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Interview de Nicolas Dupont Aignan dans la presse grecque !!!

20 juin 2011

Le lien de l’interview de Nicolas Dupont Aignan dans la presse grecque http://www.zoomnews.gr/ο-γάλλος-βουλευτής-που-ήρθε-στο-σύνταγ/

Voici l’interview de Nicolas Dupont Aignan dans la presse grecque traduite par un de nos adhérents jeunes, Yannis Retsinas, d’origine grecque : 

“Le député français qui est venu place Syntagma et qui a ” étreint” les “indignés” s’exprime sur zoomnews”

Mercredi dernier, un peu avant que la place Syntagma devienne le théâtre d’affrontements entre les brigades anti-émeute et les jeunes cagoulés, un homme saluait la foule réunie, devant une avalanche d’applaudissements. Ce député français, indépendant, Nicolas Dupont-Aignan qui en 2007 quitta l’UMP de Nicolas Sarkozy, a créé son propre parti, gaulliste «  Debout la République ».

Pourquoi souhaitiez-vous venir à Athènes pour vous exprimer avec les grecs ?

Car aujourd’hui ce qui est en jeu c’est le droit du peuple grec de décider lui-même de son destin, c’est le respect de la démocratie. Comment un député français, gaulliste, pourrait rester en marge de cette contestation populaire ? Le général de Gaulle disait : « la République est la souveraineté du peuple, l’appel à la liberté, l’espoir pour la justice ». Mais aujourd’hui en Grèce, le peuple, la liberté et la justice sont en danger.

L’Union européenne et le FMI poussent la Grèce dans la récession et sont complice de la fraude des banques. Ce plan (de sauvetage) est inutile car il est contreproductif. Pour moi, la clé serait de dire aux Grecs que nous les voyons résister et, que demain, nous devrions faire la même chose en Espagne, en Italie, en France.

Quelles mesures proposez-vous pour la Grèce sorte de l’impasse ?

La Grèce ne doit plus obéir aux ordres de la Troïka. Elle doit oser restructurer sa dette, abandonnant l’euro pour retrouver sa liberté monétaire et politique. C’est la seule solution et n’oublions pas que des pays comme le Danemark, la Suède ou la Pologne vivent sans l’euro et se trouvent dans une bien meilleure situation.

Quel rôle pourrait jouer Paris ?

Aujourd’hui Paris fait honte à la France, en étant à la botte des banques et des technocrates bruxellois. Mais de son côté, le peuple français est de plus en plus conscient de cette escroquerie économique dans laquelle tombent les pays d’Europe. Je n’ai aucun doute que ce qui arrive aujourd’hui à Athènes, arrivera dans quelques temps à Paris. C’est d’ailleurs un des points de ma candidature aux élections présidentielles de 2012.

La fin du SMIC pour une renaissance de l’euro?

16 juin 2011

Un rapport de la Commission européenne juge que le Smic – 1367 € bruts soit 1073 euros net – plombe la compétitivité de la France. Cela ne me surprend guère. En effet, la commission européenne ainsi que nos pseudo – représentants nationaux ne jurent que par le libéralisme économique le plus débridé. N’oublions pas en effet que les locataires de l’Élysée, de  Matignon, de Bercy et de Bruxelles prennent des décisions de politique économique sur seuls conseils des disciples des Smith, Walras, Friedman et autres Pascal Salin…

Ces libéraux, pour qui le travailleur est une marchandise et le salaire un prix comme un autre, ne pensent qu’à un seul objectif : dérèglementer tous les pans de l’économie et cela passe dans un pays comme la FRANCE par la libéralisation du marché du travail et faire sauter toute réglementation contraignante, telle le SMIC.

Or il convient de noter, que les dividendes énormes versés aux actionnaires qui ne produisent rien ne semblent pas être un frein à la compétitivité de la FRANCE pour nos commissaires européens. Or si une partie de ces dividendes étaient réinvestis dans la production, cela serait plus bénéfique que d’abaisser le SMIC à trois chiffres. Par ailleurs, rappelons tout de même que nos chers commissaires européens ne semblent pas remettre en cause leur salaire de 24.000 euros mensuel (plus que le Président de la République), salaire financé par la FRANCE en partie, FRANCE qui selon eux manque de compétitivité.

Le SMIC doit simplement s’analyser comme un salaire minimum permettant à un travailleur français de pouvoir vivre décemment. Le SMIC est une barrière face au libéralisme déloyal. Sans le SMIC, certains préconiseraient de payer les salariés au mieux comme les smicards espagnols (687 euros par mois) ou au pire roumains ou chinois…Le SMIC doit également servir de référence pour une augmentation des différents paliers de rémunération en fonction de l’augmentation des prix.

À l’heure actuelle mes amis, un commissaire européen percevant 24000 euros mensuels est certain qu’un smicard dispose d’une vie aisée dans un T5 en plein cœur de Paris, d’une berline hors de prix et d’un frigo débordant.

Il est impératif de redonner le pouvoir aux Français, pour permettre à ceux qui vivent les difficultés au quotidien d’être les seuls conseillers officiels d’un gouvernement populaire, patriote, républicain et social.

Mesdames et messieurs les commissaires européens, prenez le temps de méditer cette question : quel est le plus gros frein à la compétitivité française : le SMIC ou l’euro? Prenez cinq minutes, la réponse est facile à trouver lorsque l’on s’en donne les moyens.

Rémi BERGER

Coordinateur régional DLJ Nord – Pas-de-Calais

Vice Président DLJ – Projet et débats

Soutenons les républicains nationaux

11 juin 2011

La meute médiatique a une nouvelle mode depuis quelques mois : la chasse aux « néoréacs » ! Lancée par L.Joffrin, le spécialiste es chassé croisé entre Libération et le Nouvel Obs, dans un dossier fait avec Ariane Chemin, la petite main des basses œuvres du Monde de l’époque Plenel-Colombani, elle vise à dénoncer ces journalistes qui ont comme tort de ne pas se plier à la doxa politiquement correct du milieu et osent dire ce que beaucoup de Français pensent de la situation en France. Ils seraient ainsi une petite dizaine (1) à ne pas respecter les consignes des maitres censeurs. Et bien entendu, tous les petits torquemadas de l’antiracisme et du politiquement correct ont emboité le pas au grand moralisateur en chef, à tel point que même Grazzia (grand journal politique !) a fait un papier sur ces nouveaux réacs qu’il faudrait faire taire.

Passons sur le fait que nos chers journalistes ont l’indignation sélective : personne ne s’émeut qu’Anne Lauvergon dise qu’elle discriminera les « mâles blancs » dans les futures embauches d’Areva, personne non plus pour s’indigner quand Thuram fait une photo avec les noirs seulement de France 98, personne pour monter au créneau quand le Brésil refuse d’extrader Battisti vers l’Italie (sauf E.Zemmour)…Passons également sur le fait que les mêmes qui dénoncent l’omniprésence des néoréacs, trustent tous les postes de directeur de rédaction, de grands éditorialistes, de commentateurs politiques en vue depuis 40 ans et ont réussi à dicter leur idéologie à toute la sphère culturo-médiatique (et donc de prendre le pouvoir selon le bon apprentissage de T.Gramsci) qui les a ainsi placé sur un piédestal moral.

Mais qu’est-ce que reproche toute la bien-pensance à ces néoréacs ? « De décontaminer la pensée du FN », d’avoir « basculé dans le discours réactionnaire le plus convenu, le plus éculé et le plus systématique », d’être des « agents de notabilisation » de Marine Le Pen. Pire, ils sont surtout accusés de décrire la réalité et les faits tels qu’ils sont et ainsi de faire le jeu du FN. Comme lorsque J.P.Brighelli dénonce la gabegie pédagogiste et sa fabrique des crétins, comme lorsque E.Zemmour s’en prend à l’idéologie soixante-huitarde qui a ouvert à la destruction de l’autorité, comme lorsque E.Levy refuse l’immigrationisme qui empêche l’assimilation et fait le jeu du grand patronat, comme lorsque R.Menard dénonce le totalitarisme des élites médiatiques bien-pensantes qui adore la diversité à condition qu’elle pense comme elles, comme lorsque P.Cohen met en cause l’Europe qui broie les peuples en leur imposant la rigueur…Dans tous ces cas, la bien-pensance leur reproche de ne pas taire la réalité car la réalité fera le jeu du FN. Coupables de délit de réalité. Cette volonté de taire les problèmes, de maquiller la réalité quand elle ne rentre pas dans les bonnes cases n’arrive à qu’à une chose : « à faire cadeau du réel au Front national » selon l’expression d’Alain Finkielkraut.

Car tous ceux qui se lancent dans cette chasse aux sorcières oublient que ce sont eux qui en refusant de voir la réalité, de prendre en compte les attentes des Français et en diabolisant tous ceux qui refusaient d’entrer dans leur vision du monde ont permis au FN d’exister. Leur stratégie de diabolisation du réel a si bien marché que le FN est passé d’un groupuscule avant 1981 en seul parti contestataire permettant de faire un bras d’honneur au système. Ce que les ouvriers, les employés et désormais les classes moyennes ont bien compris et font régulièrement aux élections tant et si bien que le père a atteint le second tour de la présidentielle et la fille est à plus de 20% dans les sondages pour 2012.

