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Maastricht reste bien l’anti-1789

8 mai 2011

L’Arnaque du Siècle, le dernier livre de Nicolas Dupont-Aignan est un véritable réquisitoire contre le système mis en place autour de l’Euro. Il y démonte les idées fausses qui entourent cette monnaie unique comme celui très ancré du mythe de l’Euro protecteur ou encore celle de l’Union fait la force. Il met en lumière les vices de cette monnaie unique appliquée à des économies différentes qui amène à un alignement de la politique européenne sur la puissance dominante et donc à une perte d’indépendance de notre pays. Il revient sur les promesses (ou plutôt les incantations) des tenants du Oui en 1992 avec le recul, cela est plutôt risible. Il dénonce également le scandale de l’Agence France Trésor où les conseilleurs sont à la fois juge et partie. Il y démontre comment la privatisation de la création monétaire a profité aux banques et comment l’Euro est devenu pour eux une poule aux œufs d’or qu’ils ne veulent surtout pas abandonner. Il propose enfin une méthode pour sortir l’Euro de notre pays (et non pas l’inversion) afin de pouvoir mener une véritable politique économique dans l’intérêt des français. Vous trouverez tout cela dans le livre de NDA.

Mais en lisant ce livre, j’ai eu envie de relire le discours du 5 mai 1992 de Philippe Seguin à l’Assemblée Nationale, celui où il parlait de Maastricht comme de l’anti-1789. Et force est de constater que 19 années après, ce texte garde toute sa force, sa pertinence et toute son actualité. Tout ce que le leader du Non à Maastricht avait annoncé s’est produit et nous voyons aujourd’hui les méfaits « d’un fédéralisme au rabais fondamentalement anti-démocratique, faussement libéral et résolument technocratique ». Nous pouvons également constater aujourd’hui que cette Europe qui « n’est ni libre, ni juste, ni efficace » et qui « enterre la conception de la souveraineté nationale et les grands principes issus de la Révolution » nous contraint à l’abandon de « la possibilité de conduire une politique économique qui nous soit propre. ». Il dénonçait déjà « la prime de compétitivité » qu’on donnait à l’Allemagne en figeant le taux de change entre le mark et le franc, ce qui amène à un dépeçage du tissu industriel français par l’Allemagne comme l’a si bien montré Christian Saint Etienne dans son livre « la fin de l’Euro ».

Il dénonçait déjà à l’époque cette Europe technocratique, antidémocratique et à vocation fédéraliste « que d’Acte unique en règlements, de règlement en directives, de directives en jurisprudence, la construction européenne se fait sans les peuples, qu’elle se fait en catimini, dans le secret des cabinets, dans la pénombre des commissions, dans le clair-obscur des cours de justice » et « que toute une oligarchie d’experts, de juges, de fonctionnaires, de gouvernants prend, au nom des peuples, sans en avoir reçu mandat des décisions dont une formidable conspiration du silence dissimule les enjeux et minimise les conséquences » et avait bien compris que « la monnaie unique est, elle, le vrai, le puissant mécanisme par lequel se réalisera non seulement l’intégration économique mais aussi finalement l’intégration politique. » Exactement ce qui est en train de se produire avec le pacte de compétitivité Sarkozy-Merkel et la mise sous tutelle des pays les plus déficitaires. Exactement ce qui se passe au Portugal où le plan d’aide accepté par un gouvernement chargé d’exécuter les affaires courantes s’imposera au gouvernement qui sortira des urnes en juin.

Nous entendons aujourd’hui tous les fédéralistes eurobéats nous dire qu’il faut plus d’Europe pour sortir de la crise de l’Euro. Exactement le piège que rejetait P.Séguin qui avait bien compris que le but véritable de la méthode communautaire qui « en présentant chaque abandon parcellaire comme n’étant pas en soi décisif, on peut se permettre d’abandonner un à un les attributs de la souveraineté sans jamais convenir qu’on vise à la détruire dans son ensemble ». C’est « par tactique que, depuis l’échec de la C.E.D. en 1954, les idéologues du fédéralisme et les eurocrates cherchent à dissimuler leur dessein politique sous le manteau de la technique ». Et on peut même ajouter que depuis le Non au TCE, les eurocrates sont encore plus prudents en ne disant pas leurs projets finaux mais aussi en ne passant plus du tout par le peuple (comme pour le traité de Lisbonne) ni même par les parlements nationaux comme le permet désormais ce traité de Lisbonne (les fameuses clauses passerelles qui ne sont pas encore utilisées mais ce qui ne saurait tarder).

Il avait bien compris où nous menait cette intégration européenne sur le plan économique avec cette politique « monétarienne qui est synonyme de taux d’intérêt réels élevés, donc de frein à l’investissement et à l’emploi et d’austérité salariale. Notons à ce propos l’hypocrisie fatale qui consiste à parler de « franc fort » lorsque le refus de la dévaluation se paie du blocage de l’investissement et de l’explosion du chômage. C’est très exactement la réédition de la «politique du bloc-or » qui a conduit l’industrie française à la crise au cours des années trente ». 19 ans après, c’est toute l’Europe (sauf l’Allemagne et quelques autres pays du Nord) qui est prise au piège de cette politique du franc fort devenu l’Euro fort qui se décide toujours à Francfort.

Il était également lucide sur l’intégration européenne qui se fait contre les Nations et donc sur l’avenir qui était promis à la France et aux autres pays européens : « on remplacera les quelques frontières nationales existantes par une multitude de frontières locales invisibles mais bien réelles. On formera de petites provinces là où il y avait de grands États avec autant de communautés crispées sur leurs égoïsmes locaux. On laissera les régions riches devenir toujours plus riches et les pauvres devenirs toujours plus pauvres. On confiera les affaires à des notables que le gouvernement fédéral, du fait de son éloignement et de son manque de légitimité, ne pourra contrôler, pas plus que ne pourront le faire les gouvernements nationaux politiquement affaiblis et limités dans leurs compétences. Ce sera le grand retour des féodalités… ». Comment ne pas voir qu’aujourd’hui ce mécanisme est à l’œuvre en Belgique, en Espagne, en Italie mais aussi dans les autres pays comme la France avec le développement des grandes Régions qui se passent de l’Etat. Comment ne pas voir que tout cela entame la cohésion nationale (et beaucoup d’inconscients continuent à jouer l’Europe contre la France), créer des dissidences internes (et donc le retour des grands féodaux) et du repli sur soi (et donc du communautarisme et/ou de l’individualisme).

Il réfutait déjà les arguments que les eurobéats continuent à nous servir en boucle : « il nous faut faire l’Europe, donc il nous faut concéder une partie de notre souveraineté. Comme si cette relation causale allait de soi ! Comme si le respect des souverainetés interdisait la coopération, l’ouverture, la solidarité ! Comme si les États souverains en étaient fatalement réduits à un splendide isolement et condamnés à une politique frileuse de repliement sur soi ! ». Et  dénonçait déjà le « conformisme ambiant, pour ne pas dire le véritable terrorisme intellectuel qui règne aujourd’hui, disqualifie par avance quiconque n’adhère pas à la nouvelle croyance, et l’expose littéralement à l’invective. Qui veut se démarquer du culte fédéral est aussitôt tenu par les faiseurs d’opinion au mieux pour un contempteur de la modernité, un nostalgique ou un primaire, au pire pour un nationaliste forcené tout prêt à renvoyer l’Europe aux vieux démons qui ont si souvent fait son malheur. » C’était il y a près de 20 ans mais rien ne semble avoir changé…La tyrannie des bien-pensants est plus que jamais à l’œuvre sur l’Europe et l’Euro avec l’argument choc désormais de « faire le jeu du FN ».

Il craignait que la construction européenne n’amène à ce que « les sentiments nationaux, à force d’être étouffés, ne s’exacerbent jusqu’à se muer en nationalismes et ne conduisent l’Europe, une fois encore, au bord de graves difficultés, car rien n’est plus dangereux qu’une nation trop longtemps frustrée de la souveraineté par laquelle s’exprime sa liberté, c’est-à-dire son droit imprescriptible à choisir son destin » comme une annonce prémonitoire de la vague, que les médias appellent populiste qui traverse actuellement l’Europe et qui risque de mener à des résultats très surprenants en 2012. Encore plus prémonitoire est sa définition de l’identité « on parle de l’identité lorsque l’âme est déjà en péril, lorsque l’expérience a déjà fait place à l’angoisse. On en parle lorsque les repères sont déjà perdus ! La quête identitaire n’est pas une affirmation de soi. C’est le réflexe défensif de ceux qui sentent qu’ils ont déjà trop cédé ». Cela explique un peu mieux pourquoi l’identité nationale a fait son apparition dans le débat et en fera encore partie tant que la France n’aura pas retrouvé sa souveraineté.

En 1992, un gaulliste social avait tout annoncé, tout décrit, tout compris. Pourquoi cette vision lucide de ce qui allait se passer n’a pas été entendu ? Pourquoi les intrigants, les girouettes, ceux toujours prêts au compromis pour ne pas dire compromission ont-ils gagné? Pourquoi les peuples ont laissé s’imposer ce totalitarisme mou si contraire à leur intérêt? Je ne me l’explique toujours pas. Par contre, la relecture de ce discours m’a permis de m’expliquer une chose car Philippe Seguin le terminait en disant que « oui, nous voulons l’Europe, mais debout, parce que c’est debout qu’on écrit l’histoire ! ». Je m’explique désormais pourquoi notre mouvement a été nommé Debout La République.

Nicolas Calbrix

L’échec de la stratégie du parti unique de la droite et du centre

5 mai 2011

Les élections cantonales étaient le dernier test intermédiaire avant les échéances de 2012. Et comme les 2 précédentes élections, le résultat est sans appel pour l’UMP : une défaite très sévère avec un recul constant de l’influence du parti unique dans les différents départements et auprès des français. L’exception du Val d’Oise qui a été reconquis (et que je connais bien), est plus un épiphénomène lié à la politique locale (gauche minoritaire et divisée sur Argenteuil, droite élargie dans l’UVO…) qu’une tendance de fond de reconquête UMP.

Le constat est même pire que les 2 précédents tests où l’UMP avait fait illusion. En 2009, le mode de scrutin avait permis à l’UMP de sortir gagnant des européennes en jouant à fond sur l’union au premier tour dans un scrutin qui n’en compte qu’un mais en ne réunissant que 29% des français. En 2010, la triste performance de 2004 avait permis de ne pas voir une dégradation supplémentaire. Cette année, pas de biais statistique ou lié au mode de scrutin, et le recul se voit comme le nez au milieu de la figure. Avec 19% des voix, l’UMP fait moins de voix que le défunt RPR au premier tour. Et comme il n’y a plus d’autres partis de droite qui participent à l’union de la droite et du centre, le parti unique sombre et devient minoritaire.

