You are browsing the archive for Titre_Une.

Du problème des retraites

7 juillet 2010

Si on ne réforme rien, c’est le chaos. Si on ne fait rien, on va à la ruine. Si on ne fait rien avant 2050, c’est 100 milliards de déficit. Ces quasi slogans relayés avec ardeur par les médias ne sont pas sans rappeler leur propagande de 2005 avec le Traité de Lisbonne. Français si vous ne dîtes pas OUI, c’est le chaos !
Et pour cause, dans cette réforme, que je serais plus tenté de qualifier de réformette est très loin de résoudre les problèmes auxquels nous sommes confrontés. Faisant pour l’instant fi de la pénibilité du travail, faisant aussi fi des régimes spéciaux de retraites le gouvernement s’est lancé dans une réforme incomplète. Toutefois, on peut mettre au crédit du gouvernement de n’avoir jamais évoqué le régime par capitalisation pourtant ouvertement  souhaité par des quotidiens comme Le Figaro.
En tout état de cause, le régime par répartition subit une crise de financement, mais aussi une crise politique du fait d’une individualisation de la société. Doit-on pour autant abandonner ce système, instauré il y’ a plus d’un siècle et demi par Bismarck afin d’unifier l’Allemagne? Il favorise la solidarité entre les générations, et donc l’unification – voire la consolidation – d’une nation: l’alsacien cotisant pour le breton, le savoyard cotisant pour le normand. Enfin, il garantit un revenu pour tous les retraités.
Comparons maintenant au régime par capitalisation. Celui-ci mène clairement vers une marchandisation des retraites, lesquelles peuvent se retrouver quasi nulles dès lors que les bourses chutent. Dans un contexte de crise mondiale, ou les marchés boursiers se révèlent très volatiles, on ne peut pas placer toute son épargne au risque de tout perdre. Ainsi la crise asiatique de 1997 a t-elle ruiné des milliers d’épargnants américains…  En outre, quelle sera la réelle valeur des actions si 1 milliard de chinois et d’indiens seraient obligés de placer leur épargne en bourse ? Déjà bien peu représentatifs de la réalité économique, les marchés boursiers en seraient complètement déconnectés ! Ce faisant, le régime de retraite par capitalisation n’est absolument pas une réponse crédible à la crise du régime des retraites, mieux: elle est détestable.
Mais alors comment pouvons nous expliquer cette quasi faillite du système par répartition? Évidemment, on a toujours l’argument démographique: moins d’actifs pour plus d’inactifs. De telle sorte qu’en 2050, il n’y aura plus que 2 actifs pour financer une retraite. Y a t-il une autre explication ? Fort peu suspecte de bolchévisme, la Commission européenne nous dit que la part des salaires dans l’ensemble de l’économie française est passée de 66,5 % en 1982 à 57,2 % en 2006, soit une baisse de 9,3 points de PIB. Or, notre système, basé sur des cotisations sociales adossées au travail ne peut plus tenir du fait d’un partage de valeur ajoutée de plus en plus en défaveur du travail. Par ailleurs, nous pouvons en déduire 2 autres choses: d’une part, la retraite à 60 ans, était rendue possible par un taux de cotisation et une démographie favorable, et d’autre part, celle-ci relevait indiscutablement d’une mesure dite de “justice sociale” par Pierre Mauroy, Premier ministre de l’époque. Elle l’était à mon sens, uniquement dans la mesure ou elle concernait la génération touchée par la Seconde Guerre mondiale. Mais depuis lors, il est évident que l’âge légal de départ à la retraite doit être repoussé. De la même manière, les régimes spéciaux doivent clairement être abrogés. Par soucis d’égalité, le public doit avoir le même régime que le privé, surtout lorsque l’on sait le nombre d’avantage supplémentaire qu’ils ont: sécurité de l’emploi notamment.