Ces néoréacs refusent de taire la réalité, refusent les carcans idéologiques qui enserrent la France depuis trop longtemps. Ils refusent que les idées de Nation, de République, d’autorité, de frontières, de protectionnisme, de souverainisme, d’Etat soient diabolisées. Ils refusent de plier devant les injonctions des bien-pensants qui voudraient que l’insécurité ne soit qu’un sentiment, que l’immigration ne soit qu’une chance pour la France, que l’Europe ne soit qu’une zone de croissance et de bonheur perpétuel, que la mondialisation ne soit qu’heureuse, que la seule perspective économique soit les plans d’ajustement structurels de DSK, que les frontières ne soient que des instruments de ségrégation menant à la guerre, que l’Ecole doit être une garderie où l’élève est l’équivalent du maitre et découvre ses propres savoirs, que la famille c’est mal, que l’autorité ne sert qu’à oppresser, que la police ne soit que fasciste, que les Français soient tous des racistes, que la République soit discriminante, que la France soit finie…

Ces néoréacs sont des républicains-nationaux et osent désormais l’afficher. Cela pose un problème fondamental aux bien-pensants : ils seront obligé de débattre de nouveau (et de perdre la plupart du temps comme N.Domenach sur Itélé depuis de 4 ans) au lieu d’anathémiser comme ils savaient si bien le faire. Ils auront de plus en plus de mal à se draper dans leur manteau de vertu en réenfilant leur panoplie de militant antifasciste dès qu’un sujet qui fâche sera abordé. Cette chasse aux sorcières est en fait un dernier soubresaut du système médiatique en vue de garder sa domination idéologique sur la société (il faut d’ailleurs voir comme cela la non-reconduction d’E.Zemmour sur France2 dans la perspective de 2012).

Ces néoréacs ouvrent une voix et rencontrent un large écho dans une partie de l’opinion. Il est grand temps de les soutenir et de dire qu’il est absurde et suicidaire d’abandonner toutes les valeurs citées ci-dessus au Front National. 2012 devra marquer le renouveau des républicains-nationaux qui oseront affronter tous les démocrates mondialistes et leurs idiots utiles !

Nicolas Calbrix

DLJ Val d’Oise

(1) On peut citer dans une liste non-exhaustive E.Zemmour, E. Brunet, A.Finkelkraut, P.Cohen, E.Levy, R.Menard, I.Rioufol…

Vers un nouveau 29 mai

31 mai 2011

Il y a six ans déjà, nos concitoyens envoyaient un message clair à l’occasion du vote sur le Traité instituant une Constitution Européenne (TCE) : ils votèrent non. Non à cette constitution européenne, non à cette construction européenne qui se fait contre les Etat-Nations, leur souveraineté, leurs spécificités. Non à cette Europe qui se fait contre les peuples en voulant nier leur histoire, leur identité et leurs traditions. Les Français avaient bien compris que l’Europe était le cheval de Troie de la mondialisation qui allait transformer notre continent en un vaste (super)marché et un grand parc d’attraction pour touristes américains ou chinois.

Ce non fut un large mouvement populaire venant de tous les horizons politiques (droite, gauche et même centre) mais qui venait surtout des catégories populaires (ce qui explique surement que la gauche Terra Nova propose d’abandonner celles-ci). Pour une fois, toute cette France habituellement silencieuse s’était déplacée aux urnes et avait osé dire NON. On sait ce qu’il en est advenu après, le président Sarkozy une fois élu a fait son mini-traité qui reprend les termes exactes du TCE et l’a fait approuvé par le Congrès à Versailles en 2008. A cette occasion, les députés UMP, PS et centristes dans un joli front anti-républicain, ont clairement dit au peuple que son vote ne valait rien et que leur Europe se fera avec ou contre eux, mais qu’elle se ferait.

Alors, aujourd’hui tout le monde est obnubilé par le risque d’un nouveau 21 avril. Il faut dire que le risque existe en effet, entre un Président sortant passablement discrédité, une multiplication des candidatures centristes et une opposition qui vient de perdre son candidat fétiche et ne sait plus très bien où elle habite (en plus de ne pas avoir de projet ni d’idée), le tout sous la menace d’une Marine Le Pen qui fait déjà jeu égal dans les sondages et voit sa cote grimper après chaque séquence politique. Mais serait-ce vraiment ça, le grand risque pour notre démocratie ? Car dans tous les cas, Marine Le Pen, qui reste le meilleur allié du système pour qu’il se perpétue, perdrait au second tour. Le système aura alors réussi à faire élire un des siens qui sera peut-être UMP ou peut-être PS mais dans le fond cela ne changera rien.

Les élections intermédiaires ont déjà marqué cette tendance. Une abstention qui va de record en record (60% aux dernières cantonales) car les citoyens ne croient plus que l’élection amènera un changement de politique. Des duels FN-UMPS au second tour qui permettent à tous les candidats du système de passer sans avoir de projet politique. Et au final, nous avons des élus qui représentent moins de 10% (voire moins dans certains cas) du corps électoral et en qui les citoyens n’ont plus aucune confiance.

Non le vrai risque que court notre démocratie est celui de ne plus représenter le peuple. Le vrai risque ne serait-il pas plutôt celui d’un nouveau 29 mai ? Qu’encore une fois le peuple français, quelque soit son vote, ne soit pas écouté ? Qu’encore une fois les élites se mettent d’accord entre-elles pour passer outre l’avis du peuple, pour continuer à faire la politique que les Français ont déjà rejetée en 2005. Qu’encore une fois, les Français n’aient le choix qu’entre des alternances qui pratiqueront les mêmes politiques une fois au pouvoir. Avec un plus d’ordre si c’est la droite, un peu plus de compassion si c’est la gauche. Ils se chamailleront sur l’accessoire mais seront d’accord sur l’essentiel.

Il suffit de regarder les forces en présence pour s’apercevoir qu’ils sont tous issus du même moule, qu’ils pensent tous pareillement et mèneront sur les questions fondamentales, tous, la même politique : soumission au dogme de l’Euro et aux banques, adhésion totale au libre-échange généralisé (liberté de circulation totale des capitaux, des biens, des marchandises et des hommes), acceptation de l’alignement occidental (sous domination américaine) de la politique étrangère…Il suffit d’écouter les paroles de Sarkozy, Hollande, Aubry, Joly ou Bayrou. Bien sur, les mots changent, les attitudes sont plus ou moins dignes mais au final, politiquement, ils sont tous sur la même ligne et rêvent tous d’affronter Marine Le Pen au second tour pour ne surtout pas parler de leurs bilans et de leurs projets.

Le véritable risque n’est pas celui d’un 21 avril bis ni d’un 21 avril à l’envers, le véritable risque est celui d’un peuple français qui se fasse encore voler une élection, en n’étant plus maître de son destin quelque soit son vote. Le risque est que le résultat du 6 mai 2012 n’ait aucun impact sur la vie des Français car tout sera décidé ailleurs. Le vrai risque est que les Français soient contraints de choisir une nouvelle alternance alors que ce dont notre pays a besoin, est d’une véritable alternative.

Nicolas Calbrix

DLJ Val d’Oise

Interchangeables !

27 mai 2011

Après l’épisode DSK, sa succession au FMI est ouverte. La France et les européens ne voulant pas perdre la tête de cette institution si stratégique dans les troubles actuels de la zone Euro, le candidat magique est sorti du chapeau : Christine Lagarde. Il faut que l’actuel ministre de l’Economie présente le CV idéal comme le disent les médias : anglais parfait, amour des États-Unis, connaissance des rouages des négociations monétaires ainsi que tous les grands dirigeants de ce monde, soutien de tous les pays européens et pas d’hostilité américaine. Lagarde est la nouvelle chouchoute du système.

D’ailleurs sa lettre de motivation est très claire. Enfin pas tant que ça pour le commun des mortels. Mais derrière tout le langage technique, Lagarde annonce qu’elle accepte la doctrine du FMI, qu’elle sera une bonne garante du système financier mondial à bout de souffle et de ses intérêts. Elle s’engage dans la continuité de son prédécesseur à appliquer les dogmes de l’institution : politiques néolibérales de développement, politique d’austérité pour la zone Euro sans restructuration de la dette, stabilisation des monnaies (au détriment de la zone Euro et  au plus grand profit des Chinois et des Américains), acceptation des diktats bancaires et financiers (dont la dernière mouture est la privatisation express et à vil prix en Grèce) sans entrave de nouvelle réglementation…

Face à une telle candidature, M.Aubry a déclaré que « si l’Europe peut avoir ce poste et si une Française peut l’obtenir, je crois que cela serait une très bonne chose pour notre pays et pour l’Europe ». Et les autres socialistes lui ont emboité le pas sans se rendre compte qu’en échangeant DSK contre Lagarde, le PS vient tout simplement d’adouber la politique économique de Sarkozy depuis le début du quinquennat et annonce par la même occasion qu’il aurait fait la même politique et qu’il fera la même politique après 2012. Après la note de Terra Nova indiquant que le PS devrait abandonner le peuple, les socialistes ne s’y seraient pas pris autrement s’ils avaient voulu dire clairement qu’il n’y a pas l’espace d’une feuille à papier entre le social-libéralisme du PS et l’ordo-libéralisme de l’UMP. Juste quelques différences mineures mais sur l’essentiel, les 2 sont interchangeables. Et après ils vont essayer de faire campagne en critiquant le bilan de Sarkozy et en proposant un programme différent ? Vaste blague.