Le politologue Dominique Reynié estime qu’avant les cantonales, la droite avait perdu plus de 1000 positions locales depuis 1995 dont une très grande partie après 2002. Et ces élections cantonales ont encore aggravé la situation. La stratégie du parti unique mène à un recul généralisé pour la droite parlementaire en terme d’élus mais également à une division de la droite sans aucune possibilité d’alliance qui fait le jeu de la gauche : le FN supplante l’UMP dans bons nombres de circonscription où l’électorat populaire ne croit plus aux promesses non suivies d’actes du président et du parti unique, les opposants de droite (sous l’appellation très large des DVD) reprennent des bastions à l’UMP ou la font perdre dans certains cas car aucune alliance n’est possible avec un parti qui se veut hégémonique, la gauche partout domine alors qu’elle est minoritaire dans le pays… La situation est à tel point catastrophique que la majorité sénatoriale est menacée en septembre et que si la droite perd en 2012 la présidentielle et les législatives qui suivent, la France sera entièrement à gauche.

Le constat est très sévère pour cette stratégie du parti qui n’a fait que marquer un recul de l’influence de la droite mais pour comprendre l’ampleur de la catastrophe, il faut revenir à 2002 et sa création par J.Chirac. Il profite de l’occasion du Front Républicain qui se constitue au second tour sur son nom pour unifier la droite et le centre. Les objectifs sont multiples et surtout politiciens : réduire le pouvoir de nuisance de l’UDF qui a toujours été le cailloux dans la chaussure du RPR, asseoir son emprise politique sur tous les courants de la droite et du centre, éviter les dissidences et l’éparpillement des voix qui ont fait de la droite « la machine à perdre » ou « la droite la plus bête du monde » depuis les années 80, se mettre à l’abri du risque FN en s’assurant un socle important au premier tour… D’ailleurs beaucoup de dirigeants des 2 grands partis (RPR et UDF) avaient théorisé ce parti unique. Le mythe du bipartisme américain n’y étant pas étranger pour certains. Au final, le RPR et Démocratie Libérale se fondent dans l’UMP, le Forum des Républicains sociaux et le Parti Radical sont des partis associés et les deux tiers des députés UDF rejoignent la nouvelle formation.

L’union des gaullistes, centristes et libéraux a bien eu lieu et d’autant plus facilement que pendant les années 90, Chirac avait entrepris de totalement « rénové » le RPR afin de ne plus connaitre l’ostracisme médiatique des années 80 et avoir une chance de gagner la présidentielle. A la fin du 20ème siècle, le RPR est totalement udfisé sur ce qui faisait les grandes lignes historiques du mouvement gaulliste : ralliement au libéralisme économique, au libre-échange façon OMC, acceptation des concessions sur la souveraineté nationale avec l’Acte Unique, Schengen, Maastricht et Amsterdam, acceptation de toujours plus d’intégration européenne dans la logique fédéraliste de Monnet, retour dans l’OTAN (qui avait été envisagé par Chirac en 1996), effacement de l’Etat devant la société civile, immigrationnisme pour être en accord avec les droits-de-l’hommisme médiatiques et les aspirations économiques du MEDEF…

Ce nouveau parti, s’il est bien le symbole de la victoire idéologique des centristes et des libéraux sur les gaullistes (comme le montre l’abandon de presque tous les signes gaullistes à partir de 2002) marque aussi un tournant dans l’histoire de la droite et du centre, un tournant que C.Pasqua (qui a souvent le don de trouver des formules justes) a qualifié « d’Union dans le rétrécissement ». Car avec la parti unique, le programme devient aussi unique, les investitures deviennent aussi uniques. Tout cela fait que petit à petit toute diversité idéologique est bannie du parti, toute nouvelle tête est systématiquement écartée par les sortants…

Et donc de fait, toute position divergente, même au sein de la droite et du centre, est rejetée dans l’opposition. On le voit bien avec F.Bayrou depuis 2002, Nicolas Dupont-Aignan et D.de Villepin depuis 2007, J.L.Borloo désormais…surtout quand le chef du parti unique fonctionne aussi fortement sur un mode « avec moi ou contre moi ». La stratégie du parti unique à la mode Sarkozy amène l’UMP à se rétrécir de plus en plus et à devoir gagner seule contre tous, y compris contre des électeurs de son propre camp. Quand en plus la stratégie est à ce point embrouillée (discours très droitier après avoir fait l’ouverture, actes qui ne suivent en rien les annonces, gages donnés aux opposants contre ses propres électeurs, non-remise en cause du cadre contraignant de l’Euro, de l’Union Européenne et de l’OMC qui empêche toutes marges de maoeuvres…), il ne faut pas s’étonner que l’électorat se rétrécisse…

Avec un tel rejet du chef de l’Etat et avec cette stupide stratégie du parti unique, le véritable risque des échéances de 2012 est que la droite perde ces élections alors qu’elle est majoritaire dans le pays. Et une défaite signifierait un très grand danger pour la droite parlementaire qui, après avoir perdu presque tous les pouvoirs locaux, en viendrait à abandonner le gouvernement de la France. Cela la mettrait sur un pied d’égalité avec le FN pour représenter l’opposition à cette gauche ultra-dominante mais minoritaire…

Mais la nature ayant horreur du vide, petit à petit, la stratégie du parti unique est en train de s’effondrer. Les résultats des élections cantonales l’ont fort bien montrés à plus de 14% pour les DVD dont une grande partie ont fait leurs résultats contre un UMP. Les centristes reprennent également leur autonomie petit à petit et des collectifs dont celui très intéressants de la Droite Populaire se constitue pour aller dans des sens opposé. En fait, seul le soutien à N.Sarkozy (et la perspective de perdre les investitures pour les législatives) tient encore ce parti éclaté entre une aile européo-centriste, une aile libéral-conservatrice et une aile gaulliste. Comme par hasard, les trois familles qui avaient présidé à la constitution de l’UMP et qui n’y trouvent plus leur compte.

Il faut espérer que la recomposition de la droite ait lieu rapidement avant que ce ne soit une décomposition et Debout la République aura toute sa place à prendre dans cette recomposition en défendant les valeurs gaullistes, républicaines et sociales auxquelles nous sommes tant attachées.

Nicolas Calbrix

Délégué DLJ Val d’Oise

L’exemple islandais ou comment la souveraineté gardée d’un peuple lui permet de traverser les épreuves

2 mai 2011

Nos cousins du Nord sont en train de nous donner une belle leçon de démocratie et de retour du politique dans l’indifférence totale des médias et le silence de nos élites. Et pour cause, ils font preuve d’une indépendance que nous avons volontairement abdiquée et qu’il serait cruel de nous rappeler. Et ils nous montrent une voie pour la sortie de crise contraire à tous les dogmes européistes.

 Mais revenons au commencement, en 2008, l’économie islandaise qui avait basé son développement fulgurant de la dernière décennie sur un secteur bancaire atrophié (les avoirs des banques représentaient 10 fois le PIB), est au bord de la faillite. La crise financière entraine la chute des grandes banques du pays et le pays décide de les nationaliser. Mais contrairement à celui de l’Irlande, le gouvernement choisit de ne pas les renflouer et les laisse faire faillite tout en garantissant les dépôts des seuls islandais. Le pays subit un choc très rude, la couronne se dévalue fortement (au point d’envisager d’entrer dans l’Union Européenne et l’euro), le PIB accuse un fort recul ce qui conduit le gouvernement à formuler une demande d’aide auprès du FMI et de la Russie afin de boucler les fins de mois difficiles. Après avoir passé la phase la plus aiguë de la crise, le gouvernement de centre-droit est obligé de démissionner pour laisser place à une alliance de gauche.

Dans cette tourmente bancaire, bon nombre de britanniques et de néerlandais (et plus particulièrement des fonds de pension gérant leur retraite) ont perdu près de 4 milliards dans la faillite d’Icesave. Devant cela, leurs gouvernements respectifs ont garanti les fonds (en clair les ont remboursés sur le budget de l’Etat) et se sont retournés contre le gouvernement de Reykjavik pour obtenir un remboursement de l’Etat islandais. Les gouvernements – dont le nouveau gouvernement islandais de gauche fraichement élu sur le refus du peuple de payer pour la crise des banques – se mettent d’accord sur un plan de remboursement 3,8 milliards d’euros, ce qui représente tout de même 40% du PIB islandais…pour rembourser les clients britanniques et néerlandais d’une faillite d’une banque en ligne opérant principalement à l’étranger !

Après un premier texte souple (avec des remboursements indexés sur le PIB) voté, le Parlement vote, sous la pression de la Commission Européenne, un second plan plus dur qui forcera tous les islandais à se serrer la ceinture jusqu’en 2024 avec une ponction d’environ 100 euros par mois pour tous les islandais…Les citoyens ne l’entendent pas de cette oreille et devant la pression populaire (une pétition est signée par 60 000 islandais soit près d’une personne sur 5), le Président décide de ne pas promulguer la loi et organise un referendum en mars 2010 dont le résultat est bien entendu négatif (à 93%). De nouvelles négociations avec l’Angleterre et les Pays-Bas aboutissent à un accord plus avantageux pour l’Irlande, qu’encore une fois le Président refuse de promulguer et qui est à nouveau rejeté par referendum le 9 avril 2011 à plus de 60%. Le message est clair : les islandais refusent de payer pour les folies bancaires et ses injustices (privatisation des bénéfices, socialisation des pertes).

Durant cette campagne référendaire, les mêmes arguments ont été utilisés qu’ici en 2005 pour défendre l’euro et l’Union Européenne : il en serait fini de la crédibilité de l’Islande, des relations avec les Pays-Bas et l’Angleterre et avec toute l’Europe, l’Islande serait isolée et mise à l’écart, elle ne pourrait pas s’en sortir toute seule…Bref, toujours la même ritournelle des défaitistes qui n’osent pas penser autrement que comme leurs maîtres. Et pourtant, qu’est-ce qui justifierait que les contribuables islandais soient ponctionnés pour renflouer des investisseurs étrangers dont les placements risqués dans une banque se seraient écroulés ?

L’Histoire en a dit autrement : les référendums ont rejeté massivement les plans de remboursement et l’Islande n’a pas été mise au ban des nations, l’Angleterre n’a pas déclaré la guerre à ce membre de l’OTAN et le peuple islandais a gardé sa fierté et son indépendance. Ils ont donc pris collectivement une décision justifiée moralement et économiquement. Les islandais ont même choisi pour sortir de l’impasse où l’avait menée sa classe politique, d’élire une assemblée constituante qui sera chargée d’établir une nouvelle constitution et de statuer sur la question primordiale des transferts des pouvoirs souverains aux organisations internationales.

Côté économie, la situation s’est franchement améliorée : bien sûr, les islandais ont vécu une période difficile avec une forte chute du PIB mais depuis quelques temps et grâce à la dévaluation de la couronne, les exportations repartent et le PIB croit de nouveau. Le secteur financier est revenu à une taille normale et surtout le coût du sauvetage n’a pas plombé le budget de l’Etat ni le système social du pays.

