la bourgeoisie traditionnelle française), autant le plan Marshall est une anomalie systémique (c’est un apport matériel et financier issu d’une autre nation, les États-Unis). Ensuite, autre différence radicale, de Gaulle porte en lui la valeur de l’effort (le pouvoir conquis de haute lutte), quand le plan Marshall valorise au plus haut point la valeur du confort (l’argent qui tombe du ciel). Nous avons donc une époque portée par deux paradigmes antagonistes qui portent en eux deux états-d’esprits diamétralement opposés. Tout le travail de de Gaulle et des ex-résistants, durant l’immédiat après-guerre, va consister à gérer au mieux cette anomalie. Ils vont y réussir à merveille. La France de l’après-guerre va d’ailleurs être le moment de la résolution de l’éternel dialectique homme/femme: chacun réalise sa destinée, dans un espace enfin défini (dans un pays aux frontières retrouvées), la femme crée la vie et l’homme crée le monde: c’est le baby-boum d’une part et la modernisation de la France d’autre part; l’équilibre mille fois cherché est enfin trouvé3. Les ressources matérielles du plan Marshall, canalisées, organisées au mieux par de Gaulle, vont permettre un essor fabuleux de la France. L’après-guerre n’est finalement pour notre pays rien d’autre que la réalisation de l’idéal rousseauiste: la démocratie comme dépassement de la dialectique du corps et de l’esprit, la résolution de la problématique intime par le collectif, l’action du corps social étant alors organisée, de son plein gré, par une pensée politique légitime et préoccupée du bien commun.

  1. Le changement de rapport de forces:

  2. Néanmoins, un nuage pointe à l’horizon. En effet, les facilités matérielles du plan Marshall, si elles ont eu une formidable utilité pour la France de l’après-guerre, finissent à la longue par devenir trop importantes pour une société qui ne peut plus gérer ce luxe, ce trop-plein, ce surplus. Au maximum de l’utilisation canalisée, raisonnée de ces facilités, nous avons les trente-glorieuses, et le plein emploi. Mais le surplus n’en finit pas d’arriver, il déborde pour submerger, dérégler la société française, et le gaullisme finit par être dépassé. En 1968, la génération du baby-boum arrive à l’âge adulte, dans un monde reconstruit, confortable, apaisé, et qui n’a pas besoin d’elle. Mais elle est là. La société française a su se mobiliser pour repartir à la fin de la guerre, car la France est un vieux pays qui a donc connu de nombreuses guerres et troubles de tous ordres, et qui a su y faire face (puisqu’elle a perduré). Mais, par contre, autant l’agression étrangère est un phénomène classique dans l’histoire de France, autant l’aide externe est un phénomène totalement nouveau, qui plus est à cette échelle: la société française n’est pas prête à gérer cet événement. Pour les générations qui ont connu la guerre _les guerres (1870, 1914, 1939)_, la mobilisation, la contrainte et l’effort collectif sont logiques et acceptés. En revanche, pour la génération qui est issue de l’immédiat après-guerre, qui n’a donc connu que la paix et un confort qui va croissant, ces notions sont illogiques, inutiles et frustrantes, car aucun problème ne se profile à l’horizon. Aucun projet collectif ne peut lui être proposé. Rien qui pourrait justifier des contraintes morales et comportementales qui tiennent donc plus à ses yeux du sadisme que de la nécessité. C’est bien là d’ailleurs l’échec historique de de Gaulle, ne pas avoir su proposer un projet à la génération née de l’après-guerre, et même plus, son incapacité à penser qu’il fallait lui proposer un projet (j’y reviendrai un jour). A contrario, le plan Marshall ne vient pas seul, il est complété par tout un appareil idéologique qui va accompagner, habiller, la modernité, et ainsi remplir le vide laissé par le gaullisme. Une fois le plan Marshall passé, cet appareil idéologique restera, lui, fermement ancré dans la société. Aux acteurs (les gaullistes) vont ainsi succéder les consommateurs (les bobos). Aux adeptes de l’effort vont succéder les adeptes du confort. Au dépassement de la dialectique homme/femme va succéder la domination du féminisme. À la politique va succéder la psychanalyse. Au «devoir de» va succéder le «droit à». Au citoyen va succéder l’individu. À la protection sociale va succéder le bouclier fiscal. À la démocratie va succéder la dictature de la pensée unique. Au commissariat au plan va succéder la concurrence libre et non-faussée. Au patriotisme va succéder l’atlantisme (et ces pendants, le mondialisme et l’européisme).