Quant à la théorie du FMI-de-gauche-qui-a-changé-grâce-à-DSK qui nous a été vendu pendant 4 ans, elle ne tient plus du tout. Les socialistes ne veulent plus rien changer du tout (sauf le peuple), ils veulent simplement se répartir les places d’accompagnateur du système. Cela fait longtemps, depuis la parenthèse libérale, qu’ils ont abandonnée l’idée même d’exercer le pouvoir pour changer la réalité. Comme Sarkozy a abandonné progressivement la politique volontariste promise pendant la campagne avec comme conclusion finale la soumission au pacte de compétitivité de Merkel. La future nomination de C.Lagarde comme successeur de DSK scelle l’entente symbolique des élites de droite et de gauche dans un système mondialisé contre les intérêts du peuple.

Alors certes les pays émergeants se manifestent pour remettre en cause la règle non-inscrite qui fait que le FMI revient à un européen quand la Banque Mondiale est réservée à un américain mais sans trop y croire et simplement pour prendre date. Ils auraient d’ailleurs bien tort de vouloir remplacer un français à la tête du FMI car comme le dit si bien Christopher Soames “dans une organisation internationale, il faut toujours mettre un Français à la tête, car les Français sont les seuls à ne jamais y défendre les intérêts de leur pays“. Lagarde comme DSK ne fera pas quelque chose de différent en abandonnant l’Europe et la France aux dogmes de cette institution.

D’ailleurs dans la même logique, la BCE dirigé par Herr Trichet réfléchit à une prochaine hausse des taux. En effet, les grands banquiers centraux estiment « que la tendance à la reprise économique va se poursuivre. Aussi, pour cette raison, une politique accommodante des points de vue monétaire et fiscal est moins nécessaire ». Ils doivent surement parler de la Grèce, de l’Espagne, du Portugal, de l’Irlande, de la France où la croissance atteint des sommets…Il est grand temps de ramener le pouvoir dans les mains des Français et d’offrir une alternative à notre pays, pas une de ces fausses alternances dont notre pays souffre depuis trente ans…

Nicolas Calbrix

DLJ Val d’Oise

Wauquiez ou l’art de prendre les conséquences pour des causes

26 mai 2011
Les réactions ont toutes été unanimes de l’extrême-gauche au Front National en passant par son propre parti et ses propres collègues de gouvernement : taisez-vous Laurent Wauquiez! Au-delà de ces réactions de forme qui interdisent tout débat, essayons de voir plus loin et d’aborder le fond du problème soulevé par le ministre des Affaires européennes.
Le RSA est une mesure mise en place par le Gouvernement ayant pour objectif de revaloriser la recherche d’emploi tout en évitant aux individus de se retrouver sous le seuil de pauvreté. Principale œuvre de Martin Hirsch lors de son passage au gouvernement, le RSA est aujourd’hui remis en cause par M. Wauquiez qui voudrait le réformer en deux points :
  • En contrepartie du RSA, cinq heures de travail par semaine

. Sur ce point, la proposition de M. Wauquiez peut sembler juste, y compris du simple point de vue philosophique. L’individu est aidé par la société, en échange l’individu aide la société dans une certaine mesure, en s’impliquant dans la vie de celle-ci. Le problème est du à l’organisation d’une telle mesure. Où travailleraient ces personnes? Si certaines collectivités peuvent avoir besoin de bras pour par exemple nettoyer les parcs ou les forêts ou surveiller la sortie des écoles, elles n’auront pas assez de travail pour tous les bénéficiaires du RSA, chaque jour plus nombreux depuis la crise économique et sa gestion désastreuse par le gouvernement actuel. Gouvernement dont fait partie un certain M. Wauquiez… Plutôt que de chercher du travail bénévole pour les bénéficiaires du RSA, ne faudrait-il pas avant tout garder les emplois des salariés et ouvriers français? Emplois qui ne cessent d’être détruits ou délocalisés depuis plus de trente ans…

  • Interdire le cumul des aides sociales jusqu’à un certain niveau

. Il a ainsi été question de plafonner les différentes aides qu’un individu peut recevoir à hauteur de 75% du SMIC, pas plus. Encore une fois, d’un point de vue philosophique et de justice sociale, Laurent Wauquiez semble avoir raison. Il est en effet anormal, comme il le dit, que certaines personnes qui travaillent touchent moins qu’une personnes ne faisant que toucher des prestations. Soit, mais là encore, le problème n’est-il pas pris à l’envers? Plutôt que de baisser les prestations (il est vrai parfois excessives en comparaison de certaines personnes qui travaillent), ne faudrait-il pas mieux chercher à aider les salariés? Le développement de la participation , l’allégement de charges sociales, les relocalisations… sont autant de pistes pouvant aider à baisser le chômage et à augmenter le pouvoir d’achat des salariés. Mais dans le monde ultralibéral de M. Wauquiez, on préfère taper sur les ouvriers et salariés, en rognant leurs acquis sociaux (retraite à 67 ans…) pour pouvoir renflouer des banques qui ont conduit notre économie au désastre.

Alors certes, il est facile de parler du problème des bénéficiaires de prestations sociales. Si le débat doit être ouvert et ne doit pas être tabou, on peut regretter que Laurent Wauquiez ne pense pas plutôt avant tout à aider les salariés français. Les milliards donnés aux banques grecques dans le cadre d’un pseudo-plan de sauvetage auraient ainsi été plus utiles pour une véritable politique de relance de l’emploi, tout comme la sortie de l’euro et l’arrêt de la concurrence déloyale avec des pays à coûts moins élevés via des taxes aux frontières permettrait de redonner de l’oxygène à notre économie moribonde.
De plus, assimiler l’ensemble des bénéficiaires du RSA à l’ “assistanat, cancer de la société” est une insulte pour ceux qui sont devenus chômeurs à cause de la crise et des politiques libérales de Nicolas Sarkozy. S’il y a des abus de certaines personnes qui fraudent, il faut faire arrêter ces pratiques. Il serait pourtant simple de constater qu’il est anormal qu’une personne au chômage roule en voiture de sport, ce qui arrive pourtant quelquefois…
Alexandre Ducrocq
DLJ Nord – Pas-de-Calais

Le peuple ne vote plus à gauche, il faut dissoudre le peuple !

20 mai 2011

La fondation Terra Nova, le think tank de la gauche néolibérale, a produit une note intéressante sur la nouvelle coalition électorale à vocation majoritaire qui permettrait à la gauche de revenir au pouvoir. L’idée est d’abandonner la stratégie historique de classes reposant sur les ouvriers et les employés pour lui substituer une agglomération « progressiste » composée des diplômés, des immigrés, des femmes et des jeunes . Elle théorise ainsi l’orientation libérale-libertaire de la deuxième gauche en droite ligne de Mai 68 et accepte sans état d’âme la « parenthèse libérale » ouverte en 1983.

Cette nouvelle coalition baptisée « La France de demain » est centrée sur les valeurs « progressistes » censées être partagées par ces quatre catégories, s’inspirant largement de la campagne de B. Obama. Outre que ces fameuses valeurs ne sont pas définies, sinon par le concept vague de « la France qui veut le changement, tolérante, ouverte, solidaire, optimiste, offensive », ce qui permettra à chacun d’y mettre ce qu’il entend, la France n’est pas les Etats-Unis. En fait dans cette note, la gauche des insiders, de ceux qui profitent de cette mondialisation libérale, de cette société marchandisée et financiarisée, se livre à une véritable attaque en règle contre les ouvriers et les employés accusés de tomber dans une attitude de repli contre les immigrés, contre les assistés, contre les pertes des valeurs morales et les désordres de la société contemporaine. Sous prétexte qu’ils veulent garder leur emploi, vivre en sécurité, défendre leur mode de vie et leur pays, essayer d’apporter une éducation de qualité à leurs enfants, défendre certaines valeurs qui se perdent dans une modernité ravageuse…ils sont accusés de basculer vers le Front National et la droite. Salaud de pauvres !

Mais la gauche oublie un peu vite ses responsabilités dans tout cela. Elle oublie que c’est à cause des politiques mises en place en 1981, puis en 1988 et encore en 1997 que les ouvriers ne votent plus pour elle. Elle oublie un peu vite que si les ouvriers ne représentent plus que 23% des votants (et donc que cela rétrécit la base électorale de la gauche comme disent les cerveaux de la gauche), c’est avant tout parce que la gauche a mené des politiques qui ont amené aux délocalisations, aux fermetures d’usines. Elle oublie aussi que c’est à cause de ces valeurs progressistes et des ravages sur la société qu’elles font que les ouvriers ne votent plus pour elle car ils se rendent compte de tout cela.