L’Islande a appliqué ce qui doit être fait pour sortir de la crise de la dette : refus du soutien aveugle aux banques, refus des purges (ce qui ne veut pas dire dépenser à tout va l’argent public ni se dispenser de mettre de l’’ordre dans le modèle social comme il y en aura besoin en France) qui ne font qu’aggraver le mal, refus de la politique déflationniste qui alourdit le poids de la dette, restructuration de la dette , contrôle temporaire des capitaux, acceptation d’une inflation supérieure au 2% allemand et surtout dévaluation afin de relancer l’économie et pouvoir rembourser la dette. Les Islandais, contrairement aux irlandais, ont choisi de laisser tomber les banques plutôt que leur peuple… la démonstration même qu’une alternative à la politique de Messieurs Trichet, Barroso et Strauss-Kahn est possible.

Mais tout ceci n’a été possible que parce que leur Président est d’abord un homme très respectable et respectueux de la volonté populaire et que le peuple a pu être consulté par referendum. Et aussi parce que les islandais étaient en dehors de l’Union Européenne et surtout de l’Euro : l’Islande possédait encore sa propre monnaie, n’avait pas transféré à Bruxelles des pans entiers de sa souveraineté et ne s’était pas lié les mains avec des traités européens de Luxembourg, Maastricht, Amsterdam et Lisbonne. Et de ce fait, ils n’ont pas eu à subir les purges des experts du FMI-BCE-Commission Européenne pour des erreurs commises par les banquiers privés (et les régulateurs).

En clair, cela n’a été possible que parce que l’Islande était toujours un pays souverain. Pas étonnant qu’aujourd’hui plus personne ne parle en Islande d’adhérer à l’Euro ni même à l’Union Européenne. Pas étonnant non plus que les médias ne parlent pas trop fort de ce qui se passe chez ces islandais qui refusent les dogmes de la pensée unique européiste…

Nicolas Calbrix, DDJ du Val d’Oise

Les conflits d’intérêts: la vertu républicaine plus que par la transparence.

22 avril 2011

Jean-François Copé cumule sa fonction de député et celle d’avocat d’affaire. Eric Woerth contrôle les impôts de Liliane Bettencourt en tant que ministre du Budget et les dons de celle-ci à l’UMP en tant que trésorier du parti majoritaire, sans que François Fillon ne trouve de conflits d’intérêts à cette situation. Michèle Alliot-Marie en pleine révolution du peuple tunisien pour sa liberté part en vacances dans le jet privé d’un proche de Ben Ali. Tels sont les derniers soubresauts qui ont poussés le gouvernement à demander aux ministres une « déclaration de transparence ». Un projet de loi réaffirmant « les principes déontologiques » de l’action publique devrait même être présenté en juin en Conseil des Ministres !

Intention ô combien louable. Les Français, confrontés tous les jours aux difficultés sociales et économiques ne peuvent que se sentir trahis de voir certains de leurs dirigeants profiter de leur fonction pour leur situation personnelle. Debout la République avait à ce titre déposé une proposition de loi constitutionnelle interdisant le cumul d’une fonction ministérielle avec celle de trésorier d’un parti.

Pourtant, ce Gouvernement est le roi des intentions louables, inconséquentes, et sans conséquence. Car la règle ne remplace pas plus la vertu que le règlement la pratique. Trop animées par le goût de la réussite professionnelle, certaines élites ont oubliées la différence entre l’exercice d’un « job » et l’exercice d’une fonction au sein de la République. Oublié que si un emploi peut servir à vivre, la fonction politique consiste à être au service de ses concitoyens. Servir plutôt que se servir !

La fonction ministérielle nécessite un dévouement, mais aussi une liberté, une indépendance absolue tant matérielle qu’intellectuelle. Préalable trop souvent mis de côté par des dirigeants habitués à abdiquer la souveraineté et la liberté du peuple français plus vite que leurs ombres pour ne pas abdiquer la leur face à des intérêts privés.

Ces mesures de bon sens du gouvernement, ne seront utiles que si certains de nos dirigeants retrouvent le sens de l’Etat, du service public, et de la République, qui font la grandeur de la France.

Charles Baldini

Les deux illusions de Jean-Pierre Chevènement et du MRC.

17 avril 2011

C’est avec énormément d’attention et de plaisir que j’ai lu le livre de Jean-Pierre Chevènement « la France est-elle finie ? ». Il s’agit d’un regard lucide de l’ancien ministre sur son parcours, sur l’évolution de la gauche à propos de la politique européenne et sur l’évolution des autres pays européens. Que ce livre ait reçu le prix du livre politique est une juste récompense qui vient couronner une véritable réflexion d’ensemble très cohérente…même si cela ressemble trop à l’hommage honorifique de ceux qui l’ont combattu et critiqué à celui qui ne représente plus de danger à leurs yeux. Un peu comme les célébrations actuelles de Philippe Seguin ou du général de Gaulle.

Je lis également avec beaucoup d’attention les différents articles publiés depuis quelques temps par Julien Landfried, le secrétaire général du MRC, qui en plus d’avoir une plume très claire et un style appréciable à l’heure du charabia ambiant, écrit des choses extrêmement justes et cohérentes. Ses tribunes sur l’impuissance de la gauche face à la montée du populisme et sur le résultat du FN aux cantonales résument assez bien des positions largement partagées par tous les républicains.

Mais malheureusement, deux illusions fondamentales subsistent dans tous ces écrits de nos amis républicains de l’autre rive. La première illusion porte sur la relation avec l’Allemagne, la seconde sur le rapport entre la gauche et la République.

Concernant la situation européenne, J-P.Chevènement comme J.Landfried proposent, dans un premier temps, de négocier avec l’Allemagne afin de l’amener à adopter une politique plus coopérative dans l’intérêt général européen sur les questions de l’euro, des taux de change, de la politique de taux d’intérêt absurde de la BCE et de la monétisation des dettes. Une fois seulement cette voie épuisée et alors que les pays du Sud seront sortis de l’euro, pour ne pas nous trouver pris en tenaille entre un tête-à-tête mortifère avec l’Allemagne et des économies du Sud qui pratiqueraient la dévaluation compétitive – ce qui il est vrai serait la pire des situations pour la France – alors seulement nous sortirons de l’euro. En clair, la sortie de l’euro n’est que le plan B.

Cette position, outre qu’elle n’effraie pas les grands médias (on ne peut donc pas exclure qu’elle revête un aspect tactique), comporte une certaine part de naïveté. En effet, comment croire que l’Allemagne pourrait changer d’avis sur ces questions fondamentales, alors qu’il s’agit d’une constante dans la politique allemande (autant pour la droite avec Kohl et Merkel que la gauche avec Schmidt et Schröder ) depuis plus de 30 années et que cette politique lui a assuré la prospérité et le retour à la table des grands du monde ? Pour J-P.Chevènement, qui est un fin connaisseur des relations internationales et de l’Histoire, c’est oublier bien vite la réalité profonde des intérêts des Etats…ou peut-être est-ce une croyance un peu aveugle en la solidité relation franco-allemande.

La deuxième illusion porte sur le rapport avec la gauche. L’article de J.Landfried sur la critique du projet PS est sur ce point très symptomatique. Il critique le PS sur ce qu’il manque dans le projet (critique de l’euro, du libre-échange et de la désindustrialisation) et essaye de l’amener à prendre en compte ces questions fondamentales qui se poseront inévitablement au prochain Président de la République, mais oublie de regarder ce qu’il y a vraiment dans ce projet. Ainsi, il oublie de voir qu’il n’y a plus aucun point commun entre la vision républicaine et exigeante défendue par le MRC et la vision social-libérale matinée d’angélisme droits-de-l’hommiste et écologique du PS. Sauf le fait de se dire de gauche…

En fait, J-P.Chevènement et le MRC se voient comme un aiguillon pour ramener la gauche à une position républicaine, un peu comme ils l’avaient fait pour Ségolène Royal en 2007. Le but de leur action, ces derniers mois, semble être d’amener à un sursaut de lucidité de la gauche sur toutes les questions de l’euro, du libre-échange, sur « l’absence de protections face aux effets économiques, sociaux et culturels de la mondialisation » ou même sur les aspirations à la sécurité et à la préservation du modèle français (école, immigration-assimilation, services publics…) des couches populaires. Tous ces problèmes que les républicains comprennent mais que les élites mondialisées ne voient même pas tant elles sont déconnectées de la réalité.

Malheureusement, les républicains de gauche sont des mohicans dans leur propre camp et font figure de vieux sages qu’on aime bien écouter, à qui on témoigne du respect, mais qu’on préfère écarter dès qu’il s’agit de parler vraiment politique et encore plus de gouverner. Dans ce cas, les socialistes préfèrent retrouver les écologistes, les communistes version Mélenchon ou même les centristes prêts à franchir le pas. Alors pourquoi continuer à s’entêter dans cette voie ?

Pourquoi ne pas retenter l’expérience du Pôle Républicain, mais cette fois-ci avec Nicolas Dupont-Aignan pour la présidentielle ? En 2002, de nombreux hommes et femmes de droite avaient rejoint le Pôle Républicain et malgré leur déception d’avoir vu J-P.Chevènement se ranger derrière le PS pour les législatives, beaucoup seraient prêts à retenter l’expérience. Comme en 2012, la véritable ligne de fracture passera entre les républicains nationaux et les démocrates mondialistes, il est tant que se réforme et s’organise un véritable pôle républicain afin de peser dans les futures échéances si on ne veut pas que ce soit Marine Le Pen qui récupère la République comme son père a récupéré la Nation il y a 30 ans. L’autre camp a déjà ses dignes représentants avec N.Sarkozy et D.Strauss-Kahn et ses idiots utiles…

Par Nicolas Calbrix, Délégué Départemental Jeunes du Val d’Oise 

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/04/14/la-politique-de-l-autruche-du-parti-socialiste-sur-l-euro_1506886_3232.html

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/03/30/la-remontee-du-fn-n-est-pas-le-resultat-d-une-manipulation-sarkozyste_1500289_3232.html

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/politique/20110406.OBS0825/2012-un-projet-ps-deconnecte-de-la-realite-selon-les-chevenementistes.html

http://www.marianne2.fr/La-gauche-mal-armee-face-au-populisme-lepeniste_a203889.html

Le parti socialiste : une fausse alternative

4 avril 2011

On nous explique que l’alternance, c’est la démocratie ; que voter socialiste, c’est s’opposer à la politique de Sarkozy. Faut-il en rire ou en pleurer ?

En rire : lorsque DSK est présenté comme une véritable alternative à Sarkozy, on peut légitimement s’esclaffer d’une telle bouffonnerie. Au moins autant mondialiste, atlantiste et libéral que notre actuel président, DSK est l’archétype même de ces « élites mondialisées » (Chevènement) tant éloignées des préoccupations populaires.