Aussi, Xavier Bertrand nous explique doctement qu’il ne faut pas taxer ou baisser les pensions des retraités pour la bonne et simple raison que “ce sont eux qui consomment”. La consommation étant notre moteur actuellement, il convient de ne pas augmenter l’impôt. Or, c’est une erreur de diagnostic manifeste. Les “vieux” sont ceux qui par définition ont accumulé toute leur vie. Ceux là même qui sont parti à la retraite à 60 ans, qui ont connu la croissance incroyable des 30 Glorieuses. Les taxer à coup de CSG reviendrait à les faire payer eux aussi, ce serait une mesure juste. N’oublions pas les “vieux” ne consomment pas tout, ils se constituent souvent une épargne que les jeunes entrant dans la vie active n’ont souvent pas. En faisant participer les “vieux”, nous pourrions rendre du pouvoir d’achat au ménages actifs. Mais pourquoi le gouvernement ne le fait t-il pas ? Clairement parce que ce sont ces mêmes “vieux” qui ont participé au succès de Nicolas Sarkozy en 2007. En conséquence, le gouvernement trouve de fausses bonnes excuses pour exclure ces mêmes vieux de tout effort. Bruno Palier, chercheur au CNRS, appelle ça l’égoïsme des baby-bommers. Et on ne saurait lui donner tort. Enfin, outre la langue de bois de X.Bertrand, il y a aussi – et il convient de le souligner -, les mensonges de la publicité du gouvernement concernant les retraites. D’une part, elles ont couté 8 millions au contribuable, et d’autre part elle ne dit pas la vérité. Que nous dit-elle ? En 2018, le système sera en équilibre. Toutefois, ce que la pub ne dit pas, c’est qu’il sera en équilibre si et seulement si le pays est en situation de plein emploi. Autrement dit, en dessous de 5%… Cette prévision est assez cynique, surtout quand on sait que le mal français, c’est le chômage de masse contre lequel François Mitterand déclarait “avoir tout essayé pour le combattre”.
Dès lors, comment faire pour pérenniser le système ? Les démagogues socialistes – si l’on m’autorise ce pléonasme – disent qu’il faut taxer le capital. Toutefois, ce serait faire une grave entorse à la sacro-sainte libre circulation des capitaux: pierre angulaire de la “construction européenne”. Ainsi, quelle serait la réaction de la Commission de Bruxelles lorsqu’elle apprendrait que les gouvernement français souhaite taxer le capital ? On se souvient du triste épisode de Renault ou, malgré la volonté de Sarkozy, Bruxelles a immédiatement crié au scandale protectionniste. De plus, de quel capital s’agit t-il ? Des plus-values boursières ? Des transactions bancaires ? De l’épargne ? Bref, taxer le capital, mais quel capital ? Taxer les riches, oui mais à partir de combien sommes-nous riches ? A bien des égards, il manque ici une définition claire des termes employés. En tout état de cause, taxer les plus-values boursière, c’est se tirer une balle dans le pieds. La place de Paris étant déjà bien moins “compétitive” que celle de Londres, taxer ses transactions ferait fuir les investisseurs, ces derniers allant au plus rentable.
Il nous reste une donc une solution: la croissance. Souvent créatrice d’emplois, de consommation et donc, de revenus pour les caisses des divers organismes de l’État, elle est la clé de voûte du retour à l’équilibre tout aussi bien sur le financement de nos retraites. Néanmoins, voilà qu’une vague de rigueur s’abat sur l’Europe. Ainsi, il ne faudra compter sur les ménages pour consommer, ceci vont se tourner vers une épargne de précaution, peut propice à un retour à la croissance, à l’emploi, et donc à une augmentation des cotisations des retraites… Nous pourrions toutefois utiliser le levier monétaire. Mais non: nous n’avons plus la maîtrise de notre monnaie, et, étant (encore) sur-évaluée, elle ne permet pas de dégager de forts excédents commerciaux qui pourraient créer la aussi de l’emploi sur le territoire national.
Outre les problèmes économiques et démographiques, la réforme des retraites pose à mon sens un problème  philosophique. Pendant des années, les Hommes ont été contraints à des journées de travail inhumaines. Inutile de réécrire Germinal de Zola, mais dans ce cas, l’Homme a réussi à accroître sa productivité. Dit autrement,  nous produisons plus, et plus vite. A fortiori en France où notre productivité est l’une des plus élevée au monde. Sans forcément dire que je sois d’accord avec cet argument, force est de constater que c’est une problématique importante, et qu’il convient de ne pas l’écarter d’un revers de main: sommes-nous condamnés à travailler plus longtemps, alors que nous produisons mieux, et plus vite ?
Stanislas Korst
Publier sur Facebook