    Si j’ai décidé d’évoquer _très succinctement_ ces différents aspects, a priori non concernés par la problématique de l’emploi, c’est pour montrer l’aspect systémique des changement intervenus, la cohérence d’ensemble, et le changement de logique qui préside au tout. L’important étant de bien saisir que le chômage est une donnée trop importante, trop durable, trop conséquente, pour être une anomalie, un épiphénomène anecdotique. Si chômage il y a, c’est qu’il fait partie intégrante du système actuel, et, comme toute partie du tout, il en dépend comme il le renforce. Inutile donc de vouloir résorber le chômage par une ou deux mesures. C’est bien toute la société sur laquelle il faut agir. En effet, tout changement visant à combattre le chômage, s’il est isolé, sera irrémédiablement contrecarré par les autres facteurs, les autres composantes de la société. La lutte contre le chômage, si elle est à contre-courant de la logique globale du système, sera inéluctablement vouée à l’échec.

    Voyons maintenant plus précisément comment la société française est passée du plein-emploi au chômage de masse.

    Graphique : taux de chômage 1967-2005

    Le plein-emploi, résultant de la rencontre d’un projet, le remodelage du monde (la reconstruction de la France), et des moyens de sa réalisation (moyens intellectuels et matériels, à savoir l’État gaulliste et le plan Marshall), pose problème à une catégorie de la population, les employeurs privés. En effet, le plein-emploi, c’est la réalisation du projet marxiste, c’est à dire la dictature du prolétariat. L’employé domine l’employeur, notamment car il peut le choisir (et choisir de le quitter). Cela est insupportable pour le patronat, pour des raisons psychologiques. Un _grand_ patron est patron pour dominer, pour être obéi, il se veut le mâle dominant de la tribu capitaliste. Or il est, de fait, dominé. Il va donc tout faire pour rétablir le rapport de forces de la lutte des classes en sa faveur, en agissant précisément par où il se sait (il se sent) dominé, c’est à dire au niveau du rapport offre/demande d’emploi.

Le patronat parviendra-t-il à satisfaire son égo? Le plein-emploi va-t-il y survivre?

Vous le saurez bientôt en lisant sur ce site: «Allez, au chômage! (la loi de l’offre et de la demande)».

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1Je m’inspire ici de la pensée de Michel Clouscard, que l’on retrouve notamment dans «Le capitalisme de la séduction».

2Près de 2,5 millions de dollars (de l’époque) donnés à la France par les États-Unis de 1948 à 1952 (soruce: http://fr.wikipedia.org/wiki/Plan_Marshall).

3Pour plus de détails concernant cette problématique, voir mon article «Badinter… minable» publié sur le site DLR Paris ici : http://75.d-l-r.fr/?q=node/86 et sur le site DLJ ici : http://debout-les-jeunes.fr/blog/03/2010/872/badinter-et-les-femmes/.

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Le marasme européen

28 avril 2010
Cela fait déjà  quelques semaines, que les médias hexagonaux et mondiaux narrent cette crise mais souvent, comme à leur habitude, de manière stéréotypée et inexacte. Car la Grèce n’est que la face cachée de deux gros problèmes: délit de solidarité des pays européens d’une part, et du rôle de la monnaie unique d’autre part.
Ce faisant, depuis Maastricht, alors que les euro-béats socialistes, mais aussi conservateurs, nous vantaient l’Europe, la réunification d’un grand continent uni par un objectif: la paix, ou “faire L’Europe c’est faire le poids!”, ou mettre un homme en slip pour vanter le  Traité de Lisbonne. Mais justement aujourd’hui on se rend compte que tout ceci n’était que du vent, que l’Allemagne, qu’on loue comme une locomotive européenne à suivre pour sa rigueur budgétaire exemplaire aux yeux des ultra-conservateurs, mène une politique individualiste et non coopérative, que la France de Sarkozy joue dans le spectacle (Sarkozy reçoit Papandréou etc…). Le tout, sans aucune solidarité et aucune coopération. L’union monétaire, qui devait apporter plein-emploi, Europe sociale, et croissance économique n’a engendré en fait, que la faillite de certains États: tricheur comme la Grèce, mais aussi ceux qui étaient donnés comme modèle exemplaire comme l’Espagne ou l’Irlande !
Toutefois, je préfère, à ce stade, rassurer le lecteur. Non, ce ne sera pas un billet purement économique, et par ailleurs, je ne le consacrerai pas une nouvelle fois, à la démolition de nos euro-romantiques. Il s’agira juste de mettre en avant les contradictions internes de l’Union européenne. Non pas en tant qu’entité elle même, car l’UE est une belle idée en soi, mais pas en tant qu’elle est construite: construite pour les banques, construite dans les couloirs bruxellois, où des directives ultra-libérales y sont “pondues”. Mais surtout, construite pour les rentiers. Encore une fois, j’étayerai  plusieurs arguments  à ce sujet.