En pleurer : les cabris détricotent notre souveraineté, pourtant bâtie avec tant de patience contre vents et marées par nos rois, nos grands chefs d’État et nos grands hommes. Les funestes assauts des cabris attentent à notre État, notre démocratie, et notre patrie. Cela n’a rien de réjouissant.

Le PS a beau se parer de ses plus beaux atours (droits de l’Homme, fraternité ségolénisante et autres tartufferies), il n’en est rien : ce n’est que de la « boue dans un bas de soie ». Car en effet, c’est ce même parti qui a voté le Traité de Maastricht et qui dénonce les effets de l’ultra-libéralisme ; ce même parti qui s’attriste du sort des ouvriers français et qui stimule la concurrence mondiale entre les travailleurs par le biais de l’immigration, toujours justifiée par les droits de l’Homme ; ce même parti qui prétend défendre le peuple et qui voit du fascisme là où il y a un appel à la protection des démunis face à la mondialisation dévastatrice. « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes » disait Bossuet.

A ce titre, la question européenne est particulièrement éloquente, car le Parti socialiste et l’UMP, sans compter le Modem, les Verts et consorts, appartiennent sans exceptions à la même espèce animale : celle des cabris. Comme le Général de Gaulle disait, ils n’ont qu’un seul mot à la bouche : « L’Europe, l’Europe, l’Europe ! ».

En outre, au-delà de la connivence politique sur la question européenne qui est déjà fortement déterminante, le parti d’Aubry a d’autres inepties à son arc. Alors qu’il dénonce la prétendue « politique sécuritaire » de Sarkozy, il feint d’ignorer que c’est sous la présidence du même Sarkozy que fut votée la fin de la double peine, que des réductions drastiques des effectifs de police furent décidées, que la loi pénitentiaire fut modifiée afin de dispenser d’incarcération la petite criminalité.

La liste pourrait ainsi s’éterniser. Ce qu’il faut retenir, c’est qu’entre collusions idéologiques déterminantes (Union Européenne), contradictions (acceptation des causes tout en rejetant les effets) et stupidités (dénonciation de la politique sécuritaire), le PS n’a aucune crédibilité, aucune identité. Fervent critique de la politique de Sarkozy, il en accepte pourtant les fondements. Il n’y a là aucune véritable alternance. Ce n’est que théâtre, communication et tartufferies.

Sylvain Granados.

DLJ 92.

A qui profite le Front ?

25 mars 2011

Comme on pouvait s’y attendre, le premier tour des élections cantonales a montré que notre démocratie était malade, en témoignant l’abstention record et la forte montée du Front National (du moins en % des suffrages exprimés). Ces deux tendances n’étant pas des nouveautés mais plutôt les conséquences d’une absence de véritable alternative au système UMPS. La claque prise par l’UMP, réunissant seulement  17% des voix au niveau national,  laissant 204 duels PS-FN au second tour (10% des cantons renouvelables) n’est même plus un signal d’alarme, c’est la preuve que la stratégie sarkozyste du « en parler toujours, n’agir jamais », associée au parti unique à droite mène à un véritable suicide collectif de la droite parlementaire.

Mais ce recul de l’UMP n’a pas non plus bénéficié à la gauche ni au PS qui reste à des scores classiques (autour de 25%) alors que le désamour du gouvernement et du président auraient dû les propulser au sommet. La force du PS réside essentiellement dans la faiblesse de la droite et la gauche ne triomphe que dans les élections locales et surtout quand le peuple reste à la maison. Face à ces résultats, tout ce que le système médiatique et politique à a nous proposer est un fumeux Front Républicain destiné à faire barrage au FN et qui assurerait la réélection, de manière quasi automatique, du syndicat des sortants. On voudrait nous embrigader dans ce Front mais avant de l’envisager, deux questions méritent réponses.

Tout d’abord, avec qui faire un Front Républicain ? Avec tous les partis hors FN ? C’est quand même assez fort de vouloir faire un Front Républicain avec le NPA qui n’est pas vraiment républicain (jetez un œil à son programme) et avec ceux qui acceptent de s’y allier. Avec l’UMP et le PS, qui ont bafoué le peuple avec le traité de Lisbonne ? Qui bradent conjointement l’Ecole Républicaine, les services publics, la laïcité, notre souveraineté populaire depuis 30 années ? Tous ceux qui prétendent présenter un Front Républicain devrait déjà balayer devant leur porte avant de donner des leçons de républicanisme.

Et surtout quelle hypocrisie de la part de la gauche que de jouer la stratégie du Front Républicain ! Quelle cohérence, quand la gauche qui a accusé Sarkozy d’être un « Le Pen light », de vouloir faire alliance avec lui pour battre Le Pen fille ? Ou est l’honnêteté intellectuelle quand la gauche fait des procès en républicanisme depuis toujours à la droite, quand elle l’accuse de pétainisme, de fascisme, de nazisme (revoir la récente affiche des jeunes socialistes), sur presque tous les sujets ? Il est quand même fort de demander aux électeurs de droite leur voix après avoir insulté leurs valeurs, leurs idées pendant tant d’années. Ce Front Républicain est une mascarade et une malhonnêteté intellectuelle qui se résume à un Front des Sortants ou un Front du Système.

Ensuite, la deuxième question à se poser est à qui profite ce Front Républicain ? Pour répondre à cela, il faut d’abord reconnaitre que la République n’est pas mise danger par la présence au second tour des élections cantonales du FN, ni même par la probable élection de quelques conseillers généraux FN. Sinon il aurait fallu faire des manifestations antifascistes devant les Conseils Régionaux, le Parlement européen (ça ne me dérangerai pas mais pour d’autres raisons), les Conseils Municipaux, toutes institutions où siègent des élus FN. Le FN ne représente pas une menace fasciste pour notre République, comme l’a dit Jospin, et toutes ces quinzaines anti-FN et autres luttes ne sont que des mascarades pour jeunesse en mal de grande cause (et du frisson de participer à une belle Histoire) et pour une génération élevée dans le mythe de la Résistance qui espère la rejouer pour s’offrir une belle conscience.

La République n’étant pas en danger, force est de constater que le Front Républicain profiterait avant tout à ceux qui affronteront le FN : 266 duels FN-gauche, 126 avec la droite, 5 triangulaires et 1 inclassable. En clair, le Front Républicain participera principalement à l’élection de conseillers généraux de gauche et donc par ricochet, le Front National devient un sacré allié de la gauche pour se faire réélire (un idiot utile ?). On comprend désormais l’empressement de la gauche à appeler au Front Républicain. De plus, on peut facilement imaginer que dans les autres cantons où le FN a été éliminé, ses électeurs seront réticents à se reporter sur la droite si celle-ci a appelé à faire barrage contre lui ! Calcul habile donc que ce Front républicain, qui dans tous les cas de figure, augmente les chances de la gauche de conquérir ou de garder des sièges. Le FN est en fait le jackpot électoral de la gauche.

Dans ces conditions, on peut légitiment se demander si la droite doit participer à un Front Républicain et se condamner à se faire éliminer au premier tour avec un FN devant, ou au second tour avec le Front Républicain, au profit d’une gauche qui est plus que minoritaire dans le pays et dont l’importance du vote FN démontre qu’elle n’est pas prête à redevenir majoritaire. Bien sur, qu’il y a une tentation sarkozyste de jouer avec le feu en misant sur un second tour UMP-FN qui l’assurerait de sa réélection mais dans l’ensemble, c’est la gauche, comme au temps de Mitterrand, qui profite le plus de cette percée du FN.

Alors bien sur, j’entends déjà tous les donneurs de leçons qui me diront que cette position fait le jeu du FN, participe de la décontamination de l’extrême-droite, de la lepénisation des esprits. A tout cela, je leur répondrai que cela fait 30 années que leurs combines font le jeu du FN tant et si bien qu’ils ont réussi à le transformer en seul parti d’opposition. C’est plutôt l’absence d’alternative véritable au système UMPS qui fait le jeu du FN et à ce rythme, le 1er tour de l’élection présidentielle risque de se transformer en primaire du système UMPS pour affronter Marine Le Pen au second tour.

En fait, les Français ne sont plus dupes et comprennent trop bien que le Front Républicain n’est qu’une manœuvre politicienne, visant seulement à confisquer tout débat sur le fond et assurer des élections confortables.  C’est en proposant un projet crédible qui sorte des bornes convenues de la pensée unique (Euro, libre-échange, assimilation, instruction publique…) que l’on pourra construire une véritable une alternative à droite et non pas en appelant à un pseudo Front Républicain. Faut-il rappeler qu’en 2007, les médias et la gauche avaient tenté un TSS (Tout Sauf Sarkozy). On a vu le résultat, le peuple a choisi de défier la doxa. On peut imaginer, sans trop se forcer qu’il en soit de même l’année prochaine mais que cette fois ce ne soit pas Sarkozy qui triomphe…

Nicolas Calbrix

Vers une fin de la politique budgétaire indépendante

3 mars 2011

Le Président N. Sarkozy a décidé « d’inscrire dans la Constitution, le principe de la maîtrise des finances publiques » car « il est de notre responsabilité collective de ne pas rejeter sur les générations futures la charge de notre dette », estimant possible un consensus politique « sur un sujet de cette importance, dans un pays qui présente depuis le milieu des années 1970, un budget en déficit ». Dans ce but, le premier ministre a transmis au Conseil d’Etat un texte de loi qui sera débattu au printemps devant le Parlement.

Comme bien souvent avec le Président, les discours sont louables, même si le propos est simplificateur à dessein. Personne ne pourra décemment défendre avoir envie d’endetter ses enfants pour financer son confort présent sans être pris pour un irresponsable. C’est d’ailleurs le calcul présidentiel que de rechercher un consensus sur un sujet aussi grave : souder les centristes à la droite sur la question de la dette et démontrer que la gauche (ou quiconque s’y opposant) est toujours aussi dépensière et gaspilleuse de l’argent public.

Seul hic à celà, la réalité comme toujours avec notre Président. Car cela fait 4 ans que le président fait voter des budgets en déficit…En 1970, quand le budget était à l’équilibre, cette règle d’or n’existait pas. Mais à l’époque, il y avait un certain sens de l’Etat qui voulait que les deniers publics soient utilisés pour le bien public et non pour financer des cigares, des voyages ou les plans com des ministres. Il y avait aussi un sens de l’intérêt général qui permettait d’éviter que le budget soit bâti pour satisfaire les lobbies ou ne servent à financer des mesures populaires mais inefficaces. Et surtout il y avait des dirigeants politiques qui n’étaient pas prêts à abandonner aux banques la création monétaire et aux instances supranationales la définition de la politique économique. En clair, à l’époque, il y avait tout ce dont le Président s’est débarrassé sans complexe…

En réalité, cette constitutionnalisation de la règle d’or est un gage donné aux marchés financiers et à l’Allemagne, pour ne pas dire plus. Aux marchés financiers, afin qu’ils préservent notre AAA si nécessaire pour ne pas payer trop cher notre dette quand on s’est privé du pouvoir de la monétiser. A l’Allemagne, car elle est la seule à pouvoir garantir in fine les dettes des autres pays européens et elle exige, en contrepartie, la rigueur pour défendre l’Euro, que notre Président a élevé en question d’identité.