Halte à la violence gratuite

5 juillet 2010

Depuis son élection en mars 2008, le maire de la ville de Salomé, monsieur Amielh, commune située au sud-est de Lille, subit des violences indignes qui expriment une haine envers la République et ses représentants élus. Le maire de cette commune de 3000 habitants a subi différentes attaques indirectes puis directes de la part des bandes de jeunes qui demeurent impunis malgré les forts soupçons qui pèsent sur eux. Ces individus ont commencé par empoisonner les animaux du maire (son âne et ses chiens), puis ont commis deux cambriolages, un vol de voiture et ont ce week-end provoqué un incendie sur les jeux pour enfants disposés dans le jardin de monsieur Amielh, incendie qui d’après les premières expertises aurait pu se propager rapidement à la demeure de la victime. En sus, les délinquants responsables de ces actes ont également agressé physiquement l’adjoint du maire après les élections de mars 2008.

Cette escalade de violences et de menaces a commencé suite aux élections municipales de mars 2008 remportées par monsieur Amielh. Celui-ci avait insisté lors de sa campagne sur sa volonté de lutter contre la délinquance dans sa ville ( pour partie issue de bandes de quartiers sensibles de la ville de Roubaix, voisine de la ville de Salomé) en ciblant le trafic de drogue et les comportements violents. Suite à son élection, le maire de Salomé a commencé à s’attaquer à ces problèmes, ce qui a suscité ces réponses vives de la part des délinquants.

Il est important que Debout La République et Debout Les Jeunes Nord – Pas-de-Calais expriment leur soutien à monsieur Amielh dont le courage et les efforts doivent être salués. Ces réactions violentes des bandes visées par le combat juste du maire de Salomé n’ont rien de surprenant. La démission de l’Etat ainsi que celle des élus locaux depuis quelques décennies face aux violences, aux communautarismes et face à la dictature d’individus indignes de la citoyenneté française est la principale raison de ce sentiment d’impunité des auteurs de ces actes audieux.

Dans le but de mettre fin à ces troubles, de rétablir l’autorité républicaine ainsi que pour garantir la sécurité et la liberté des citoyens français, Debout Les Jeunes Nord – Pas-de-Calais apporte tout son soutien à monsieur Amielh et les candidats de Debout La République aux prochaines élections aux Conseils Généraux de la région auront le courage d’agir pour le bien commun quelle que soit leur étiquette politique.

Rémi Bergermoton311

Coordinateur DLJ Nord – Pas-de-Calais

Délégué départemental jeune

Publier sur Facebook

Cantonales : Nicolas Chevalier-Roch se lance !

30 juin 2010

Lors de la conférence de presse qu’il a organisée ce mercredi 30 juin, Nicolas Chevalier-Roch, responsable DLJ Alsace, a officiellement annoncé sa candidature pour les élections cantonales de mars prochain, sur le canton de Sierentz (Haut-Rhin).

En terminale S l’an prochain, il sera sans doute l’un des plus jeunes candidats de France, puisqu’au moment du scrutin, il n’aura que 18 ans et sept mois.

Vous pourrez suivre sa campagne au quotidien, sur son blog : http://nicolas.chevalier-roch.over-blog.fr/.

Je vous invite également à adhérer à sa page facebook : http://www.facebook.com/#!/pages/NCR-2011/127997610557975?ref=ts

Publier sur Facebook

Bruxelles, capitale fédérale des Etats-Unis d’Europe

21 juin 2010

La récente victoire du parti NVA (Nieuw Vlaamse Alliantie : Nouvelle Alliance Flamande) lors des dernières élections fédérales belges a provoqué stupeur, indignation et consternation en Europe : “Comment ? Un parti nationaliste arrivé en tête en Belgique, dont la capitale est le siège de la Commission européenne ? Quelle ironie !”. 