Elle oublie que tout cela est la cause de la montée du FN (et non pas l’inverse) et donc elle oublie que la gauche est la principale responsable du vote FN et que cela a même été institué en stratégie par F.Mitterrand afin de diviser la droite. Sans parler de l’extrême cynisme (voire de l’immoralité) à proposer de trahir les classes laborieuses après leur avoir promis monts et merveilles, après les avoir contraints à des sacrifices et après les avoir utilisé politiquement jusqu’à l’os… Mais au moins avec cette note, la gauche arrêtera de jouer les crocodiles dans les manifestations au coté des ouvriers qui ont désormais viré à « l’extrême-droite ». Elle arrêtera également de se réclamer des quartiers populaires (sauf à admettre que ces quartiers sont des quartiers ghettos ethniques et donc de contredire toutes les théories socialistes sur les déterminants socioéconomiques en vigueur rue de Solférino) et arrêtera de parler aux noms du peuple. Elle arrêtera par la même occasion d’accuser la droite de faire une politique de classe vu qu’elle refuse désormais de défendre une classe elle-même.

Le seul mérite de cette note est qu’elle dit tout haut ce que tous les socialistes vivent tous les jours tête basse. Dire que la gauche épouse totalement cette mondialisation inhumaine basée sur la financiarisation de l’économie cachée sous le dogme du pragmatisme, un sansfrontièrisme mâtiné aux Droits de l’Homme et une marchandisation de tout dissimulée sous les rubans claquants de la Liberté. Elle acte que la gauche n’est plus qu’une gestionnaire du monde actuel dans lequel elle s’y trouve si bien (comme le montre la présence de P.Lamy à l’OMC et de DSK au FMI), elle acte le fait qu’elle a renoncé à agir sur le réel, à le transformer pour améliorer le sort des classes populaires. Comme le dit si bien la note « mettre en œuvre une stratégie de classe autour des classes populaires nécessiterait de rompre avec la social- démocratie».

En 1981, la gauche voulait « changer la vie ». Elle a échoué et en 2011, le peuple ne votant plus pour elle, en bon élève de l’extrême-gauche [1], elle propose de dissoudre le peuple et de lui substituer cette fameuse « France de demain ». Surement en opposition à la « France d’hier » que doivent représenter l’ouvrier homme blanc non-diplômé et sa femme employée qui s’occupe des enfants. La gauche Terra Nova oublie que la France n’est pas une agglomération de communautés et de catégories électorales qu’il faudrait conquérir comme on conquiert des parts de marchés. Elle ne voit pas non plus que sa vision de la France mènera à une libanisation où chaque groupe d’intérêt exercera son lobby, le tout au détriment de l’intérêt général. Gageons que les français n’oublieront pas tout cela au moment de voter en 2012, gageons qu’ils se sentiront un peuple uni dans une République une et indivisible et qu’ils feront une croix sur ceux qui les ont segmentés comme de vulgaires parts de marché pour lui préférer celui qui saura les rassembler derrière un projet républicain et social, un projet qui parlera à tous les Français.

[1]  « J’apprends que le gouvernement estime que le peuple a « trahi la confiance du régime » et « devra travailler dur pour regagner la confiance des autorités ». Dans ce cas, ne serait-il pas plus simple pour le gouvernement de dissoudre le peuple et d’en élire un autre[]? » Fameuse citation de Bertolt Brecht.

Nicolas Calbrix

DLJ 95

Maastricht reste bien l’anti-1789

8 mai 2011

L’Arnaque du Siècle, le dernier livre de Nicolas Dupont-Aignan est un véritable réquisitoire contre le système mis en place autour de l’Euro. Il y démonte les idées fausses qui entourent cette monnaie unique comme celui très ancré du mythe de l’Euro protecteur ou encore celle de l’Union fait la force. Il met en lumière les vices de cette monnaie unique appliquée à des économies différentes qui amène à un alignement de la politique européenne sur la puissance dominante et donc à une perte d’indépendance de notre pays. Il revient sur les promesses (ou plutôt les incantations) des tenants du Oui en 1992 avec le recul, cela est plutôt risible. Il dénonce également le scandale de l’Agence France Trésor où les conseilleurs sont à la fois juge et partie. Il y démontre comment la privatisation de la création monétaire a profité aux banques et comment l’Euro est devenu pour eux une poule aux œufs d’or qu’ils ne veulent surtout pas abandonner. Il propose enfin une méthode pour sortir l’Euro de notre pays (et non pas l’inversion) afin de pouvoir mener une véritable politique économique dans l’intérêt des français. Vous trouverez tout cela dans le livre de NDA.

Mais en lisant ce livre, j’ai eu envie de relire le discours du 5 mai 1992 de Philippe Seguin à l’Assemblée Nationale, celui où il parlait de Maastricht comme de l’anti-1789. Et force est de constater que 19 années après, ce texte garde toute sa force, sa pertinence et toute son actualité. Tout ce que le leader du Non à Maastricht avait annoncé s’est produit et nous voyons aujourd’hui les méfaits « d’un fédéralisme au rabais fondamentalement anti-démocratique, faussement libéral et résolument technocratique ». Nous pouvons également constater aujourd’hui que cette Europe qui « n’est ni libre, ni juste, ni efficace » et qui « enterre la conception de la souveraineté nationale et les grands principes issus de la Révolution » nous contraint à l’abandon de « la possibilité de conduire une politique économique qui nous soit propre. ». Il dénonçait déjà « la prime de compétitivité » qu’on donnait à l’Allemagne en figeant le taux de change entre le mark et le franc, ce qui amène à un dépeçage du tissu industriel français par l’Allemagne comme l’a si bien montré Christian Saint Etienne dans son livre « la fin de l’Euro ».

Il dénonçait déjà à l’époque cette Europe technocratique, antidémocratique et à vocation fédéraliste « que d’Acte unique en règlements, de règlement en directives, de directives en jurisprudence, la construction européenne se fait sans les peuples, qu’elle se fait en catimini, dans le secret des cabinets, dans la pénombre des commissions, dans le clair-obscur des cours de justice » et « que toute une oligarchie d’experts, de juges, de fonctionnaires, de gouvernants prend, au nom des peuples, sans en avoir reçu mandat des décisions dont une formidable conspiration du silence dissimule les enjeux et minimise les conséquences » et avait bien compris que « la monnaie unique est, elle, le vrai, le puissant mécanisme par lequel se réalisera non seulement l’intégration économique mais aussi finalement l’intégration politique. » Exactement ce qui est en train de se produire avec le pacte de compétitivité Sarkozy-Merkel et la mise sous tutelle des pays les plus déficitaires. Exactement ce qui se passe au Portugal où le plan d’aide accepté par un gouvernement chargé d’exécuter les affaires courantes s’imposera au gouvernement qui sortira des urnes en juin.

Nous entendons aujourd’hui tous les fédéralistes eurobéats nous dire qu’il faut plus d’Europe pour sortir de la crise de l’Euro. Exactement le piège que rejetait P.Séguin qui avait bien compris que le but véritable de la méthode communautaire qui « en présentant chaque abandon parcellaire comme n’étant pas en soi décisif, on peut se permettre d’abandonner un à un les attributs de la souveraineté sans jamais convenir qu’on vise à la détruire dans son ensemble ». C’est « par tactique que, depuis l’échec de la C.E.D. en 1954, les idéologues du fédéralisme et les eurocrates cherchent à dissimuler leur dessein politique sous le manteau de la technique ». Et on peut même ajouter que depuis le Non au TCE, les eurocrates sont encore plus prudents en ne disant pas leurs projets finaux mais aussi en ne passant plus du tout par le peuple (comme pour le traité de Lisbonne) ni même par les parlements nationaux comme le permet désormais ce traité de Lisbonne (les fameuses clauses passerelles qui ne sont pas encore utilisées mais ce qui ne saurait tarder).

Il avait bien compris où nous menait cette intégration européenne sur le plan économique avec cette politique « monétarienne qui est synonyme de taux d’intérêt réels élevés, donc de frein à l’investissement et à l’emploi et d’austérité salariale. Notons à ce propos l’hypocrisie fatale qui consiste à parler de « franc fort » lorsque le refus de la dévaluation se paie du blocage de l’investissement et de l’explosion du chômage. C’est très exactement la réédition de la «politique du bloc-or » qui a conduit l’industrie française à la crise au cours des années trente ». 19 ans après, c’est toute l’Europe (sauf l’Allemagne et quelques autres pays du Nord) qui est prise au piège de cette politique du franc fort devenu l’Euro fort qui se décide toujours à Francfort.

Il était également lucide sur l’intégration européenne qui se fait contre les Nations et donc sur l’avenir qui était promis à la France et aux autres pays européens : « on remplacera les quelques frontières nationales existantes par une multitude de frontières locales invisibles mais bien réelles. On formera de petites provinces là où il y avait de grands États avec autant de communautés crispées sur leurs égoïsmes locaux. On laissera les régions riches devenir toujours plus riches et les pauvres devenirs toujours plus pauvres. On confiera les affaires à des notables que le gouvernement fédéral, du fait de son éloignement et de son manque de légitimité, ne pourra contrôler, pas plus que ne pourront le faire les gouvernements nationaux politiquement affaiblis et limités dans leurs compétences. Ce sera le grand retour des féodalités… ». Comment ne pas voir qu’aujourd’hui ce mécanisme est à l’œuvre en Belgique, en Espagne, en Italie mais aussi dans les autres pays comme la France avec le développement des grandes Régions qui se passent de l’Etat. Comment ne pas voir que tout cela entame la cohésion nationale (et beaucoup d’inconscients continuent à jouer l’Europe contre la France), créer des dissidences internes (et donc le retour des grands féodaux) et du repli sur soi (et donc du communautarisme et/ou de l’individualisme).