Pire, cette règle d’or procède de la même logique mortifère d’abandon de souveraineté, déjà dénoncé en son temps par Philippe Seguin. Après avoir retiré aux Nations le droit de créer de la monnaie, le droit de mener une politique industrielle, une politique commerciale, une politique douanière, ils veulent désormais fixer le cadre général de la politique budgétaire de la France…avant de retirer à la France le droit de voter son budget, ce que propose déjà DSK avec son autorité européenne indépendante qui allouerait les ressources de chaque état membre. Les 2 futurs candidats à la présidentielle du système UMPS montrant bien qu’ils sont chacun à leur manière l’aboutissement de 35 années de politique européiste qui vise à déposséder les peuples de tout droit de regard sur leurs affaires.

Qu’ils sont loin les discours du candidat de l’UMP à la présidentielle en 2007 qui critiquait la BCE, qui prônait une politique industrielle, qui critiquait l’Europe des technocrates voulant décider à la place des français. Le Président s’est rallié depuis à la politique du franc fort, devenu l’Euro fort, mais qui se décide toujours à Francfort. Sous couvert de défense de l’Euro et de lutte contre les déficits, le président s’est engagé dans la même fuite en avant du « plus d’Europe » que ses prédécesseurs qui ressemble de plus en plus à un alignement sur la puissance dominante du continent.

Par Nicolas Calbrix, Délégué Départemental Jeunes du Val d’Oise.

L’Ecole est-elle de gauche ?

1 mars 2011

 

Ce débat mérite d’être posé. Traiter la problématique de l’École dans son ensemble prendrait des heures, tant les problèmes qui la touche sont nombreux. C’est pourquoi je ne toucherai ici qu’un domaine, qui fait l’objet de nombreux débats et qui agite de nombreuses passions. D’un côté, nous avons les libéraux, qui estiment que l’École en général, et la fonction publique en particulier, est infestée de gens de l’ultra-gauche. Dès lors, il est clair, selon eux, que la pensée unique gauchiste apparente au sein de l’Éducation nationale tend à baisser le niveau des élèves, au nom de l’égalité. De l’autre côté, les gens de gauche qui estiment, selon la théorie bourdieusienne que l’école est aujourd’hui un lieu qui favorise d‘inégalité, puisqu’elle permet aux bourgeois de se reproduire socialement.

A première vue, l’École est aujourd’hui, clairement de gauche. Il suffit de se balader dans les couloirs des Universités pour apercevoir de nombreux journaux et tracts des forces syndicales telle Force ouvrière, et même des petits prospectus vantant les mérites de la HALDE. L’idéologie dominante des Universités est de gauche. Les fonctionnaires en général, et les professeurs en particulier constituent clairement la clientèle principale du Parti socialiste par exemple, qui a perdu l’électorat ouvrier/employé depuis bien longtemps. Si bien que lorsque le gouvernement tente de supprimer des postes de professeurs, le Parti socialiste crie au scandale, tout en sachant pertinemment que le nombre de professeurs a largement augmenté – les moyens avec – alors que le nombre d’élèves baissait. L’Éducation n’est pas qu’une simple affaire d’argent, il convient également de prendre en compte le facteur d’efficacité et de cadre : pourquoi les filières professionnelles sont si mal vues ? Le collège unique est t-il efficace ? Bref, il faut d’abord redéfinir le cadre dans lequel les jeunes élèves étudient, et non pas déverser des milliards dans un système qui, me paraît être à bout de souffle.

Toutefois, si l’idéologie – dominante – des professeurs est clairement de gauche, ce n’est pour autant que les les programmes le sont pour autant. C’est la critique fondamentale que l’on peut adresser aux libéraux qui pensent que la France enseigne l’économie de manière très “gauchiste”. Dernièrement, Olivier Vial, président de l’UNI protestait contre cela, en disant qu’on donnait, entre autre, une mauvaise vision de l’entreprise dans le programme. Or c’est pourtant l’inverse que l’on peut constater. Car les programmes ne sont pas du tout élaborés sous le prisme gauchiste. Ainsi, en classe de 1ère ES, le tiers du programme est consacré à l’étude du marché, à l’enseignement de la théorie de la concurrence pure et parfaite. En terminale ES, une large partie de l’année est consacrée à la mondialisation et au commerce international, à la notion de PIB, ainsi qu’au volet économique de la construction européenne. De surcroît, l’entrée en faculté d’économie s’accompagne directement d’un enseignement de la micro-économie libérale : théorie du consommateur et du producteur, notion d’homo œconomicus et de l’homme rationnel. En d’autres termes, ce sont les fondements de l’économie libérale qui sont, d’emblée, enseignés dans le supérieur. En outre, la théorie keynésienne commençait à être de moins en moins évoquée avant la crise. D’autres – moins chanceux, comme Marx notamment, sont  bannis de l’enseignement supérieur (!). Bref, sans même être exhaustif, l’on comprend bien que l’enseignement au lycée, comme à l’Université n’est nullement  présentée sous le prisme gauchiste. Par ailleurs, il est absurde de dire que le système scolaire formate les enfants de sorte qu’ils deviennent des “amoureux” de l’État. Les enfants n’écoutent pas systématiquement ce que les professeurs disent, ceux-ci votent bien souvent en fonction du vote familial. La catégorie socio-professionnelle des parents influe bien plus sur la pensée politique – quand il y en a une, bien entendu – de l’enfant que la pensée de soi-disant idéologues gauchistes. Ce faisant, les thèses de M. Vial témoignent d’une profonde mauvaise foi et largement teintées d’idéologie.  Or, il existe pourtant un réel reproche que l’on peut faire aux pédago bourdieusiens, sans pour autant sombrer dans le dogmatisme.

En effet, il convient maintenant d’aborder la question de la baisse  du niveau. Celui-ci résulte de deux facteurs ; d’une part une obtention massive du baccalauréat (87%!), et d’autre part, l’absence de concours à l’entrée des Universités. Ces deux facteurs conjugués à la pression de syndicats comme l’UNEF tendent à baisser irréversiblement le niveau. D’abord parce que le baccalauréat n’a plus vraiment de valeur intrinsèque, mais aussi parce que tout le monde peut intégrer l’Université ; pour des résultats que l’on sait médiocres pour la plupart. Ceci occasionne surcharge du nombre d’élèves dans les groupes de TD, handicapant par la même les élèves “moyens”, et gâchis d’argent pour l’État. Revenons sur un exemple flagrant qui convient d’être énoncé : dès lors qu’une Université tente, un tant soit peu, d’élever le niveau, en supprimant les rattrapages lors de la 1ère année par exemple, les UNEFiens crient au scandale. Comme si rétablir un minimum de méritocratie se faisait au détriment de l’égalité des chances. Mais malheureusement, la vraie inégalité des chances réside en ce que chacun souhaite faire de son temps. Il y a, en effet, la possibilité pour tous de réussir dans une Université publique et (quasi) gratuite dès lors que l’on souhaite apprendre et comprendre. Il y a ceux qui travaillent et qui consacrent du temps à leurs études, et d’autres qui ne veulent pas travailler. A cet égard, on doit comprendre que l’Université n’est pas un lieu ou tout doit être fait pour que l’on décerne des diplômes à tout le monde, cela doit rester un lieu ou l’on mérite ses diplômes. On ne peut pas éternellement continuer de brader des diplômes d’État pour rétablir une prétendue égalité des chances, car fondamentalement, on ne fait que faire fuir les plus intelligents vers les grandes écoles écoles, ou même des écoles de commerce. Ceci explique  – partiellement, il est vrai -  pourquoi la France possède bien moins de titulaires du Doctorat que l’Allemagne. Il serait peut-être temps de se rendre compte que c’est parce que l’Université n’attire plus.

Pendant que la gauche pédago et la droite libérale se déchirent, une grande gagnante semble se frayer un chemin dans l’enseignement. Ainsi assistons-nous, depuis plusieurs années, à l’arrivée de l’Union européenne dans les programmes scolaires et extra-scolaire. Option dite “européenne” au collège et poursuivie au lycée (classes dans lesquelles on distribue, entre autre, des posters retraçant la grandiose épopée européenne), enseignement massif de l’Europe sous toutes ses formes dans les Universités ainsi que dans les IEP. Le principe est parfaitement simple : faire voyager pendant une ou deux semaines ceux qui ont choisi ladite option dans le cadre du cours. De fait, n’importe quel jeune étudiant associera les joies de voyager au mythe de la grande et belle Europe. On ne dira cependant jamais qu’auparavant, il suffisait simplement de se munir d’un passeport et d’un visa pour y aller. Mais, ça ne s’arrête pas là ! Une Université comme celle de Rennes est directement subventionnée par la Commission de Bruxelles pour que celle-ci enseigne l’Europe. Comme cela se traduit t-il ? Par de l’Europe sous toutes ses formes : sociologie, droit, économie. Un bourrage de crâne méthodique, qui prend parfois la forme de propagande (posters distribués etc.) qui a désormais toute sa place dans l’enseignement scolaire sans que personne ne dise quoique ce soit. Repentance, enseignement massif de l’Europe peuvent être mis au crédit de la gauche pédago, qui associe à tort nation à guerre, et Europe à paix.

Ainsi donc, nous l’avons vu, si le fond idéologique de l’École est clairement de gauche, il n’en découle pas forcément des programmes de gauche. Le réel problème se situe dans la baisse du niveau, et pose la question fondamentale : voulons nous une École d’excellence pour demain, ou une École au rabais, qui décerne des diplômes à tout va ?

Par Stanislas Korst, Délégué Départemental Jeunes d’Ille et Vilaine

De Gaulle : Espérer contre tout

27 janvier 2011

En tant que patriote et souverainiste, ne vous a-t-on jamais asséné, en plein débat : « mais de toute façon, ta France, elle est finie. L’Union Européenne, la mondialisation, c’est l’avenir. Que tu le veuilles ou non » ?

Face à cet argument, pris de court, vous avez quelque peu tergiversé ; reprenant vos esprits, vous avez finalement expliqué que ce n’est pas exact, que le rouleau compresseur a forcément des points faibles. Et votre interlocuteur, ne vous écoutant plus, de marteler avec condescendance que votre espoir est vain, presque stupide. Fin de la discussion.