Pourtant, ce n’est pas tellement le caractère conservateur et nationaliste de ce parti qui devrait inquiéter les européens, mais plutôt ses idées sur l’Europe… Car en effet il s’avère que le NVA (contrairement au parti Vlaams Belang par exemple) défend profondément l’idée d’une Europe fédérale. Son leader, Bart de Wever, a d’ailleurs déclaré récemment qu’il souhaitait que l’Europe et les grandes régions confédérées deviennent “les deux niveaux de compétence les plus importants”. Dans une interview parue sur le site du Figaro, Vincent De Coorebyter, directeur du Centre de recherche et d’informations socio-politiques (Crisp) de Bruxelles, explique que “leur argument est que l’indépendance des régions va dans le sens de l’histoire européenne, puisque l’Union se base sur les régions auxqelles elle confère toujours plus de pouvoirs. [...] Tout cela amène logiquement, selon le NVA, à la disparition des Etats-Nations artificiels, comme la Belgique. Le NVA se bat donc pour une Europe à deux niveaux : supranational et régional.” Tout est dit… 

Le NVA n’est donc pas un “adversaire” de l’Europe technocrate. Tout au contraire, c’en est même un allié hautement stratégique… Et pour cause ! La probable dissolution de la Belgique, conséquence de l’indépendance de la Flandre tant souhaitée par le NVA, serait confronté au “problème” de Bruxelles (située géographiquement en Flandre mais peuplée à 80% de francophones)… Pseudo-problème pour l’Europe en fait, puisque cette dernière se verrait alors probablement confiée l’arbitrage de cette affaire. Et à n’en point douter, un statut de territoire indépendant, appartenant à l’Union européenne, serait la seule solution “équitable” pour les deux parties… Et cela serait alors l’occasion rêvée de décerner un statut tout particulier à la “future ex-capitale belge” : celui de capitale fédérale d’Europe !! Une sorte de “Bruxelles D.C.” pour “les Etats-Unis d’Europe”, qui, par la ratification du traité de Lisbonne, se considère déjà officiellement comme personnalité juridique et reconnaît la citoyenneté européenne… 

La destruction des Nations au profit d’une Europe fédérale poursuit son cours…

Publier sur Facebook

Un nouveau DDJ pour l’Isère

20 juin 2010

Damien Durand a été nommé délégué “jeunes” pour le département de l’Isère. Pour le contacter : damien_durand2000@yahoo.fr

Publier sur Facebook

Bigeard, l’éternel combattant

19 juin 2010

Le général Bigeard nous a dit adieu. Il a choisit la date symbolique du 18 juin, si chère à son cœur de soldat de la France Libre, pour tirer sa révérence. C’est presque sans bruit, alors que certains vont pleurer des larmes de crocodiles à Londres devant la statue du général de Gaulle, qu’il a dit au revoir à cette France qu’il n’a cessé de chérir tout au long de sa vie.

Le combattant de la France libre

Sergent dans le 23ème régiment de forteresses (RIF) à vingt-trois ans, adjudant un an plus tard, il fut un parmi tant d’autres de ses jeunes combattants de la campagne de France de 1940 dont le courage n’aura pu inverser le cours des choses. Capturé, évadé, repris deux fois par les soldats gardant le stalag dans lequel il était retenu prisonnier, la troisième fois sera la bonne, et il rejoindra la zone libre, puis la Résistance en 1943. Les deux dernières années de la guerre le consacreront comme « formateur des résistants français» au combat pour la Libération avant le débarquement allié. Il finira la guerre avec le grade de capitaine et la Légion d’Honneur accrochés à son uniforme, grâce notamment à son exemplarité et sa proximité avec ses hommes.

La seconde guerre mondiale marqua non seulement les premiers faits d’armes de Bigeard, mais montra aussi les valeurs auxquelles il fut attaché sa vie durant : l’abnégation, le courage et le combat pour la Nation et la Patrie menacées.