Il réfutait déjà les arguments que les eurobéats continuent à nous servir en boucle : « il nous faut faire l’Europe, donc il nous faut concéder une partie de notre souveraineté. Comme si cette relation causale allait de soi ! Comme si le respect des souverainetés interdisait la coopération, l’ouverture, la solidarité ! Comme si les États souverains en étaient fatalement réduits à un splendide isolement et condamnés à une politique frileuse de repliement sur soi ! ». Et  dénonçait déjà le « conformisme ambiant, pour ne pas dire le véritable terrorisme intellectuel qui règne aujourd’hui, disqualifie par avance quiconque n’adhère pas à la nouvelle croyance, et l’expose littéralement à l’invective. Qui veut se démarquer du culte fédéral est aussitôt tenu par les faiseurs d’opinion au mieux pour un contempteur de la modernité, un nostalgique ou un primaire, au pire pour un nationaliste forcené tout prêt à renvoyer l’Europe aux vieux démons qui ont si souvent fait son malheur. » C’était il y a près de 20 ans mais rien ne semble avoir changé…La tyrannie des bien-pensants est plus que jamais à l’œuvre sur l’Europe et l’Euro avec l’argument choc désormais de « faire le jeu du FN ».

Il craignait que la construction européenne n’amène à ce que « les sentiments nationaux, à force d’être étouffés, ne s’exacerbent jusqu’à se muer en nationalismes et ne conduisent l’Europe, une fois encore, au bord de graves difficultés, car rien n’est plus dangereux qu’une nation trop longtemps frustrée de la souveraineté par laquelle s’exprime sa liberté, c’est-à-dire son droit imprescriptible à choisir son destin » comme une annonce prémonitoire de la vague, que les médias appellent populiste qui traverse actuellement l’Europe et qui risque de mener à des résultats très surprenants en 2012. Encore plus prémonitoire est sa définition de l’identité « on parle de l’identité lorsque l’âme est déjà en péril, lorsque l’expérience a déjà fait place à l’angoisse. On en parle lorsque les repères sont déjà perdus ! La quête identitaire n’est pas une affirmation de soi. C’est le réflexe défensif de ceux qui sentent qu’ils ont déjà trop cédé ». Cela explique un peu mieux pourquoi l’identité nationale a fait son apparition dans le débat et en fera encore partie tant que la France n’aura pas retrouvé sa souveraineté.

En 1992, un gaulliste social avait tout annoncé, tout décrit, tout compris. Pourquoi cette vision lucide de ce qui allait se passer n’a pas été entendu ? Pourquoi les intrigants, les girouettes, ceux toujours prêts au compromis pour ne pas dire compromission ont-ils gagné? Pourquoi les peuples ont laissé s’imposer ce totalitarisme mou si contraire à leur intérêt? Je ne me l’explique toujours pas. Par contre, la relecture de ce discours m’a permis de m’expliquer une chose car Philippe Seguin le terminait en disant que « oui, nous voulons l’Europe, mais debout, parce que c’est debout qu’on écrit l’histoire ! ». Je m’explique désormais pourquoi notre mouvement a été nommé Debout La République.

Nicolas Calbrix

L’échec de la stratégie du parti unique de la droite et du centre

5 mai 2011

Les élections cantonales étaient le dernier test intermédiaire avant les échéances de 2012. Et comme les 2 précédentes élections, le résultat est sans appel pour l’UMP : une défaite très sévère avec un recul constant de l’influence du parti unique dans les différents départements et auprès des français. L’exception du Val d’Oise qui a été reconquis (et que je connais bien), est plus un épiphénomène lié à la politique locale (gauche minoritaire et divisée sur Argenteuil, droite élargie dans l’UVO…) qu’une tendance de fond de reconquête UMP.

Le constat est même pire que les 2 précédents tests où l’UMP avait fait illusion. En 2009, le mode de scrutin avait permis à l’UMP de sortir gagnant des européennes en jouant à fond sur l’union au premier tour dans un scrutin qui n’en compte qu’un mais en ne réunissant que 29% des français. En 2010, la triste performance de 2004 avait permis de ne pas voir une dégradation supplémentaire. Cette année, pas de biais statistique ou lié au mode de scrutin, et le recul se voit comme le nez au milieu de la figure. Avec 19% des voix, l’UMP fait moins de voix que le défunt RPR au premier tour. Et comme il n’y a plus d’autres partis de droite qui participent à l’union de la droite et du centre, le parti unique sombre et devient minoritaire.

Le politologue Dominique Reynié estime qu’avant les cantonales, la droite avait perdu plus de 1000 positions locales depuis 1995 dont une très grande partie après 2002. Et ces élections cantonales ont encore aggravé la situation. La stratégie du parti unique mène à un recul généralisé pour la droite parlementaire en terme d’élus mais également à une division de la droite sans aucune possibilité d’alliance qui fait le jeu de la gauche : le FN supplante l’UMP dans bons nombres de circonscription où l’électorat populaire ne croit plus aux promesses non suivies d’actes du président et du parti unique, les opposants de droite (sous l’appellation très large des DVD) reprennent des bastions à l’UMP ou la font perdre dans certains cas car aucune alliance n’est possible avec un parti qui se veut hégémonique, la gauche partout domine alors qu’elle est minoritaire dans le pays… La situation est à tel point catastrophique que la majorité sénatoriale est menacée en septembre et que si la droite perd en 2012 la présidentielle et les législatives qui suivent, la France sera entièrement à gauche.

Le constat est très sévère pour cette stratégie du parti qui n’a fait que marquer un recul de l’influence de la droite mais pour comprendre l’ampleur de la catastrophe, il faut revenir à 2002 et sa création par J.Chirac. Il profite de l’occasion du Front Républicain qui se constitue au second tour sur son nom pour unifier la droite et le centre. Les objectifs sont multiples et surtout politiciens : réduire le pouvoir de nuisance de l’UDF qui a toujours été le cailloux dans la chaussure du RPR, asseoir son emprise politique sur tous les courants de la droite et du centre, éviter les dissidences et l’éparpillement des voix qui ont fait de la droite « la machine à perdre » ou « la droite la plus bête du monde » depuis les années 80, se mettre à l’abri du risque FN en s’assurant un socle important au premier tour… D’ailleurs beaucoup de dirigeants des 2 grands partis (RPR et UDF) avaient théorisé ce parti unique. Le mythe du bipartisme américain n’y étant pas étranger pour certains. Au final, le RPR et Démocratie Libérale se fondent dans l’UMP, le Forum des Républicains sociaux et le Parti Radical sont des partis associés et les deux tiers des députés UDF rejoignent la nouvelle formation.

L’union des gaullistes, centristes et libéraux a bien eu lieu et d’autant plus facilement que pendant les années 90, Chirac avait entrepris de totalement « rénové » le RPR afin de ne plus connaitre l’ostracisme médiatique des années 80 et avoir une chance de gagner la présidentielle. A la fin du 20ème siècle, le RPR est totalement udfisé sur ce qui faisait les grandes lignes historiques du mouvement gaulliste : ralliement au libéralisme économique, au libre-échange façon OMC, acceptation des concessions sur la souveraineté nationale avec l’Acte Unique, Schengen, Maastricht et Amsterdam, acceptation de toujours plus d’intégration européenne dans la logique fédéraliste de Monnet, retour dans l’OTAN (qui avait été envisagé par Chirac en 1996), effacement de l’Etat devant la société civile, immigrationnisme pour être en accord avec les droits-de-l’hommisme médiatiques et les aspirations économiques du MEDEF…

Ce nouveau parti, s’il est bien le symbole de la victoire idéologique des centristes et des libéraux sur les gaullistes (comme le montre l’abandon de presque tous les signes gaullistes à partir de 2002) marque aussi un tournant dans l’histoire de la droite et du centre, un tournant que C.Pasqua (qui a souvent le don de trouver des formules justes) a qualifié « d’Union dans le rétrécissement ». Car avec la parti unique, le programme devient aussi unique, les investitures deviennent aussi uniques. Tout cela fait que petit à petit toute diversité idéologique est bannie du parti, toute nouvelle tête est systématiquement écartée par les sortants…

Et donc de fait, toute position divergente, même au sein de la droite et du centre, est rejetée dans l’opposition. On le voit bien avec F.Bayrou depuis 2002, Nicolas Dupont-Aignan et D.de Villepin depuis 2007, J.L.Borloo désormais…surtout quand le chef du parti unique fonctionne aussi fortement sur un mode « avec moi ou contre moi ». La stratégie du parti unique à la mode Sarkozy amène l’UMP à se rétrécir de plus en plus et à devoir gagner seule contre tous, y compris contre des électeurs de son propre camp. Quand en plus la stratégie est à ce point embrouillée (discours très droitier après avoir fait l’ouverture, actes qui ne suivent en rien les annonces, gages donnés aux opposants contre ses propres électeurs, non-remise en cause du cadre contraignant de l’Euro, de l’Union Européenne et de l’OMC qui empêche toutes marges de maoeuvres…), il ne faut pas s’étonner que l’électorat se rétrécisse…

Avec un tel rejet du chef de l’Etat et avec cette stupide stratégie du parti unique, le véritable risque des échéances de 2012 est que la droite perde ces élections alors qu’elle est majoritaire dans le pays. Et une défaite signifierait un très grand danger pour la droite parlementaire qui, après avoir perdu presque tous les pouvoirs locaux, en viendrait à abandonner le gouvernement de la France. Cela la mettrait sur un pied d’égalité avec le FN pour représenter l’opposition à cette gauche ultra-dominante mais minoritaire…

Mais la nature ayant horreur du vide, petit à petit, la stratégie du parti unique est en train de s’effondrer. Les résultats des élections cantonales l’ont fort bien montrés à plus de 14% pour les DVD dont une grande partie ont fait leurs résultats contre un UMP. Les centristes reprennent également leur autonomie petit à petit et des collectifs dont celui très intéressants de la Droite Populaire se constitue pour aller dans des sens opposé. En fait, seul le soutien à N.Sarkozy (et la perspective de perdre les investitures pour les législatives) tient encore ce parti éclaté entre une aile européo-centriste, une aile libéral-conservatrice et une aile gaulliste. Comme par hasard, les trois familles qui avaient présidé à la constitution de l’UMP et qui n’y trouvent plus leur compte.