Peu après, vous entendez cette assertion répétée, en substance, sur toutes les ondes ; vous passez outre, car après tout, vous accordez peu d’importance aux Bernard-Henri Lévy, Daniel Cohn-Bendit et comparses. Puis un jour, Régis Debray, penseur de qualité s’il en est, vous explique que la France est « sortie de l’Histoire ». Que certes, la sortie fut belle, grâce au Général de Gaulle ; mais que la France, c’est fini. Fin de l’Histoire.

C’est le coup de massue. Vous ne vous y attendiez pas. Comment ? Même Debray, celui qui a soutenu Jean-Pierre Chevènement en 2002 ? Vous vous frottez les yeux : non, vous ne vous êtes pas trompé ! Certes, vous n’étiez pas toujours d’accord avec lui, encore moins avec sa « famille de pensée », mais pourtant, n’a-t-il pas récemment rédigé un remarquable éloge des frontières ? Vous ne comprenez plus.

Finalement, on se dit que peut-être notre camarade avait raison… tout ceci est inutile… « Le démon de mon cœur s’appelle ”à quoi bon ?” » disait Bernanos. On se le rappelle, mais on est touché… la flamme se meurt, elle n’émet plus qu’une faible lueur dans notre cœur assombri. Oubliant les mises en garde de l’écrivain, vous soupirez : « à quoi bon… ».

Réveillez-vous ! Rappelez-vous l’appel du 18 juin 1940 du Général de Gaulle : « quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas ». Le gaulliste que vous êtes ne doit jamais se résoudre à la fatalité, fût-elle justifée par ce qu’on qualifie de « réalisme ». La faiblesse passagère ne doit en aucun cas devenir une seconde nature.

N’oubliez jamais la leçon du Général : « Espérer contre tout » ! C’est ce que nous rappelle P.-M. Coûteaux dans son dernier ouvrage qui est une lettre ouverte à Régis Debray. C’est surtout un formidable plaidoyer pour la Résistance, et l’auteur nous rappelle toute la philosophie gaulienne qui inspira le geste du Général quand celui-ci ne consentit pas à l’armistice de 1940.

Coûteaux dénonce ce « dégoût [qui] a gagné presque tout le monde, sur tous les bancs : depuis les miens, qui plongent souvent dans la délectation morose ”on se bat encore, mais ne nous le cachons pas : c’est fini” ». Il décrie tous les « intellectuels fuyards » du 20ème siècle qui rallièrent respectivement l’empire allemand, stalinien, chinois et finalement américain ; et qui épousèrent « une grande cause, pourvu que ce ne soit pas celle de [leur] peuple » (de Drieu la Rochelle à Sartre).

Au contraire, le Général de Gaulle, c’est d’abord l’homme qui ne se rendit pas. Quoi qu’il arrive. Peu importe la situation, la « réalité ». Justement, cette prétendue réalité (que ce soit « la France est sortie de l’Histoire » de Debray, ou le plus trivial « ta France elle est finie ») qui justifierait tous les abandons est en fait un prétexte bien commode pour justifier la lâcheté, car comme l’explique Bernanos (cité par Coûteaux) : « les réalistes, se flattent de se conformer aux événements et aux hommes. Mais qui se conforme aveuglément à ce qui est n’est rien, car ce qui est n’est déjà plus. L’honneur de l’Homme, c’est de se garder libre vis-à-vis de ce qui est, afin de pouvoir conformer son âme à ce qui doit être, à ce qui sera ». Ainsi, le fatalisme, disait le Général, n’est que le « paravent de la passivité et du déshonneur » ; le même qui justifia l’armistice de 1940.

Aujourd’hui, le combat continue. Les forces qui tentent d’abattre la souveraineté, qui est  « d’abord une conscience fière de soi-même », paraissent parfois imbattables. Il est en effet vrai que la lutte n’est et ne sera pas aisée ; que les rapports de force ne sont pas équilibrés ; que les motifs d’espérance manquent parfois à l’appel. Mais la France connut pire : en 1420, après la signature du Traité de Troyes qui faisait comme successeur à Charles VI le roi d’Angleterre Henri V, ou tout simplement en 1940, quand l’armée allemande écrasait l’armée française. Et pourtant, jamais l’on a songé à dire que l’armistice de 1940 fut une bonne chose.

Ainsi, face à « l’armistice de Maastricht » et celui de Lisbonne ; face de manière générale à la trahison des élites mondialisées, le tout est de ne pas céder. Cependant, cela ne veut pas dire que ce sera un long fleuve tranquille : « L’espérance est toujours un risque à courir, et même le risque des risques. L’espérance n’est pas une complaisance envers soi-même, c’est la plus grande et la plus difficile victoire qu’un homme puisse remporter sur son âme » (Bernanos, cité par Coûteaux).

L’ouvrage de Coûteaux, « De Gaulle : espérer contre tout », est à lire, car il nous rappelle que le défi qui nous attend n’est pas simplement politique, il est aussi moral.

Sylvain Granados

DLJ 92

Eloge des frontières

2 décembre 2010

Lorsque Nicolas Dupont-Aignan a commencé, il y a quelques mois, à affirmer sa volonté de vouloir rétablir les frontières nationales, je dois admettre que la proposition ne suscitait pas chez moi un enthousiasme démesuré. Car si je suis convaincu de l’impasse européenne et de la nécessité de revenir à des monnaies nationales, ce n’est pas pour autant que le rétablissement des frontières m’enchante.

Expliquer la sortie de l’Euro, c’est relativement simple : la zone euro n’a rien d’une zone monétaire optimale et les économies des différents pays, au lieu de converger, ont divergées après avoir été mises en concurrence par une mondialisation sans pitié. Le coté pratique de la monnaie unique pour les touristes dont il m’arrive de faire partie ne fait pas le poids face au boulet économique qu’elle est devenue. D’autant plus au vu des conséquences sociales et culturelles du crash industriel de l’Europe.

Mais, pour les frontières, c’était une autre histoire. Il faut admettre que c’est le type de proposition qui peut laisser l’impression amère d’aller à contresens de l’Histoire. Surtout dans le cas de l’Europe, cette colocation continentale dans laquelle il faut tout faire pour consolider une confiance mutuelle bien chèrement acquise.

Parce que oui, je veux y croire à l’Europe ! Pas celles des technocrates, certes non, mais celle de la rencontre des peuples. J’ai profité comme tant d’autres du programme Erasmus, j’ai le même plaisir à arpenter les rues de Prague, Rome ou Freiburg qu’à sillonner les régions françaises. Et l’idée de faire travailler ensemble les peuples européens m’enthousiasme à priori plus que celle de rouvrir les postes frontières.

A cela s’ajoute le fait que ma jeunesse a été marquée par le développement des réseaux d’informations planétaires, des chats IRC aux liens Twitter. Internet est le territoire sans frontières par excellence – à quelques pare-feux gouvernementaux près – pour le plus grand bonheur de tous. Bref, je ne suis pas sur que ma génération soit très sensible à la notion de frontière.

Je cherchais donc depuis quelques temps les arguments me permettant de me débarrasser de mes plus grands doutes sur le sujet. Car ne nous méprenons pas, je suis en parfait accord avec NDA sur le diagnostic suivant : l’impossibilité de contrôler les flux migratoires, les échanges commerciaux et les transferts de capitaux sont autant de talons d’Achille en vue de la réhabilitation du pouvoir politique que nous prônons. Mais je n’étais pas persuadé que le remède de cheval que constitue le rétablissement des frontières soit la seule solution possible. Cette décision me paraissait être un recul trop symbolique de l’idéal européen qu’il serait difficile à estomper par des bénéfices incertains pour le peuple français.

Mais, heureux hasard, alors que je cherchais le dernier ouvrage d’Hakim El Karoui, « Réinventer l’occident », en vue d’occuper un pluvieux week-end, mes yeux glissèrent sur le titre d’un petit livre de Régis Debray tout fraîchement publié. « Eloge des frontières ». Un éloge des frontières par Régis Debray, voilà ce qu’il me fallait !

Et je ne fus pas déçu ! Cet ouvrage reprend le texte d’une conférence de mars 2010 à Tokyo. On y découvre une plume parfaitement libre, qui prend le temps de dévoiler une pensée profonde et cohérente sur un sujet souvent maltraité. Un savoureux petit exposé de 96 pages dans lequel Régis Debray remet en lumière des notions élémentaires et fondatrices de notre civilisation.

L’idée principale est celle de l’ambivalence de la notion de frontière : « Elle inhibe la violence et peut la justifier. Scelle une paix, déclenche une guerre. Brime et libère. Dissocie et réunit. » Car si les frontières divisent les différents peuples de la Terre, c’est pour mieux les rassembler. Il est essentiel de définir un contour pour savoir dans quel cadre agir et que nos actes ne soient pas autant de coups d’épées donnés dans l’eau.

La frontière, en fixant un même cadre à une multitude d’individus permet de rééquilibrer leurs rapports, en les civilisant : « La frontière rend égales des puissances inégales. Les riches vont où ils veulent, à tire-d’aile ; les pauvres vont où ils peuvent, en ramant. Ceux qui ont la maîtrise des stocks (…) peuvent jouer avec les flux, en devenant encore plus riches. Ceux qui n’ont rien en stock sont les jouets des flux. Le fort est fluide. Le faible n’a pour lui que son bercail (…). Le prédateur déteste les remparts ; la proie aime bien. »

Debray prend en outre le temps de déconstruire l’argument selon lequel les frontières sont autant d’œillères qui nous ferment du monde et conduisent à l’incompréhension entre les peuples, avec tout ce que cela peut impliquer. Car, « c’est en se dotant d’une couche isolante, dont le rôle n’est pas d’interdire, mais de réguler l’échange entre un dedans et un dehors, qu’un être vivant peut se former et croître ». « (…) la peau est aussi loin du rideau étanche qu’une frontière digne de ce nom l’est d’un mur. Le mur interdit le passage, la frontière le régule. ».

Ainsi, une frontière sert à fixer un cadre, former un corps d’individus et à le faire respirer, échanger avec le reste du Monde. La frontière n’empêche rien, elle ne bloque rien, elle régule, c’est un facteur d’équilibre. Et en fait, il n’est pas de régulation crédible sans frontières, que ce soit pour l’immigration ou la finance.

Voilà pour les grandes lignes, je vous laisse le soin d’enrichir cet argumentaire avec la lecture de l’Eloge des Frontières. Pour le reste, Régis Debray ne manque pas de dénoncer l’imposture morale des effaceurs de frontières. « Le ‘ludion désancré’ ne voulait plus la démarcation ; il a la ségrégation. (…) Entre gated communities et bidonvilles. (…) Entre les gens de Neuilly et ceux d’Aubervilliers. »

Car, regardons les choses en face : l’effacement des frontières n’a fait qu’attiser la peur des individus face à une altérité qui nous échappe. Pire, cette déconstruction a conduit à l’affaiblissement du citoyen pour renforcer le consommateur. « La globalisation elle-même provoque l’érection de murs électrifiés et vidéosurveillés contre des menaces senties comme névralgiques parce que insaisissables, infra- ou trans-nationales. » Et avec cet effacement, pendant que « l’économie se globalise, le politique se provincialise ». Une économie toujours plus forte, des pouvoirs politiques toujours plus faibles et des individus toujours plus seuls, est-ce vraiment cela qui est souhaité ?