De l’Indochine à l’Assemblée nationale

Les guerres coloniales furent une nouvelle épreuve d’importance pour lui. La guerre d’Indochine le fit prisonnier dans la cuvette de Dien-Bien-Phu, où il fut pris à la chute du camp. La guerre d’Algérie, elle, entacha son histoire et sa réputation de soldat : les accusations de torture fusèrent pendant de nombreuses années, tant du FLN que de certains anciens camarades d’Algérie,  accusations qu’il n’a eu de cesse de démentir tout au long de sa vie jusqu’à aujourd’hui. Cela n’empêcha pas les décorations de pleuvoir et de s’agrafer sur sa vareuse. L’indépendance annoncée sonna aussi comme un nouveau départ pour “celui qui n’avait fait que servir militairement” son pays depuis près de trente ans. Après un bref passage au secrétariat d’Etat à la Défense, il choisit le service parlementaire où il exerça pendant près de dix ans dans l’Assemblée Nationale.

Une certaine idée de la France

A soixante-dix ans, il se retire dans sa résidence à Toul, où il écrivit des ouvrages consacrés à ses souvenirs, ses mémoires de soldat, mais aussi ses visions de la France et de son évolution, dont les titres étaient sans équivoques, de J’ai mal à la France à Mon dernier Round en passant par Adieu ma France. Son franc-parler et sa gouaille sévère mais juste s’ajoutent elles aussi à ce personnage emblématique et charismatique qui posait un regard désabusé sur cette France qui semblait et semble encore s’abandonner à son sort.

C’est donc à l’âge fort honorable de quatre-vingt-quatorze ans que le vétéran de tant de guerres nous a dit au revoir, non sans nous avoir glissé cette boutade: «  Je suis le dernier des cons glorieux ! Et je m’arrangerai pour mourir un jour qui fasse chier tout le monde !» Pari réussi !

Laurent Maisonnat, DLJ 69

Publier sur Facebook

Education nationale et Nation éduquée

15 juin 2010
A partir de septembre, la proposition de réforme du rythme scolaire du ministre de l’Education Luc Chatel sera testée dans une centaine de collèges et lycées. Cette réforme s’inspire un peu de ce qui se pratique en Allemagne depuis de nombreuses années : semaine de 4 ou 5 jours, selon les établissements, les cours ont lieu uniquement le matin et l’après-midi est ainsi réservée au sport ou aux activités extra-scolaires.
Cette proposition s’inscrit dans un projet de réforme du rythme scolaire : cours le matin et sport l’après-midi donc, mais également raccourcissement des vacances d’été ou encore le mercredi travaillé.
A priori, ces mesures ne semblent pas mauvaises. Cela permettrait aux enfants de pratiquer plus de sport et cela allègerait les journées de cours. Mais malheureusement, je doute que cela ne change quelque chose concernant les problèmes majeurs de l’absentéisme à l’école et de l’échec scolaire…
Il est en effet primordial de se pencher sur ce sujet. Concernant l’école buissonnière, le gouvernement avait pourtant donné la bonne direction en annonçant vouloir responsabiliser les parents des élèves absentéistes en supprimant leurs allocations familiales. Malheureusement, le chef de l’Etat a annoncé par la suite que les allocations seraient versées rétroactivement dans le cas où les enfants retourneraient en cours. Il suffirait donc aux élèves de ne faire acte de présence qu’une fois de temps-en-temps pour que cela n’ait pas d’impact au niveau du versement des allocations familiales… Cela annule de fait tout l’intérêt de la démarche ! Il est important de rester ferme sur ce point afin de responsabiliser les familles.
En outre, même si la réduction du nombre de fonctionnaires de manière générale peut se justifier, il n’est pas forcément judicieux que le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite s’applique à l’Education nationale. En effet, mettre plus d’enseignants (et de manière générale plus de moyens) à disposition des écoles publiques permettrait de réduire le nombre d’enfants par classe, ce qui ne pourrait qu’avantager les élèves, même si, bien évidemment, rien ne remplace la prise de conscience de l’utilité de s’instruire et la volonté de réussir.
A ce titre, il est nécessaire de rétablir “l’école du mérite”. C’en est assez des allègements de programme et du nivellement par le bas. Au contraire, le principe de l’école est que chaque élève y trouve son compte et ait envie de se former, de se cultiver, de devenir compétent et de trouver un métier à la sortie. Pour ce faire, on pourrait par exemple remplacer l’obligation de scolarisation jusqu’à 16 ans par l’obligation d’obtention d’une qualification (pouvant aller du BEP jusqu’au doctorat). Cela constituerait ainsi un but à atteindre pour les élèves.
Enfin, il faut également en finir avec la violence à l’école, qui n’avait jamais atteint un tel niveau auparavant, comme en témoigne la nouvelle affaire de l’adolescent poignardé au lycée Henri Wallon d’Aubervilliers. La surveillance dans les établissements scolaires des “zones à risque” doit être renforcée, le nombre de surveillants n’étant pas suffisant pour faire face à une telle montée de violence. Et les sanctions conte les “jeunes” impliqués dans ces histoires doivent être exemplaires.
Tout cela (plus de moyens, plus d’envie de réussir et moins de violence) permettrait de retrouver dans les écoles publiques une atmosphère plus adaptée à la réussite des élèves. Pas sûr que la modification du rythme scolaire souhaitée par Luc Chatel y change grand-chose…
Publier sur Facebook