Il faut espérer que la recomposition de la droite ait lieu rapidement avant que ce ne soit une décomposition et Debout la République aura toute sa place à prendre dans cette recomposition en défendant les valeurs gaullistes, républicaines et sociales auxquelles nous sommes tant attachées.

Nicolas Calbrix

Délégué DLJ Val d’Oise

L’exemple islandais ou comment la souveraineté gardée d’un peuple lui permet de traverser les épreuves

2 mai 2011

Nos cousins du Nord sont en train de nous donner une belle leçon de démocratie et de retour du politique dans l’indifférence totale des médias et le silence de nos élites. Et pour cause, ils font preuve d’une indépendance que nous avons volontairement abdiquée et qu’il serait cruel de nous rappeler. Et ils nous montrent une voie pour la sortie de crise contraire à tous les dogmes européistes.

 Mais revenons au commencement, en 2008, l’économie islandaise qui avait basé son développement fulgurant de la dernière décennie sur un secteur bancaire atrophié (les avoirs des banques représentaient 10 fois le PIB), est au bord de la faillite. La crise financière entraine la chute des grandes banques du pays et le pays décide de les nationaliser. Mais contrairement à celui de l’Irlande, le gouvernement choisit de ne pas les renflouer et les laisse faire faillite tout en garantissant les dépôts des seuls islandais. Le pays subit un choc très rude, la couronne se dévalue fortement (au point d’envisager d’entrer dans l’Union Européenne et l’euro), le PIB accuse un fort recul ce qui conduit le gouvernement à formuler une demande d’aide auprès du FMI et de la Russie afin de boucler les fins de mois difficiles. Après avoir passé la phase la plus aiguë de la crise, le gouvernement de centre-droit est obligé de démissionner pour laisser place à une alliance de gauche.

Dans cette tourmente bancaire, bon nombre de britanniques et de néerlandais (et plus particulièrement des fonds de pension gérant leur retraite) ont perdu près de 4 milliards dans la faillite d’Icesave. Devant cela, leurs gouvernements respectifs ont garanti les fonds (en clair les ont remboursés sur le budget de l’Etat) et se sont retournés contre le gouvernement de Reykjavik pour obtenir un remboursement de l’Etat islandais. Les gouvernements – dont le nouveau gouvernement islandais de gauche fraichement élu sur le refus du peuple de payer pour la crise des banques – se mettent d’accord sur un plan de remboursement 3,8 milliards d’euros, ce qui représente tout de même 40% du PIB islandais…pour rembourser les clients britanniques et néerlandais d’une faillite d’une banque en ligne opérant principalement à l’étranger !

Après un premier texte souple (avec des remboursements indexés sur le PIB) voté, le Parlement vote, sous la pression de la Commission Européenne, un second plan plus dur qui forcera tous les islandais à se serrer la ceinture jusqu’en 2024 avec une ponction d’environ 100 euros par mois pour tous les islandais…Les citoyens ne l’entendent pas de cette oreille et devant la pression populaire (une pétition est signée par 60 000 islandais soit près d’une personne sur 5), le Président décide de ne pas promulguer la loi et organise un referendum en mars 2010 dont le résultat est bien entendu négatif (à 93%). De nouvelles négociations avec l’Angleterre et les Pays-Bas aboutissent à un accord plus avantageux pour l’Irlande, qu’encore une fois le Président refuse de promulguer et qui est à nouveau rejeté par referendum le 9 avril 2011 à plus de 60%. Le message est clair : les islandais refusent de payer pour les folies bancaires et ses injustices (privatisation des bénéfices, socialisation des pertes).

Durant cette campagne référendaire, les mêmes arguments ont été utilisés qu’ici en 2005 pour défendre l’euro et l’Union Européenne : il en serait fini de la crédibilité de l’Islande, des relations avec les Pays-Bas et l’Angleterre et avec toute l’Europe, l’Islande serait isolée et mise à l’écart, elle ne pourrait pas s’en sortir toute seule…Bref, toujours la même ritournelle des défaitistes qui n’osent pas penser autrement que comme leurs maîtres. Et pourtant, qu’est-ce qui justifierait que les contribuables islandais soient ponctionnés pour renflouer des investisseurs étrangers dont les placements risqués dans une banque se seraient écroulés ?

L’Histoire en a dit autrement : les référendums ont rejeté massivement les plans de remboursement et l’Islande n’a pas été mise au ban des nations, l’Angleterre n’a pas déclaré la guerre à ce membre de l’OTAN et le peuple islandais a gardé sa fierté et son indépendance. Ils ont donc pris collectivement une décision justifiée moralement et économiquement. Les islandais ont même choisi pour sortir de l’impasse où l’avait menée sa classe politique, d’élire une assemblée constituante qui sera chargée d’établir une nouvelle constitution et de statuer sur la question primordiale des transferts des pouvoirs souverains aux organisations internationales.

Côté économie, la situation s’est franchement améliorée : bien sûr, les islandais ont vécu une période difficile avec une forte chute du PIB mais depuis quelques temps et grâce à la dévaluation de la couronne, les exportations repartent et le PIB croit de nouveau. Le secteur financier est revenu à une taille normale et surtout le coût du sauvetage n’a pas plombé le budget de l’Etat ni le système social du pays.

L’Islande a appliqué ce qui doit être fait pour sortir de la crise de la dette : refus du soutien aveugle aux banques, refus des purges (ce qui ne veut pas dire dépenser à tout va l’argent public ni se dispenser de mettre de l’’ordre dans le modèle social comme il y en aura besoin en France) qui ne font qu’aggraver le mal, refus de la politique déflationniste qui alourdit le poids de la dette, restructuration de la dette , contrôle temporaire des capitaux, acceptation d’une inflation supérieure au 2% allemand et surtout dévaluation afin de relancer l’économie et pouvoir rembourser la dette. Les Islandais, contrairement aux irlandais, ont choisi de laisser tomber les banques plutôt que leur peuple… la démonstration même qu’une alternative à la politique de Messieurs Trichet, Barroso et Strauss-Kahn est possible.

Mais tout ceci n’a été possible que parce que leur Président est d’abord un homme très respectable et respectueux de la volonté populaire et que le peuple a pu être consulté par referendum. Et aussi parce que les islandais étaient en dehors de l’Union Européenne et surtout de l’Euro : l’Islande possédait encore sa propre monnaie, n’avait pas transféré à Bruxelles des pans entiers de sa souveraineté et ne s’était pas lié les mains avec des traités européens de Luxembourg, Maastricht, Amsterdam et Lisbonne. Et de ce fait, ils n’ont pas eu à subir les purges des experts du FMI-BCE-Commission Européenne pour des erreurs commises par les banquiers privés (et les régulateurs).

En clair, cela n’a été possible que parce que l’Islande était toujours un pays souverain. Pas étonnant qu’aujourd’hui plus personne ne parle en Islande d’adhérer à l’Euro ni même à l’Union Européenne. Pas étonnant non plus que les médias ne parlent pas trop fort de ce qui se passe chez ces islandais qui refusent les dogmes de la pensée unique européiste…

Nicolas Calbrix, DDJ du Val d’Oise

Des fonctionnaires bouc émissaires

26 avril 2011

« Je suis pour moins de fonctionnaires, mais mieux payés, mieux formés et mieux considérés. Je veux revaloriser le statut des fonctionnaires. »

Nicolas Sarkozy.

Lors de la campagne à l’élection présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy a promis à la fonction publique d’Etat une véritable cure d’austérité en contrepartie d’un statut revalorisé, d’une formation plus adéquate (notamment pour la mobilité) et d’une rémunération réévaluée. Ce programme a constitué un axe majeur de la RGPP, politique visant à réduire les coûts de l’administration par des méthodes importées du toyotisme et le non remplacement aveugle d’un fonctionnaire sur deux.