Non, vraiment, un monde sans frontières n’a rien d’enviable, triste et lisse qu’il serait. Quel plaisir prendrions-nous à passer les frontières, à changer de culture et de paysages, à nous ouvrir sur le monde… sans frontières ? Il est in fine inutile de faire l’économie des postes de douanes. « Ce serait trop dommage pour cette grosse boule polychrome, joyeusement polyglotte, où il faut chaque jour, par chance, apprendre à s’égarer et où l’on voudrait bien pouvoir continuer à se perdre. »

Je ne peux que vous conseiller la lecture convaincante de ce manifeste de Régis Debray qui ne verse jamais dans l’excès et est empreint d’une grande sagesse, à l’image de cette dernière citation : « Renoncer à soi-même est un effort assez vain : pour se dépasser, mieux vaut commencer par s’assumer ».

JBR

Ouverture de nouveaux “Quick” halal

7 septembre 2010

C’est à partir d’aujourd’hui (1er septembre) que l’enseigne de restauration rapide “Quick” ouvre 14 nouveaux établissements proposant uniquement de la nourriture halal, c’est-à-dire conforme aux rites musulmans, portant ainsi à 22 le nombre total de “Quick” halal. 10 des nouveaux restaurants halal sont situés en Ile-de-France, notamment en Seine-Saint-Denis.

Après la polémique que cela avait provoqué, notamment à Roubaix, on ne pensait pas que l’enseigne d’origine belge (devenue française) remettrait le couvert (si j’ose dire…).

Cette fois, afin d’éviter d’être accusé de discrimination, “Quick” a décidé de proposer dans ces restaurants exclusivement halal un “hamburger traditionnel”. Par contre, celui-ci ne sera pas préparé sur place mais à l’avance, puis réchauffé…

Le comble étant que c’est l’Etat français qui, à travers la CDC (Caisse des Dépôts et Consignations), finance directement la chaîne de restauration rapide et ses établissements exclusivement halal !

Ainsi, “Quick” persévère dans sa démarche communautariste et anti-républicaine ! Que des restaurants décident de proposer des repas halal, casher ou même végétariens, pourquoi pas ? Cela constitue après tout des parts de marché qu’il peut être intéressant de cibler, au même titre que ce que font actuellement les industries agroalimentaires avec la production d’aliments halal, casher, bio, etc.
Mais qu’une chaîne de restaurants ne propose QUE de la nourriture halal (certes à un sandwich réchauffé près, mais de qui se moque-t-on ?…), cela s’appelle de la discrimination envers les autres personnes ne souhaitant pas manger halal.

De plus, cela encourage une nouvelle fois le communautarisme religieux en général, et islamique en particulier, qui petit-à-petit s’impose A TOUS dans notre pays (horaires aménagées dans les piscines publiques, suppressions des arbres de Noël dans certaines communes ou entreprises, demande de suppression des croix emblèmes des pharmacies, etc.). Que des personnes aient envie de vivre leur religion, soit, mais cela doit rester dans le cadre du privé et ne pas empiéter sur la vie des autres et sur les valeurs de notre société. Et c’est en cela que la vision de l’Islam en tant qu’organisation sociétale, et pas seulement comme religion, est incompatible avec notre république.

Depuis l’affaire du “Quick” de Roubaix, j’avais décidé de boycotter l’enseigne jusqu’à nouvel ordre (personnellement, j’aimais bien la tranche de bacon dans l’un de leurs hamburgers…). Ce n’est pas aujourd’hui que je vais cesser… Et j’en appelle les personnes ayant un minimum de civisme et de valeurs républicaines à en faire autant…

C’est parti pour les cantonales

13 juillet 2010

Je tiens tout d’abord à remercier Yannick Lacroix qui met permet de prendre la parole un court instant. Je me présente, je m’appelle Maxime THIEBAUT. Je suis Secrétaire général adjoint chargé de l’accueil et de la formation des nouveaux militants jeunes de Debout-Les-Jeunes, branche jeunes de DLR, ainsi que Délégué départemental Jeunes 71.

Je souhaiterais préciser une chose concernant notre candidat aux cantonales de 2011. Yannick est motivé, Yannick a des convictions affirmés et Yannick est jeune. En effet, du haut de ses 20 ans, il sait marquer la différence. La jeunesse est une qualité, elle ne devrait pas être considérée en politique comme un défaut ! Elle permet un jugement neuf, elle casse avec les préjugés, et confirme que le gaullisme est une « certaine idée de la France » toujours d’actualité.

« Une certaine idée de la France » aujourd’hui bafouée, aujourd’hui piétinée par une politique UMP des privilèges qui va à l’encontre de la volonté nationale. Une volonté violée comme nous le prouve la ratification parlementaire du traité de Lisbonne, texte quasi similaire à celui défendant une Constitution européenne et qui fut rejeté par référendum en 2005.

Cette politique à la botte de l’autocratie bruxelloise depuis déjà de nombreuses années est la cause de la désindustrialisation de notre Etat et de la délocalisation de nos entreprises. Elle n’amène que misère sociale et chômage de masse à un peuple qui se pose des questions au sujet de son avenir et qui aimerait qu’on arrête de lui mentir ! A un peuple qui ne veut pas d’une France maison de retraite ! A un peuple que l’on retrouve à Montceau-les-Mines, comme dans de nombreuses villes françaises, et qui voit ses emplois mourir à petit feu !

Etant chalonnais, je fus choqué de voir Montceau-les-Mines avec tant de vitrines tintes en blanc, tant de commerces fermés, alors qu’il existe un avenir possible pour cette ville et son département.

Je ne vais pas revenir sur la politique locale. Je préfère vous parler de la situation politique et économique, nationale et européenne qui est le cancer contre lequel nous nous battons aujourd’hui. Contrairement à ce que veulent nous le faire croire l’UMPS, car je pense que nous pouvons joindre les deux ensemble, qui nous a mis dans cette situation et nous maintient la tête sous l’eau, il n’est pas nécessaire d’aliéner la Nation française si nous voulons que notre Etat survive. Il n’est pas obligatoire de transférer notre souveraineté à une Europe oligarchique non démocratique si nous voulons faire subsister la France ! Il n’était pas nécessaire de créer une monnaie unique avec des politiques économiques différentes si nous voulons une Europe sans crises comme le défendaient les européistes de 1992. De plus, et nous le savons tous, il est impossible de construire une Europe économique sans une Europe sociale préalablement établie. C’est ainsi que depuis 17 ans nous connaissons le chaos : croissance au point mort, investissements et salaires qui stagnent, délocalisations et déficits publiques en hausses. Alors que c’est une évidence : l’Euro ne marche pas !

Finalement, vers quelle Europe veulent-ils tendre ? Quelle Europe pour demain ?

Alors qu’ils prônent l’indépendance de la France, qu’ils débattent de l’identité nationale, qu’ils commémorent une Nation forte devant la croix de Lorraine ou la tombe du Général de Gaulle, ils tendent sans vouloir nous le dire clairement de peur que les peuples se rebellent, et c’est malheureusement ce qu’il se passera s’ils continuent de persévérer dans cette voie, vers une Europe fédérale ! Et ce, sans le consentement des peuples qui la composent avec des jeunes qui se voient d’avantage citoyens du monde que citoyens européens.

Et puis comment voulez vous une Europe fédérale avec une Allemagne qui refuse à présent tout transfert de souveraineté et qui refusera d’aliéner son système fédéral ? Comment voulez une Europe fédérale sans peuple européen ? Comment voulez vous que l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne ou bien encore la France acceptent de se voir devenir similaires à l’état fédéré de Virginie aux Etats Unis ? Comme le dirait M. Nicolas Dupont-Aignan, « on marche sur la tête » ! Ce qui est certain, c’est que cette Europe sera balayée par l’histoire. Bien sûr en espérant que ce ne soit pas les peuples qui tiennent le manche du balai… Car ce serait alors l’aboutissement d’une tragique catastrophe d’ores et déjà prévue.

Mais alors, quelle Europe propose Debout-La-République ? Quel est le projet de M. Nicolas Dupont-Aignan ?

Alors que la seule défense que l’UMPS possède contre le pragmatisme de M. Nicolas Dupont-Aignan est de le traiter de « populiste », Debout-La-République propose une Europe des coopérations, une Europe confédérale des Nations qui respecte les peuples. C’est cette Europe que défendait le Général de Gaulle, que défendait Philippe Seguin le 5 mai 1992 lors de son discours à l’Assemblée Nationale où il était opposé aux transferts de compétences nécessaires à l’établissement de l’Union économique et monétaire européenne, et celle que défendent aujourd’hui de nombreux économistes tels que M. Jacques Sapir.

Une Europe des coopérations, c’est une Europe avec des projets à 4, 5, 6, 7 ou 8 pays… Pourquoi toujours vouloir tout faire à 27 ? Une Europe des coopérations, c’est Airbus, dont de nombreuses pièces sont malheureusement faites aux USA à cause de l’Euro trop cher… Une Europe des coopérations, ce serait aussi le TGV européen, des universités européennes ou bien encore la voiture électrique de demain. Car rappelons le, cette situation politique et économique fait que nous loupons les plus grands défis scientifiques du 21ème siècle alors que la Chine ou les Etats-Unis ont déjà la tête baissée dans le guidon !

La solution est donc de revenir aux monnaies nationales avec un Euro de réserve monnaie commune pour les banques. La solution est de redonner à la France sa souveraineté nationale pour qu’elle puisse dévaluer sa monnaie et relancer son économie. Ainsi elle permettra à sa croissance de s’accroitre. Mais il faut aussi baisser les charges sociales des PME de 40% à 20% comme en Allemagne… Ainsi nous permettrons à la France de relancer ses régions et ses départements, ainsi nous permettrons la fin du chômage de masse avec le retour du plein-emploi ! Un plein-emploi qui permettrait la création minimum des 500 milles emplois nécessaires pour permettre à notre système actuelle des retraites de fonctionner ! Les jeunes ont besoin de boulot, les jeunes veulent du boulot, et les jeunes telles que Yannick vont se battre pour que cela soit possible !

Les Français sont prêts à l’effort, mais un effort juste et partagé. Un effort qui demanderait aux politiques actuelles d’avouer leurs erreurs ! Mais comment voulez vous qu’ils le fassent alors qu’ils sont les acteurs mêmes de cette crise… C’est pour cela que M. Nicolas Dupont-Aignan a appelé à une nouvelle résistance à la capitulation économique. Une résistance à laquelle nous participons ensemble, avec Yannick Lacroix ! Car le gaullisme, c’est savoir dire non ! Le patriotisme n’est point du nationalisme. Nous aimons notre pays mais nous ne détestons pas celui des autres.