La maxime des européens, ou du moins, la recette miracle qui devait être clé du succès de l’UE peut se résumer ainsi: libre circulation des biens et services (opérationnel mais encore imparfaite), des travailleurs (on essaye petit à petit de l’imposer), et des capitaux ( bien évidemment, eux n’ont pas attendu pour circuler dans une Europe créée pour eux). Ainsi, depuis les années 80, les capitaux ont tout le loisir de voguer de pays en pays. Les nations étant complètement impuissantes et incapables de retenir leurs entreprises sous peine de susciter l’effroi de Bruxelles. Qu’est ce que cela veut dire concrètement ? Cela veut dire que nos usines peuvent partir impunément vers des contrées lointaines, quoique pas tant que ça: je pense aux nouveaux pays arrivés, Roumanie, République Tchèque etc. Cette ouverture qui devait sceller définitivement la belle idée européenne en tant qu’union continentale, n’a en fait servie qu’aux entreprises qui peuvent maintenant  délocaliser à tour de bras. Je pense à Continental, qui a proposé à ses salariés de s’installer en Roumanie après voir délocalisé  ! Ou même à Renault qui part construire en Turquie, mais qui construit déjà  en Roumanie sa Dacia. Ce qui n’empêche pas le culotté Carlos Ghosn de pavoiser dans les Échos en proposant “une mondialisation sociale”. Bonjour la mondialisation sociale !
De fait, la mobilité du travail, vantée par nos européistes se résume à un transvasement, des zones de sur-chômage, à des zones de recherche de main d’œuvre. En d’autres termes, si en France il y’a du chômage, la mobilité parfaite du travail doit permettre à ces mêmes travailleurs d’aller la ou il y’a du travail: en Roumanie. Beau modèle de société, que nous prépare l’UE non?

Depuis 2001, les États n’ont plus le contrôle de leur monnaie. Celle-ci étant aux mains de la Banque centrale européenne, “tellement indépendante qu’elle n’est pas tenue de rendre des comptes à quiconque” pour reprendre le mot de Jacques Généreux. Notons d’ailleurs au passage que l’Europe transparente vantée par nos euro-romantiques en prend un coup… Pour inspirer confiance, la BCE a pendant quelques années, mené une politique de taux d’intérêts élevés favorisant ainsi, une appréciation de l’euro de plus de 30% par rapport au dollar. Ce qui a pour effet d’affaiblir la compétitivité française, pourtant déjà touchée par une fiscalité pesante, et par les 35h qui ont rendu le travail plus cher quand, dans les autres pays le rendait plus compétitif.
En outre, l’euro a asphyxié notre économie car inadapté à notre structure. La BCE ne peut pas faire de miracles. En d’autres termes, elle n’a qu’une seule et unique politique monétaire pour tous les pays de la zone euro. Des pays qui d’ailleurs, ne partagent pas la même structure économique. Les pays comme l’Italie, la France ont ainsi besoin d’un euro faible, dévalué, et de taux d’intérêts généreux pour soutenir leurs industries. Néanmoins, l’Espagne, par exemple, alors qu’une bulle immobilière se formait, aurait du avoir des taux d’intérêts bien plus élevés ! Ce qui aurait eu pour but, d’endiguer les constructions immobilières qui se développaient de manière anarchique.
Avant Maastricht, l’Allemagne venait de se réunifier. De retrouver sa grande puissance, symbolisée par son mark. Son mark fort. Or, juste à ce moment là, on posait déjà un projet de monnaie unique. Mais pour que l’Allemagne accepte l’euro au détriment de son mark, il fallait faire des concessions. En d’autres termes, que l’euro devienne un euro…mark. C’est à dire, sur-évalué et géré en toute rigueur. De surcroît, il fallait que la banque centrale soit indépendante. Notons qu’aujourd’hui, la BCE est à peu de chose près, le copié collé de la Bundesbank, mêmes objectifs, mêmes statuts. Cependant, l’euro fort ne pénalise pas l’Allemagne parce qu’elle exporte à 65% au sein de l’UE. Les pays qui s’enrichissaient comme la Grèce ou l’Espagne achetaient à gogo les machines-outils allemandes, mais bien sur ses BMW, symbole de richesse. Sauf que l’Allemagne n’est pas la France. Ainsi, quand l’euro s’apprécie de 10 centimes par rapport au dollar Airbus perd un milliard d’euro… Qu’on ne s’étonne pas que l’industrie française décline, surtout quand nos exportations sont dopées par la ventes d’avions !