Les origines du chômages – première partie

12 juin 2010

Le contexte: (à l’origine était le plein-emploi)

Dans le prolongement de la convention nationale pour le plein-emploi organisée par DLR le samedi 10 avril 2010, et dont j’ai réalisé un petit montage (voir ci-dessous), je vous propose de remonter à la source, et de comprendre d’où vient le chômage.

Voici donc la première partie de l’article (qui en comptera trois, le découpage réalisé étant dû à la longueur de l’article):

http://www.dailymotion.com/videoxcxzn4

La société française telle que nous la connaissons aujourd’hui est pour une grande part directement issue de la seconde guerre mondiale car cette guerre a significativement redistribué les cartes au sein de notre société et de nouveaux rapports de forces ont alors émergé, rapports de forces dont les effets se font toujours ressentir actuellement.

La France sort de la seconde guerre mondiale appauvrie, affaiblie, détruite. Détruite moralement par la défaite, l’occupation, la collaboration et détruite physiquement par les vols allemands et les bombardements alliés. Un nouveau départ s’impose. Et ce nouveau départ aura bien lieu, d’une part grâce à de Gaulle, qui fournit à la France une régénérescence morale, et d’autre part grâce au plan Marshall1, qui fournit à la France une régénérescence matérielle2. Double don, double dépendance. Deux différences absolument fondamentales sont néanmoins à noter entre les deux supports de la reconstruction de la France. Tout d’abord, l’un est interne (de Gaulle) quand l’autre est externe (le plan Marshall). Cela est extrêmement important, car autant de Gaulle est un pur produit du système (il est issu de la bourgeoisie traditionnelle française), autant le plan Marshall est une anomalie systémique (c’est un apport matériel et financier issu d’une autre nation, les États-Unis). Ensuite, autre différence radicale, de Gaulle porte en lui la valeur de l’effort (le pouvoir conquis de haute lutte), quand le plan Marshall valorise au plus haut point la valeur du confort (l’argent qui tombe du ciel). Nous avons donc une époque portée par deux paradigmes antagonistes qui portent en eux deux états-d’esprits diamétralement opposés. Tout le travail de de Gaulle et des ex-résistants, durant l’immédiat après-guerre, va consister à gérer au mieux cette anomalie. Ils vont y réussir à merveille. La France de l’après-guerre va d’ailleurs être le moment de la résolution de l’éternel dialectique homme/femme: chacun réalise sa destinée, dans un espace enfin défini (dans un pays aux frontières retrouvées), la femme crée la vie et l’homme crée le monde: c’est le baby-boum d’une part et la modernisation de la France d’autre part; l’équilibre mille fois cherché est enfin trouvé3. Les ressources matérielles du plan Marshall, canalisées, organisées au mieux par de Gaulle, vont permettre un essor fabuleux de la France. L’après-guerre n’est finalement pour notre pays rien d’autre que la réalisation de l’idéal rousseauiste: la démocratie comme dépassement de la dialectique du corps et de l’esprit, la résolution de la problématique intime par le collectif, l’action du corps social étant alors organisée, de son plein gré, par une pensée politique légitime et préoccupée du bien commun.