A l’heure où le dépeçage de la fonction publique arrive à son paroxysme, quelques remarques peuvent être émises :

-          moins de fonctionnaires : les suppressions de poste ont eu lieu dans tous les services de l’Etat, de manière aveugle : police, préfecture, services déconcentrés interministériels, éducation nationale. Georges Tron a annoncé aujourd’hui que ce non remplacement d’un professeur sur deux partant à la retraite dans l’enseignement public sera reconduit jusque 2013 alors que la rentrée 2011 annonce 5000 élèves supplémentaires ;

-          des fonctionnaires mieux payés : le point d’indice de la rémunération des fonctionnaires n’a été que peu revalorisé de 2007 à 2010, d’où une baisse du pouvoir d’achat. Pis, le gouvernement a annoncé un gel du salaire des fonctionnaires pour 2O11 et 2012…..cela se passe de commentaires ;

-          un statut revalorisé : cela a commencé par se traduire positivement par une modification des concours d’accès, pour lesquels les épreuves orales de culture générale ont été remplacées par des épreuves de culture administrative, de motivation, de sens du service public et de mise en situation professionnelle. Cela contribue à rendre plus pertinent le recrutement par concours. Mais le toujours « moins de fonctionnaires » a fait naître des carences de personnels et a accentué le recours aux contractuels. Cette situation n’est pas tolérable moralement et financièrement : le concours doit rester la règle et le contrat l’exception et il est primordial qu’à missions similaires, un contractuel de droit public coûte plus cher à l’administration qu’un titulaire…. Sachant que le recrutement de vacataires est permanent (notamment dans l’éducation nationale) où est la logique ? ;

-          des fonctionnaires mieux formés : cela semble en bonne voie. La multiplication des offres de formation, leur cohérence et la mobilité semblent aller dans ce sens : à suivre.

Cette obsession de Nicolas Sarkozy et de son entourage pour les fonctionnaires met en exergue les méfaits de l’idéologie libérale….les tenants de ces idées, pour qui le travailleur est une marchandise et le salaire un prix comme les autres n’ont d’autre choix que de faire peser sur les épaules des fonctionnaires la responsabilité de la dette publique française…car ils n’ont aucune solution que dresser le privé contre le public…et leur impuissance est démontrée avec près de 16 ans de pouvoir et de destruction du service public.

Des mesures doivent être prises pour adapter la fonction publique à ses missions,  aux finances de l’Etat et aux préoccupations des français mais de manière aveugle et soumise à une idéologie néfaste et dans le but du diviser pour mieux régner. La fonction publique est nécessaire à un état fort et solidaire.

Rémi BERGER

Coordinateur régional DLJ Nord – Pas-de-Calais

Vice président DLJ – projet et débats

Les conflits d’intérêts: la vertu républicaine plus que par la transparence.

22 avril 2011

Jean-François Copé cumule sa fonction de député et celle d’avocat d’affaire. Eric Woerth contrôle les impôts de Liliane Bettencourt en tant que ministre du Budget et les dons de celle-ci à l’UMP en tant que trésorier du parti majoritaire, sans que François Fillon ne trouve de conflits d’intérêts à cette situation. Michèle Alliot-Marie en pleine révolution du peuple tunisien pour sa liberté part en vacances dans le jet privé d’un proche de Ben Ali. Tels sont les derniers soubresauts qui ont poussés le gouvernement à demander aux ministres une « déclaration de transparence ». Un projet de loi réaffirmant « les principes déontologiques » de l’action publique devrait même être présenté en juin en Conseil des Ministres !

Intention ô combien louable. Les Français, confrontés tous les jours aux difficultés sociales et économiques ne peuvent que se sentir trahis de voir certains de leurs dirigeants profiter de leur fonction pour leur situation personnelle. Debout la République avait à ce titre déposé une proposition de loi constitutionnelle interdisant le cumul d’une fonction ministérielle avec celle de trésorier d’un parti.

Pourtant, ce Gouvernement est le roi des intentions louables, inconséquentes, et sans conséquence. Car la règle ne remplace pas plus la vertu que le règlement la pratique. Trop animées par le goût de la réussite professionnelle, certaines élites ont oubliées la différence entre l’exercice d’un « job » et l’exercice d’une fonction au sein de la République. Oublié que si un emploi peut servir à vivre, la fonction politique consiste à être au service de ses concitoyens. Servir plutôt que se servir !

La fonction ministérielle nécessite un dévouement, mais aussi une liberté, une indépendance absolue tant matérielle qu’intellectuelle. Préalable trop souvent mis de côté par des dirigeants habitués à abdiquer la souveraineté et la liberté du peuple français plus vite que leurs ombres pour ne pas abdiquer la leur face à des intérêts privés.

Ces mesures de bon sens du gouvernement, ne seront utiles que si certains de nos dirigeants retrouvent le sens de l’Etat, du service public, et de la République, qui font la grandeur de la France.

Charles Baldini

Le livre de Nicolas Dupont Aignan et sa promotion compromise !!!

19 avril 2011

Ce communiqué reprend en partie le Communiqué de Jean Pierre Antoni, Secrétaire Général de Debout La République.

Chère amie, cher compagnon,

Le dernier livre de notre président dérange !  

Et pour cause L’euro, les banquiers et la mondialisation : l’arnaque du siècle” est un véritable réquisitoire contre la trahison de nos élites politiques, qui ont été promptes à sacrifier la France et la belle idée européenne sur l’autel d’une monnaie de banquiers, qui plonge chaque jour un peu plus le continent dans la faillite économique.

Les déprogrammations de dernière minute de notre président aux émissions Le Grand Journal  de Canal Plus et Semaine Critique sur France 2 en sont la meilleure preuve.

Et pourtant, le livre se vend très bien, si bien, que le jour de sa sortie, il était déjà en rupture de stock !!!

Je vous demande de diffuser le livre de Nicolas Dupont Aignan à toutes les personnes que vous connaissez car ce livre est plein de bon sens, révèle ce qui ne va pas dans le système actuel et NDA propose également beaucoup de solutions simples à mettre en place pour remédier aux problèmes actuels.

Fidèlement gaulliste

Bruno Potier

Secrétaire Général de Debout Les Jeunes

Les deux illusions de Jean-Pierre Chevènement et du MRC.

17 avril 2011

C’est avec énormément d’attention et de plaisir que j’ai lu le livre de Jean-Pierre Chevènement « la France est-elle finie ? ». Il s’agit d’un regard lucide de l’ancien ministre sur son parcours, sur l’évolution de la gauche à propos de la politique européenne et sur l’évolution des autres pays européens. Que ce livre ait reçu le prix du livre politique est une juste récompense qui vient couronner une véritable réflexion d’ensemble très cohérente…même si cela ressemble trop à l’hommage honorifique de ceux qui l’ont combattu et critiqué à celui qui ne représente plus de danger à leurs yeux. Un peu comme les célébrations actuelles de Philippe Seguin ou du général de Gaulle.

Je lis également avec beaucoup d’attention les différents articles publiés depuis quelques temps par Julien Landfried, le secrétaire général du MRC, qui en plus d’avoir une plume très claire et un style appréciable à l’heure du charabia ambiant, écrit des choses extrêmement justes et cohérentes. Ses tribunes sur l’impuissance de la gauche face à la montée du populisme et sur le résultat du FN aux cantonales résument assez bien des positions largement partagées par tous les républicains.

Mais malheureusement, deux illusions fondamentales subsistent dans tous ces écrits de nos amis républicains de l’autre rive. La première illusion porte sur la relation avec l’Allemagne, la seconde sur le rapport entre la gauche et la République.

Concernant la situation européenne, J-P.Chevènement comme J.Landfried proposent, dans un premier temps, de négocier avec l’Allemagne afin de l’amener à adopter une politique plus coopérative dans l’intérêt général européen sur les questions de l’euro, des taux de change, de la politique de taux d’intérêt absurde de la BCE et de la monétisation des dettes. Une fois seulement cette voie épuisée et alors que les pays du Sud seront sortis de l’euro, pour ne pas nous trouver pris en tenaille entre un tête-à-tête mortifère avec l’Allemagne et des économies du Sud qui pratiqueraient la dévaluation compétitive – ce qui il est vrai serait la pire des situations pour la France – alors seulement nous sortirons de l’euro. En clair, la sortie de l’euro n’est que le plan B.

Cette position, outre qu’elle n’effraie pas les grands médias (on ne peut donc pas exclure qu’elle revête un aspect tactique), comporte une certaine part de naïveté. En effet, comment croire que l’Allemagne pourrait changer d’avis sur ces questions fondamentales, alors qu’il s’agit d’une constante dans la politique allemande (autant pour la droite avec Kohl et Merkel que la gauche avec Schmidt et Schröder ) depuis plus de 30 années et que cette politique lui a assuré la prospérité et le retour à la table des grands du monde ? Pour J-P.Chevènement, qui est un fin connaisseur des relations internationales et de l’Histoire, c’est oublier bien vite la réalité profonde des intérêts des Etats…ou peut-être est-ce une croyance un peu aveugle en la solidité relation franco-allemande.