Dès lors, les contradictions de l’euro, a fortiori de sa gestion éclatent au grand jour. Pour protéger l’euro, nos euro-romantiques ont eu la géniale idée de créer une campagne vantant l’euro et ses mérites. Sauf que celle-ci est tellement pitoyable et fallacieuse, que je ne peux que vous la faire partager

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     Il est grand temps, que les sbires de l’UE arrêtent de prendre les gens pour des imbéciles !

Ceci nous permet de tirer 2 conclusions; d’une part nous pouvons tous voir, à la lumière de cette vidéo ce qu’est l’euro-béatitude (l’euro vous fait un bisou !), d’autre part, les promoteurs de cette vidéo vont un peu vite en besogne. Grâce à l’euro, le taux d’inflation est bas? Très bien mais, au détriment de quoi ? Qu’en est t-il des 10% de chômage dans la zone euro (20% pour les jeunes), qui découle d’une politique monétaire ultra rigoureuse ? Je pense que les ménages français préféreraient avoir un emploi et voir le prix du café augmenter de plus de 2% par an…
De surcroît, si on reprend les thèses du “prix Nobel d’économie” Paul Krugman, on remarque que, d’après lui, un taux d’inflation acceptable doit se situer dans la fourchette des 4%: soit 2 fois supérieurs que les objectifs actuels de la BCE… Aujourd’hui, du fait de la crise, ils sont  à 1%, cela marque la volonté de retour à la croissance. Ouf pourrait t-on dire. Mais non, cependant, car Jean Claude Trichet meurt déjà d’envie de les augmenter pour anticiper les “risques inflationnistes”. Pourtant, on est plus proche d’une déflation à la japonaise, que d’une hyper inflation. Surtout quand le fléau du chômage hante plus de 10% de la population française. Ainsi, que Trichet se rassure, l’excès de consommation créatrice d’inflation n’est pas prête d’arriver… Mais c’est la, une superbe démonstration de la phobie hystérique de l’inflation, bien plus importante à maîtriser que l’emploi ou la croissance aux yeux de la BCE… Loin des dogmes monétaristes de Friedman, les institutions financières européennes devraient plutôt s’attacher à écouter les grands économistes. Mais pourquoi ne le fait-elle pas ?

Pour répondre à cette question cruciale, il faut toujours avoir en tête que l’Europe je ne le dirai jamais assez, est construite pour les rentiers. De fait, le plus grand économiste que le monde ait porté, c’est à dire Keynes nous avait déjà prévenu “l’inflation, c’est l’euthanasie du rentier”.  Dès lors que l’on a comme priorité, la confiance des marchés financiers, cela va attirer des investisseurs, mais surtout les rentiers (d’où l’appréciation de l’euro). Autrement dit, des gens qui, les doigts de pieds en éventail accumulent des résidences à Paris ou ailleurs, pesant à la hausse des actifs, rendant ainsi l’acquisition de logements de plus en plus chers. On comprend alors mieux au service de qui est mise la politique monétaire de la BCE, et de la Commission européenne. Ces institutions dont les sbires sont non élus et tous imprégnés des dogmes monétaristes les plus avancés: inflation zéro, État perturbant l’équilibre des marchés (…), n’ont qu’une envie, faire de l’Europe un grand marché à l’abri du méchant État. En d’autres termes, ils nous imposent le “tout marché” cher à Friedman par ailleurs. De là les nombreuses libéralisations en France par exemple: France Télécom (on a vu le résultat!), GDF, mais récemment la Poste!