  1. Le changement de rapport de forces:

  2. Néanmoins, un nuage pointe à l’horizon. En effet, les facilités matérielles du plan Marshall, si elles ont eu une formidable utilité pour la France de l’après-guerre, finissent à la longue par devenir trop importantes pour une société qui ne peut plus gérer ce luxe, ce trop-plein, ce surplus. Au maximum de l’utilisation canalisée, raisonnée de ces facilités, nous avons les trente-glorieuses, et le plein emploi. Mais le surplus n’en finit pas d’arriver, il déborde pour submerger, dérégler la société française, et le gaullisme finit par être dépassé. En 1968, la génération du baby-boum arrive à l’âge adulte, dans un monde reconstruit, confortable, apaisé, et qui n’a pas besoin d’elle. Mais elle est là. La société française a su se mobiliser pour repartir à la fin de la guerre, car la France est un vieux pays qui a donc connu de nombreuses guerres et troubles de tous ordres, et qui a su y faire face (puisqu’elle a perduré). Mais, par contre, autant l’agression étrangère est un phénomène classique dans l’histoire de France, autant l’aide externe est un phénomène totalement nouveau, qui plus est à cette échelle: la société française n’est pas prête à gérer cet événement. Pour les générations qui ont connu la guerre _les guerres (1870, 1914, 1939)_, la mobilisation, la contrainte et l’effort collectif sont logiques et acceptés. En revanche, pour la génération qui est issue de l’immédiat après-guerre, qui n’a donc connu que la paix et un confort qui va croissant, ces notions sont illogiques, inutiles et frustrantes, car aucun problème ne se profile à l’horizon. Aucun projet collectif ne peut lui être proposé. Rien qui pourrait justifier des contraintes morales et comportementales qui tiennent donc plus à ses yeux du sadisme que de la nécessité. C’est bien là d’ailleurs l’échec historique de de Gaulle, ne pas avoir su proposer un projet à la génération née de l’après-guerre, et même plus, son incapacité à penser qu’il fallait lui proposer un projet (j’y reviendrai un jour). A contrario, le plan Marshall ne vient pas seul, il est complété par tout un appareil idéologique qui va accompagner, habiller, la modernité, et ainsi remplir le vide laissé par le gaullisme. Une fois le plan Marshall passé, cet appareil idéologique restera, lui, fermement ancré dans la société. Aux acteurs (les gaullistes) vont ainsi succéder les consommateurs (les bobos). Aux adeptes de l’effort vont succéder les adeptes du confort. Au dépassement de la dialectique homme/femme va succéder la domination du féminisme. À la politique va succéder la psychanalyse. Au «devoir de» va succéder le «droit à». Au citoyen va succéder l’individu. À la protection sociale va succéder le bouclier fiscal. À la démocratie va succéder la dictature de la pensée unique. Au commissariat au plan va succéder la concurrence libre et non-faussée. Au patriotisme va succéder l’atlantisme (et ces pendants, le mondialisme et l’européisme).

    Si j’ai décidé d’évoquer _très succinctement_ ces différents aspects, a priori non concernés par la problématique de l’emploi, c’est pour montrer l’aspect systémique des changement intervenus, la cohérence d’ensemble, et le changement de logique qui préside au tout. L’important étant de bien saisir que le chômage est une donnée trop importante, trop durable, trop conséquente, pour être une anomalie, un épiphénomène anecdotique. Si chômage il y a, c’est qu’il fait partie intégrante du système actuel, et, comme toute partie du tout, il en dépend comme il le renforce. Inutile donc de vouloir résorber le chômage par une ou deux mesures. C’est bien toute la société sur laquelle il faut agir. En effet, tout changement visant à combattre le chômage, s’il est isolé, sera irrémédiablement contrecarré par les autres facteurs, les autres composantes de la société. La lutte contre le chômage, si elle est à contre-courant de la logique globale du système, sera inéluctablement vouée à l’échec.

