Front de gauche contre Front National, ou l’impasse de deux partis prétendument antisystème
2 mars 2012
Un début de campagne digne de la cour de maternelle
Après une première partie de campagne s’apparentant à une cour de récréation, François Hollande qualifiant Nicolas Sarkozy de « sale mec », ce dernier le traitant à son tour de menteur, les deux élèves semblent avoir entendu la sonnerie marquant le retour en classe, l’heure étant à la confrontation des projets. Or, c’était sans compter avec la Présidente du Front National et le coprésident du Parti de gauche, respectivement Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.
Le non-débat
Ces deux candidats se déclarant antisystème étaient invités à débattre sur le plateau de Des paroles et des actes jeudi dernier sur France 2. Depuis lors, tout le monde sait qu’il n’y a pas eu de débat, Marine Le Pen refusant catégoriquement d’échanger avec Jean-Luc Mélenchon, attitude qui peut d’ailleurs se comprendre non seulement de par le fait qu’elle est en procès avec lui, mais aussi puisqu’il semblerait que ce débat avec le candidat du Front de gauche lui ait été imposé selon ses dires. Ainsi, plutôt que de confronter leurs points de vue, les deux protagonistes se sont livrés à une pitoyable prestation, Marine Le Pen adoptant une attitude condescendante à l’égard de son adversaire, lequel était lui-même particulièrement agressif. Au final, ni l’un ni l’autre ne sont sortis vainqueur de ce non-débat.
L’idiote utile du système
Marine Le Pen, qui défend pourtant un programme économique intéressant, semble ne pas être libre. En effet, candidate au nom d’un parti politique qui existe depuis bientôt 40 ans, la candidate frontiste est prisonnière de ce dernier de par ses ambiguïtés qui découlent en grande partie des propos tenus par son père qu’elle n’a d’ailleurs jamais démenti. Qui plus est, cette façon, pour ne pas dire cette volonté de monter les français les uns contre les autres est très propice à une exaltation du communautarisme qu’elle prétend pourtant combattre comme on l’a vu récemment avec l’affaire de la viande halal.
En outre, Marine Le Pen semble rencontrer de sérieuses difficultés quant à la recherche des 500 signatures, puisqu’elle annonçait hier soir sur le plateau du J.T de France 2 en avoir récolté seulement 452. Cela n’a rien d’étonnant tant on sait les pressions exercées par l’Elysée sur les maires afin que ceux-ci ne parrainent pas les petits candidats de droite, y compris la candidate du Front National. Toutefois, cette dernière menace clairement de faire perdre Nicolas Sarkozy si elle ne pouvait se présenter à l’élection présidentielle, mais aussi à faire battre les candidats UMP aux élections législatives si celui-ci venait à être élu. Implicitement, en partant de l’hypothèse qu’elle soit en mesure de se présenter au premier tour et que Nicolas Sarkozy se qualifie pour le second, on peut légitimement penser que la candidate du Front National fera en sorte de favoriser l’élection de ce dernier, quitte à appeler à voter pour lui afin de faire battre François Hollande. Au fond, tous ces éléments portent à croire qu’elle est, malgré elle, la meilleure alliée de l’Union pour le Maintien Perpétuel du Système.
Le vrai visage du rabatteur du Parti « Socialiste »
Les objectifs de Jean-Luc Mélenchon sont clairs : défendre la classe ouvrière et faire gagner la gauche. Mais de quelle gauche parle-t-on ? S’agit-il d’une gauche fière de ses valeurs ou bien d’une gauche caviar-molle incarnée par François Hollande et qui n’en est pas une ? Le plus inquiétant dans tout cela est que le candidat du Front de gauche oublie complètement la France. Celui qui se dit attaché à la République souhaiterait donc faire gagner une partie seulement de son peuple. Or, c’est bien ce que recherche le système. Faire gagner une partie des français en l’opposant à l’autre est la meilleure solution pour que celui-ci perdure. A l’inverse, et contrairement à la basse stratégie de Mélenchon, seul un rassemblement de tous les français tel qu’il est proposé par Nicolas Dupont-Aignan permettra d’y mettre fin. En outre, le fait d’appartenir au Grand Orient de France, obédience maçonnique libérale, ne peut qu’attester l’idée selon laquelle il est – malgré ce qu’il ne prétend pas être – un candidat du système.
Concernant son programme, celui qui prétend être contre le monde de la finance est pourtant pour la conservation de la monnaie unique. Or, il est évident de constater que l’euro n’est ni plus ni moins que la monnaie des banquiers – celle qui leur permet de s’enrichir plus encore – pas celle des peuples ! A cela, il faut ajouter l’absence de toute proposition tendant à un protectionnisme européen tel que celui proposé par Nicolas Dupont-Aignan, protectionnisme qui est pourtant la seule solution pour relocaliser un million d’emploi en France. Jean-Luc Mélenchon nous promet de belles choses certes, mais il ne veut pas changer le cadre général de l’action politique, à l’image d’Hollande, Bayrou, et Sarkozy pour ne citer que les plus importants.
Enfin, rappelons ce qu’il s’est passé devant l’ambassade de Grèce à Paris. Jean-Luc Mélenchon et Olivier Besancenot, accompagnés de leurs militants, manifestaient devant l’ambassade de Grèce en signe de protestation contre l’instauration d’un nouveau plan de rigueur. Nicolas Dupont-Aignan a également voulu s’y rendre. Jusque-là, rien de bien étonnant pour le seul candidat à l’élection présidentielle à s’être rendu en Grèce pour soutenir le peuple, mais aussi pour celui qui a toujours voté non aux soi-disant « plans d’aides » accordés à ce pays et au Mécanisme Européen de Stabilité (M.E.S), qui n’est ni plus ni moins que la confiscation de la souveraineté budgétaire dont dispose le Parlement français. Pourtant, Nicolas Dupont-Aignan s’est sérieusement fait chahuter par les militants présents, ces derniers lui lançant « Pas de souverainiste ici ! », allant même jusqu’à l’insulter de facho et de nazi. Bien que MM. Mélenchon et Besancenot ne soient pas responsables des propos de leurs militants, ceux-ci ne se sont même pas exprimés sur l’incident, ce qui est profondément regrettable. Que ceux qui prétendent défendre les peuples victimes des plans d’austérité aillent en Grèce pour se rendre réellement compte de la situation, alors même que ce sont eux les meilleurs alliés du système capitaliste sur lequel ils tapent à longueur de journée.
En définitive, on voit un homme et une femme candidats à l’élection présidentielle se présentant comme étant opposés au système. Pourtant, force est de constater qu’ils finissent par se heurter à leurs propres contradictions, l’un de par son attitude de rabatteur pour le candidat Hollande, l’autre de par sa peur viscérale de voir la gauche gagner, quitte à soutenir Nicolas Sarkozy au second tour. Un Front peut donc en cacher un autre. Mais, ne nous y trompons pas. Un front est là pour contrer, le rassemblement pour unir. C’est toute la dimension de la candidature de Nicolas Dupont-Aignan à l’élection présidentielle : rassembler les français pour qu’ils puissent à nouveau se sentir dans un pays enfin libre !
Flavien Goulisserian
Délégué départemental jeune de Saône-et-Loire