Mais la supercherie bancaire propre à l’Union européenne ne s’arrête pas là. Car dès Maastricht, un article a été spécialement crée pour… nos amis les banquiers ! Ainsi, l’article 104 du Traité nous dit:” Il est interdit à la BCE et aux banques centrales des États membres (…) d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux États”. Cette “loi” avait d’ailleurs été instaurée en France par l’ami des banquiers Giscard (mais aussi Pompidou) dès 1974 et reprise donc par l’UE. La création monétaire est pas conséquent exclusivement aux mains des banquiers, et donc du privé. Je suppose que vous vous demandez ce que ça peut faire ? Et bien ça fait les subprimes d’une part, c’est à dire, des gens totalement incontrôlés qui s’arrogent le droit de créer la monnaie de manière crapuleuse (aller chercher des clients insolvables) et irresponsable. Rothschild le disait déjà il y’a 100 ans: “Si vous permettiez aux banquiers d’émettre l’argent d’une nation, ils ne se soucieraient pas des lois.” D’autre part, on arrive à une situation quasi incroyable où, actuellement la BCE prête aux banques commerciales à 1%, pour que ces mêmes banques octroient les mêmes prêts avec des intérêts de 7% dans le cas de la Grèce ! Du fait de la confiscation de la création monétaire par le privé, des États, des populations entières sont obligés de se serrer la ceinture pour satisfaire les rentiers et les financiers. Par ailleurs, n’oublions jamais qu’à cause de ces intérêts, ce sera bientôt la totalité de l’impôt sur le revenu – 55 milliards – que la France devra s’acquitter … Et tout cela, gravé dans les divers traités européens.

Pour conclure, ces gens là ont tous, pour la plupart, fait leurs études aux États-Unis et reviennent en Europe pour imposer leurs visions malgré le rejet des peuples Français, Néerlandais et aux Irlandais. Avec un programme plus libéral encore que les américains eux mêmes, bien plus keynésien et protectionniste qu’on aime à se le raconter. Toutefois, tant que l’euro sera mis exclusivement au service des marchés et des rentiers au détriment de la croissance et de l’emploi, tant que la BCE continuera de croire qu’une politique monétaire unique pour des États aux structures tout à fait hétérogènes est possible, tant que la Commission européenne se bornera à inculquer ses recettes libérales aux différents États, l’Europe ne sera jamais acceptée. Pour sauver les pots cassés, la commission se lance dans une pitoyable campagne pour défendre un euro dont la gestion est totalement injustifiable et injustifiée (1$ = 1,40€ !). Or, ce n’est pas avec de tels mensonges que nous allons l’accepter l’Europe. C’est pourquoi il est temps, à mon sens de penser une autre Europe. Une Europe plus démocratique, un euro au service de la croissance, dans une Europe construite avec les nations. A la lumière de la crise grecque (mais aussi espagnole ou même irlandaise), tout le monde sera s’accordera pour dire que c’est urgent. Très urgent.

Avec un exécutif intégralement non élu et inamovible, les dirigeants européens ont désormais tout le loisir de s’affranchir des peuples, et mener à bien leurs petites magouilles. Comme par exemple – anecdotique – la retraite à 50 ans avec 9000€/mois pour “nos” technocrates bruxellois. L’Europe, construite pour les banquiers et les rentiers, qui nie les peuples et les nations, (avec il est vrai, la complicité de gens comme Giscard d’Estaing) ne sera jamais acceptée. On peut comprendre le désarroi des citoyens après la trahison de Lisbonne, il n’empêche, nous devons tous nous battre pour une autre Europe.
 
Stanislas Korst,
Délégué départemental Jeunes en Ile et Vilaine
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L’Etat français au bord de la faillite ?

21 novembre 2009

Certes, il serait exagéré de dire que nous risquons de voir s’installer demain matin à l’Élysée les agents du FMI. D’autant plus que nous ne serions alors pas les seuls, nombre de pays européens ont vu leur dette exploser depuis deux ans.

Mais tout de même, l’heure est grave et nous ne pouvons pas nous permettre de minimiser les annonces faites ces derniers jours par certaines agences de notations. Elles ont mis en garde – d’abord discrètement puis officiellement – le gouvernement français des risques qu’il prenait avec la souscription sur les marché des sommes nécessaires au grand emprunt.

Le ministère de l'économie et des finances dans le brouillard

Fitch Ratings a ainsi estimé que ce grand emprunt, d’un poids égal à 1,8% du PIB, fera passer la France à un déficit à 2 chiffres, plus de 10% du PIB – vous avez bien lu – pour l’année 2010, ce qui n’est pas acceptable. Selon l’agence, avec une dette supérieure à 85% du PIB fin 2010 – et sûrement proche des 100% à la fin du mandat de Nicolas Sarkozy – notre pays sera dans une situation plus défavorable encore que celle de la Grande-Bretagne. Alors même que, comme le souligne le communiqué, la France devrait avoir moins souffert que d’autres pays du fait de la faible financiarisation de son économie.