La deuxième illusion porte sur le rapport avec la gauche. L’article de J.Landfried sur la critique du projet PS est sur ce point très symptomatique. Il critique le PS sur ce qu’il manque dans le projet (critique de l’euro, du libre-échange et de la désindustrialisation) et essaye de l’amener à prendre en compte ces questions fondamentales qui se poseront inévitablement au prochain Président de la République, mais oublie de regarder ce qu’il y a vraiment dans ce projet. Ainsi, il oublie de voir qu’il n’y a plus aucun point commun entre la vision républicaine et exigeante défendue par le MRC et la vision social-libérale matinée d’angélisme droits-de-l’hommiste et écologique du PS. Sauf le fait de se dire de gauche…

En fait, J-P.Chevènement et le MRC se voient comme un aiguillon pour ramener la gauche à une position républicaine, un peu comme ils l’avaient fait pour Ségolène Royal en 2007. Le but de leur action, ces derniers mois, semble être d’amener à un sursaut de lucidité de la gauche sur toutes les questions de l’euro, du libre-échange, sur « l’absence de protections face aux effets économiques, sociaux et culturels de la mondialisation » ou même sur les aspirations à la sécurité et à la préservation du modèle français (école, immigration-assimilation, services publics…) des couches populaires. Tous ces problèmes que les républicains comprennent mais que les élites mondialisées ne voient même pas tant elles sont déconnectées de la réalité.

Malheureusement, les républicains de gauche sont des mohicans dans leur propre camp et font figure de vieux sages qu’on aime bien écouter, à qui on témoigne du respect, mais qu’on préfère écarter dès qu’il s’agit de parler vraiment politique et encore plus de gouverner. Dans ce cas, les socialistes préfèrent retrouver les écologistes, les communistes version Mélenchon ou même les centristes prêts à franchir le pas. Alors pourquoi continuer à s’entêter dans cette voie ?

Pourquoi ne pas retenter l’expérience du Pôle Républicain, mais cette fois-ci avec Nicolas Dupont-Aignan pour la présidentielle ? En 2002, de nombreux hommes et femmes de droite avaient rejoint le Pôle Républicain et malgré leur déception d’avoir vu J-P.Chevènement se ranger derrière le PS pour les législatives, beaucoup seraient prêts à retenter l’expérience. Comme en 2012, la véritable ligne de fracture passera entre les républicains nationaux et les démocrates mondialistes, il est tant que se réforme et s’organise un véritable pôle républicain afin de peser dans les futures échéances si on ne veut pas que ce soit Marine Le Pen qui récupère la République comme son père a récupéré la Nation il y a 30 ans. L’autre camp a déjà ses dignes représentants avec N.Sarkozy et D.Strauss-Kahn et ses idiots utiles…

Par Nicolas Calbrix, Délégué Départemental Jeunes du Val d’Oise 

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/04/14/la-politique-de-l-autruche-du-parti-socialiste-sur-l-euro_1506886_3232.html

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/03/30/la-remontee-du-fn-n-est-pas-le-resultat-d-une-manipulation-sarkozyste_1500289_3232.html

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/politique/20110406.OBS0825/2012-un-projet-ps-deconnecte-de-la-realite-selon-les-chevenementistes.html

http://www.marianne2.fr/La-gauche-mal-armee-face-au-populisme-lepeniste_a203889.html

Laïcité, la stratégie du crocodile

10 avril 2011

Après des semaines de polémiques, le débat voulu par le Président et organisé par Copé sur la laïcité a eu lieu mardi dernier. L’UMP en a donc débattu en présence d’un gros tiers du gouvernement et surtout, en présence du Tout-Paris médiatique qui y attendait un nouveau « dérapage ». Mais, comme on pouvait s’y attendre, de dérapage, il n’y en a pas eu pour une seule et bonne raison, c’est que l’UMP s’est couché sur la laïcité face à la pression médiatique.

En effet, après tout ce que nous avons entendu sur la nécessité d’un tel débat, on pouvait s’attendre à ce que l’UMP prenne des positions fortes sur le respect et la défense de la laïcité, pilier de notre République, des positions qui heurteraient la bien-pensance médiatique et seraient donc comme telles, qualifiées de « dérapages ». On peut même dire que le fait d’être qualifiée de dérapage est un gage de proposition réellement républicaine. Mais non, l’UMP a produit un texte que SOS Racisme, LICRA et le CRAN pourraient signer à deux mains. Un texte qui, à le regarder de plus près, est un véritable recul pour la laïcité républicaine au profit de la très sarkozyste laïcité positive.

Après un rappel à la loi et un éloge des décisions prises antérieurement par l’UMP, le texte attaque fort, avec 3 propositions visant à rappeler l’attachement au principe, faire un recueil de tous les textes existants et créer un code de la laïcité. Cela peut avoir son utilité pratique mais on ne voit pas l’utilité de débattre pour arriver à un rappel à la loi ! La suite du document continue dans la même veine entre rappel à la loi et propositions visant à s’assurer que la loi soit appliquée et autres actions de pédagogie. Toutes ces propositions reviennent quand même à acter qu’aujourd’hui la loi est bafouée par des demandes communautaires dont les détails sont plus que lisibles entre les lignes : dispenses de cours de sport ou refus d’apprendre certaines parties de l’Histoire, refus de certaines femmes se faire soigner par un médecin homme, demande de dérogations pour motif religieux à l’Ecole, d’aménagements dans les entreprises ou dans les services publics…

Plutôt embêtant pour l’UMP et le gouvernement qui tous les jours nous annoncent qu’ils combattent le communautarisme et refusent tout accommodement raisonnable. Sachant qu’ils ont eu tous les pouvoirs nécessaires à la mise en place de ces propositions depuis presque 10 années et qu’ils ne proposent de les appliquer qu’après 2012, on peut douter de la volonté du parti majoritaire de vraiment appliquer un jour la loi…sans parler du fait qu’en 2012, il y a des élections pour lesquelles la tendance n’est plutôt pas favorable.

Mais en continuant la lecture, on arrive sur la partie vraiment intéressante intitulée « Liberté religieuse et lieux de culte ». Pour en résumer les propositions, il s’agit tout simplement de sécuriser les dons de terrain réalisés par baux emphytéotiques à option d’achat, de faciliter les constructions en garantissant les emprunts par les collectivités locales (quid du jour où l’Etat aurait vraiment à payer ?) et enfin de faciliter le fonctionnement des associations cultuelles en rénovant les dispositions juridiques applicables. La seule contrepartie est une meilleure transparence des fonds provenant de la collecte auprès des fidèles et des fonds étrangers.

Heureusement qu’en préambule l’UMP précisait qu’elle ne voulait pas remettre en cause « le principe de séparation des Églises et de l’État et, par conséquent, le principe selon lequel la République ne finance pas la construction de lieux de culte » car sinon on aurait pu croire à la lecture de ce document que cela était déjà fait. A la lecture de ce texte, on peut légitimement se demander si le but véritable de cette convention n’était pas de faire passer en catimini, couvert par le battage médiatique, le financement indirect par l’Etat des nouveaux lieux de culte.

Encore une fois, l’UMP joue la stratégie du crocodile (grande gueule, petits bras) en remettant toujours à demain ce qu’ils sont en capacité de faire aujourd’hui ou pire dans le cas présent, en faisant passer dans les détails, le contraire de ce qu’ils annoncent dans les discours. Comme lorsque le Président reconnait que le multiculturalisme est un échec mais continue à célébrer la diversité et que l’Education Nationale fait de plus en plus place aux cultures d’origine étrangères dans les programmes [1]. Comme lorsqu’il dénonce les échecs de l’intégration (on parle même plus d’assimilation) mais continue dans sa politique migratoire et s’en félicite. Comme lorsqu’il prétend combattre l’insécurité en supprimant des postes de policiers et gendarmes, en laissant les juges faire de la politique au tribunal et en ne faisant plus exécuter les peines de prison inférieures à 2 ans [2] pour ne pas avoir à construire des places de prison. Comme lorsqu’il dénonce l’euro fort et la désindustrialisation et qu’il va à Bruxelles signer un pacte de compétitivité avec l’Allemagne et qu’il met en place des mécanismes de sauvetage qui nous enferment toujours plus dans ce carcan déflationniste. On pourrait multiplier les exemples où les discours forts ne sont jamais suivis d’actes forts ou même sont suivis d’actes complètement contraires.

Tout cela donne aux Français le sentiment que plus rien n’est possible, que la politique ne sert plus à rien, qu’ils sont dépossédés de leur pouvoir de choisir par les partis de gouvernement. Et cela les pousse bien plus efficacement dans les bras de Marine Le Pen que tous les prétendus décontaminateurs de la pensée lepéniste que la pensée unique veut nous jeter en pâture. En refusant de défendre une vraie laïcité républicaine telle que définie par la loi 1905, l’UMP laisse la place au FN pour la récupérer et ainsi réaliser un hold-up sur la République, comme celui de la Nation dans les années 80.

Sur la laïcité à laquelle les français sont très attachés par l’Histoire de notre pays, l’UMP et le Président n’ont toujours rien compris. Ils n’ont pas compris que les Français ne voulaient pas de débat parce qu’il n’y a rien à débattre (à moins de proposer le changement notre République tout entière) ou plutôt qu’il n’y a rien à négocier. La laïcité est un pilier de la République sur quel les Français ne veulent qu’aucune concession ne soit faite. Ils veulent que la loi s’applique, toute la loi, rien que la loi  et que ceux qui s’y opposent y soit contraints.

Nicolas Calbrix

[1] Exit Louis XIV et Napoléon au bénéfice de civilisations africaines

[2] loi votée en 2009, qui instaure les peines dites « alternatives », rarement appliquées comme le port du bracelet ou totalement symboliques comme 15 heures de travaux d’intérêt général