Je vous remercie.

Du problème des retraites

7 juillet 2010

Si on ne réforme rien, c’est le chaos. Si on ne fait rien, on va à la ruine. Si on ne fait rien avant 2050, c’est 100 milliards de déficit. Ces quasi slogans relayés avec ardeur par les médias ne sont pas sans rappeler leur propagande de 2005 avec le Traité de Lisbonne. Français si vous ne dîtes pas OUI, c’est le chaos !
Et pour cause, dans cette réforme, que je serais plus tenté de qualifier de réformette est très loin de résoudre les problèmes auxquels nous sommes confrontés. Faisant pour l’instant fi de la pénibilité du travail, faisant aussi fi des régimes spéciaux de retraites le gouvernement s’est lancé dans une réforme incomplète. Toutefois, on peut mettre au crédit du gouvernement de n’avoir jamais évoqué le régime par capitalisation pourtant ouvertement  souhaité par des quotidiens comme Le Figaro.
En tout état de cause, le régime par répartition subit une crise de financement, mais aussi une crise politique du fait d’une individualisation de la société. Doit-on pour autant abandonner ce système, instauré il y’ a plus d’un siècle et demi par Bismarck afin d’unifier l’Allemagne? Il favorise la solidarité entre les générations, et donc l’unification – voire la consolidation – d’une nation: l’alsacien cotisant pour le breton, le savoyard cotisant pour le normand. Enfin, il garantit un revenu pour tous les retraités.
Comparons maintenant au régime par capitalisation. Celui-ci mène clairement vers une marchandisation des retraites, lesquelles peuvent se retrouver quasi nulles dès lors que les bourses chutent. Dans un contexte de crise mondiale, ou les marchés boursiers se révèlent très volatiles, on ne peut pas placer toute son épargne au risque de tout perdre. Ainsi la crise asiatique de 1997 a t-elle ruiné des milliers d’épargnants américains…  En outre, quelle sera la réelle valeur des actions si 1 milliard de chinois et d’indiens seraient obligés de placer leur épargne en bourse ? Déjà bien peu représentatifs de la réalité économique, les marchés boursiers en seraient complètement déconnectés ! Ce faisant, le régime de retraite par capitalisation n’est absolument pas une réponse crédible à la crise du régime des retraites, mieux: elle est détestable.
Mais alors comment pouvons nous expliquer cette quasi faillite du système par répartition? Évidemment, on a toujours l’argument démographique: moins d’actifs pour plus d’inactifs. De telle sorte qu’en 2050, il n’y aura plus que 2 actifs pour financer une retraite. Y a t-il une autre explication ? Fort peu suspecte de bolchévisme, la Commission européenne nous dit que la part des salaires dans l’ensemble de l’économie française est passée de 66,5 % en 1982 à 57,2 % en 2006, soit une baisse de 9,3 points de PIB. Or, notre système, basé sur des cotisations sociales adossées au travail ne peut plus tenir du fait d’un partage de valeur ajoutée de plus en plus en défaveur du travail. Par ailleurs, nous pouvons en déduire 2 autres choses: d’une part, la retraite à 60 ans, était rendue possible par un taux de cotisation et une démographie favorable, et d’autre part, celle-ci relevait indiscutablement d’une mesure dite de “justice sociale” par Pierre Mauroy, Premier ministre de l’époque. Elle l’était à mon sens, uniquement dans la mesure ou elle concernait la génération touchée par la Seconde Guerre mondiale. Mais depuis lors, il est évident que l’âge légal de départ à la retraite doit être repoussé. De la même manière, les régimes spéciaux doivent clairement être abrogés. Par soucis d’égalité, le public doit avoir le même régime que le privé, surtout lorsque l’on sait le nombre d’avantage supplémentaire qu’ils ont: sécurité de l’emploi notamment.
Aussi, Xavier Bertrand nous explique doctement qu’il ne faut pas taxer ou baisser les pensions des retraités pour la bonne et simple raison que “ce sont eux qui consomment”. La consommation étant notre moteur actuellement, il convient de ne pas augmenter l’impôt. Or, c’est une erreur de diagnostic manifeste. Les “vieux” sont ceux qui par définition ont accumulé toute leur vie. Ceux là même qui sont parti à la retraite à 60 ans, qui ont connu la croissance incroyable des 30 Glorieuses. Les taxer à coup de CSG reviendrait à les faire payer eux aussi, ce serait une mesure juste. N’oublions pas les “vieux” ne consomment pas tout, ils se constituent souvent une épargne que les jeunes entrant dans la vie active n’ont souvent pas. En faisant participer les “vieux”, nous pourrions rendre du pouvoir d’achat au ménages actifs. Mais pourquoi le gouvernement ne le fait t-il pas ? Clairement parce que ce sont ces mêmes “vieux” qui ont participé au succès de Nicolas Sarkozy en 2007. En conséquence, le gouvernement trouve de fausses bonnes excuses pour exclure ces mêmes vieux de tout effort. Bruno Palier, chercheur au CNRS, appelle ça l’égoïsme des baby-bommers. Et on ne saurait lui donner tort. Enfin, outre la langue de bois de X.Bertrand, il y a aussi – et il convient de le souligner -, les mensonges de la publicité du gouvernement concernant les retraites. D’une part, elles ont couté 8 millions au contribuable, et d’autre part elle ne dit pas la vérité. Que nous dit-elle ? En 2018, le système sera en équilibre. Toutefois, ce que la pub ne dit pas, c’est qu’il sera en équilibre si et seulement si le pays est en situation de plein emploi. Autrement dit, en dessous de 5%… Cette prévision est assez cynique, surtout quand on sait que le mal français, c’est le chômage de masse contre lequel François Mitterand déclarait “avoir tout essayé pour le combattre”.
Dès lors, comment faire pour pérenniser le système ? Les démagogues socialistes – si l’on m’autorise ce pléonasme – disent qu’il faut taxer le capital. Toutefois, ce serait faire une grave entorse à la sacro-sainte libre circulation des capitaux: pierre angulaire de la “construction européenne”. Ainsi, quelle serait la réaction de la Commission de Bruxelles lorsqu’elle apprendrait que les gouvernement français souhaite taxer le capital ? On se souvient du triste épisode de Renault ou, malgré la volonté de Sarkozy, Bruxelles a immédiatement crié au scandale protectionniste. De plus, de quel capital s’agit t-il ? Des plus-values boursières ? Des transactions bancaires ? De l’épargne ? Bref, taxer le capital, mais quel capital ? Taxer les riches, oui mais à partir de combien sommes-nous riches ? A bien des égards, il manque ici une définition claire des termes employés. En tout état de cause, taxer les plus-values boursière, c’est se tirer une balle dans le pieds. La place de Paris étant déjà bien moins “compétitive” que celle de Londres, taxer ses transactions ferait fuir les investisseurs, ces derniers allant au plus rentable.
Il nous reste une donc une solution: la croissance. Souvent créatrice d’emplois, de consommation et donc, de revenus pour les caisses des divers organismes de l’État, elle est la clé de voûte du retour à l’équilibre tout aussi bien sur le financement de nos retraites. Néanmoins, voilà qu’une vague de rigueur s’abat sur l’Europe. Ainsi, il ne faudra compter sur les ménages pour consommer, ceci vont se tourner vers une épargne de précaution, peut propice à un retour à la croissance, à l’emploi, et donc à une augmentation des cotisations des retraites… Nous pourrions toutefois utiliser le levier monétaire. Mais non: nous n’avons plus la maîtrise de notre monnaie, et, étant (encore) sur-évaluée, elle ne permet pas de dégager de forts excédents commerciaux qui pourraient créer la aussi de l’emploi sur le territoire national.
Outre les problèmes économiques et démographiques, la réforme des retraites pose à mon sens un problème  philosophique. Pendant des années, les Hommes ont été contraints à des journées de travail inhumaines. Inutile de réécrire Germinal de Zola, mais dans ce cas, l’Homme a réussi à accroître sa productivité. Dit autrement,  nous produisons plus, et plus vite. A fortiori en France où notre productivité est l’une des plus élevée au monde. Sans forcément dire que je sois d’accord avec cet argument, force est de constater que c’est une problématique importante, et qu’il convient de ne pas l’écarter d’un revers de main: sommes-nous condamnés à travailler plus longtemps, alors que nous produisons mieux, et plus vite ?
Stanislas Korst

Halte à la violence gratuite

5 juillet 2010

Depuis son élection en mars 2008, le maire de la ville de Salomé, monsieur Amielh, commune située au sud-est de Lille, subit des violences indignes qui expriment une haine envers la République et ses représentants élus. Le maire de cette commune de 3000 habitants a subi différentes attaques indirectes puis directes de la part des bandes de jeunes qui demeurent impunis malgré les forts soupçons qui pèsent sur eux. Ces individus ont commencé par empoisonner les animaux du maire (son âne et ses chiens), puis ont commis deux cambriolages, un vol de voiture et ont ce week-end provoqué un incendie sur les jeux pour enfants disposés dans le jardin de monsieur Amielh, incendie qui d’après les premières expertises aurait pu se propager rapidement à la demeure de la victime. En sus, les délinquants responsables de ces actes ont également agressé physiquement l’adjoint du maire après les élections de mars 2008.

Cette escalade de violences et de menaces a commencé suite aux élections municipales de mars 2008 remportées par monsieur Amielh. Celui-ci avait insisté lors de sa campagne sur sa volonté de lutter contre la délinquance dans sa ville ( pour partie issue de bandes de quartiers sensibles de la ville de Roubaix, voisine de la ville de Salomé) en ciblant le trafic de drogue et les comportements violents. Suite à son élection, le maire de Salomé a commencé à s’attaquer à ces problèmes, ce qui a suscité ces réponses vives de la part des délinquants.

Il est important que Debout La République et Debout Les Jeunes Nord – Pas-de-Calais expriment leur soutien à monsieur Amielh dont le courage et les efforts doivent être salués. Ces réactions violentes des bandes visées par le combat juste du maire de Salomé n’ont rien de surprenant. La démission de l’Etat ainsi que celle des élus locaux depuis quelques décennies face aux violences, aux communautarismes et face à la dictature d’individus indignes de la citoyenneté française est la principale raison de ce sentiment d’impunité des auteurs de ces actes audieux.

Dans le but de mettre fin à ces troubles, de rétablir l’autorité républicaine ainsi que pour garantir la sécurité et la liberté des citoyens français, Debout Les Jeunes Nord – Pas-de-Calais apporte tout son soutien à monsieur Amielh et les candidats de Debout La République aux prochaines élections aux Conseils Généraux de la région auront le courage d’agir pour le bien commun quelle que soit leur étiquette politique.

Rémi Bergermoton311

Coordinateur DLJ Nord – Pas-de-Calais

Délégué départemental jeune