Au passage, on comprend mieux la violente réaction de François Fillon aux propos d’Henri Guaino soutenant qu’il n’y avait pas de limite “technique” au grand emprunt.

Quel est le risque ? Dans la pire des situations, la France quitte le club des 18 pays notés AAA par les trois grandes agences de notation mondiale. Or notre dette appartenant à 66% à des investisseurs étrangers – c’est beaucoup –  et l’Etat étant très dépendant des levées de fond qu’il effectue sur les marchés (212 milliards prévus en 2010, hors grand emprunt (!), contre 81 milliards il y a 10 ans), les conséquences pourraient être terribles. Si l’Etat ne peut plus lever des fonds sur les marchés, il n’a tout simplement plus de liquidités pour payer les dépenses de fonctionnement, les salaires et les programmes de solidarité par exemple… Mais ce changement reste peu probable, les agences de notation ne se risqueraient pas à faire sombrer un pays.

Dans tous les cas, les taux pourraient être sensiblement relevés et la dette deviendrait encore plus lourde qu’elle ne l’est déjà. Pour rappel, le budget 2010 provisionne 42, 4 milliards pour payer les intérêts de la dette. Seulement pour payer les intérêts, pas pour rembourser ! Et la commission des finances prévoit le dépassement des 50 milliards d’ici à 2012, soit plus ou moins le sixième (!!!) du budget de l’Etat (340 millions d’euros en 2008).Plus que le budget de la défense – 47 milliards.

Le plus grave dans tout ça n’est pas le propos des agences de notation en lui même mais ce qu’il révèle. Souvenons-nous, ce sont ces mêmes agences qui avaient surnoté les produits financiers issus de la titrisation d’emprunts hypotécaires de citoyens américains insolvables. Elle ne sont donc pas un bon thermomètre, ou alors un thermomètre très optimiste. Et c’est en cela que c’est particulièrement inquiétant. On peut supposer que la situation des états tel celui de la France est déjà largement problématique  et que la confiance dont font preuve les marchés est artificielle. Les pays riches se mettent à l’abri d’un vernis aussi brillant que fragile qui, s’il se brisait, provoquerait une crise mondiale d’une ampleur autrement plus grande que celle dont nous souffrons aujourd’hui.

Cette mise en garde des agences de notations traduit l’inquiétude des maîtres de la finance et leur agacement vis-à-vis de ceux qui jouent avec les allumettes dans ce grand capharnaüm d’explosifs qu’est la finance mondiale.

Quelques conclusions:

- Les marges de manoeuvre sont réduites à néant, Sarkozy a profité de ce qu’il restait à son arrivée au pouvoir pour amputer les recettes de 15 milliards en faveur des plus aisés sans engager un vrai plan d’économies, la Révision Générale des Politiques Publiques étant une coquille vide, encore une fois. Et la crise a fini de nous étrangler.

- Le grand emprunt n’est pas une mauvaise idée en soi mais il arrive à contre-temps. Plutôt que de saupoudrer de milliards l’économie en 2008 sans savoir ce que deviendrait l’argent, il aurait été plus pertinent de mener le travail qui a été fait pour le grand emprunt. Et que l’on ne me parle pas d’urgence, la crise dont on se complait à dire qu’elle était imprévisible, l’était. Les candidats à la présidentielle avait été prévenu de l’orage, n’en doutons pas. Aujourd’hui c’est trop tard et le grand emprunt ne sera qu’un boulet de plus. D’autant plus que la concrétisation des actions prévues par le couple Rocard-Juppé est plus inquiétante qu’autre chose avec Sarkozy aux commandes. On ne peut pas se permettre de gâcher 35 milliards. Mais on en prend le chemin.

- La crise n’a pas finie de nous révéler sa force. Certains vous diront que nous n’en sommes qu’au premier acte. Être pessimiste n’avance à rien. Mais être irresponsable comme l’est la quasi-totalité de la classe politique relève du suicide.

- Que dirait-on d’une personne qui, alors qu’elle reçoit un salaire de 1000€, dépense 1300€ dont 150€ pour payer les seuls intérêts de ses emprunts ? C’est une vision réductrice mais la France en est bel et bien là, à dépenser en 3 ans les recettes de 4 années. Situation inimaginable mais réelle.

Sources:

E24.fr

ladettedelafrance.blogpspot.com

Fitch Ratings

Rapport d’information du Sénat

Photo CC: Le MINEFI dans le brouillard par twiga269

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