    Voyons maintenant plus précisément comment la société française est passée du plein-emploi au chômage de masse.

    Graphique : taux de chômage 1967-2005

    Le plein-emploi, résultant de la rencontre d’un projet, le remodelage du monde (la reconstruction de la France), et des moyens de sa réalisation (moyens intellectuels et matériels, à savoir l’État gaulliste et le plan Marshall), pose problème à une catégorie de la population, les employeurs privés. En effet, le plein-emploi, c’est la réalisation du projet marxiste, c’est à dire la dictature du prolétariat. L’employé domine l’employeur, notamment car il peut le choisir (et choisir de le quitter). Cela est insupportable pour le patronat, pour des raisons psychologiques. Un _grand_ patron est patron pour dominer, pour être obéi, il se veut le mâle dominant de la tribu capitaliste. Or il est, de fait, dominé. Il va donc tout faire pour rétablir le rapport de forces de la lutte des classes en sa faveur, en agissant précisément par où il se sait (il se sent) dominé, c’est à dire au niveau du rapport offre/demande d’emploi.

Le patronat parviendra-t-il à satisfaire son égo? Le plein-emploi va-t-il y survivre?

Vous le saurez bientôt en lisant sur ce site: «Allez, au chômage! (la loi de l’offre et de la demande)».

______________________________________________

1Je m’inspire ici de la pensée de Michel Clouscard, que l’on retrouve notamment dans «Le capitalisme de la séduction».

2Près de 2,5 millions de dollars (de l’époque) donnés à la France par les États-Unis de 1948 à 1952 (soruce: http://fr.wikipedia.org/wiki/Plan_Marshall).

3Pour plus de détails concernant cette problématique, voir mon article «Badinter… minable» publié sur le site DLR Paris ici : http://75.d-l-r.fr/?q=node/86 et sur le site DLJ ici : http://debout-les-jeunes.fr/blog/03/2010/872/badinter-et-les-femmes/.

Publier sur Facebook

Réforme des retraites : un point de vue différent

5 juin 2010

Autre temps, autres mœurs, les vérités d’hier ne sont plus celles d’aujourd’hui. Ainsi, les retraites et leur financement sont devenus en cette veille d’été une priorité nationale avec l’aide des médias officiels qui ont tôt fait de relever que les retraités français étaient parmi les plus jeunes d’Europe puisqu’ils pouvaient couler des jours paisibles dés leur soixantième anniversaire, un record absolu si on met à part les Grecs qui sont devenus entre temps des épouvantails aux yeux de la doxa néolibérale.

Quoi qu’il en soit, en ces temps de rigueur budgétaire où les plans d’économies drastiques essaiment un peu partout sur le vieux continent, la réforme des retraites se lit maintenant sur toutes les lèvres et figure en bonne place dans tous les éditoriaux comme si la maison France était en feu sous l’œil inquisiteur du pompier pyromane personnifié à merveille par la commission européenne ou le FMI si prompts à intervenir dés lors qu’il s’agit de détricoter le modèle social des états. De là à dire que la conjoncture économique actuelle et les pressions supranationales servent d’alibis parfaits à une réforme qui en des temps un peu moins chaotiques auraient mis quelques millions de Français dans la rue, il n’y a qu’un pas qui est, avouons le, assez facile à franchir.

Ce faisant, ces objections soulevées et sans vouloir entrer dans des considérations interminables, la refonte du système de retraite n’en est pas moins indispensable et prétendre le contraire serait soit de la mauvaise foi soit de l’ignorance. Toutefois, réformer pour réformer ne doit pas devenir un dogme et il est légitime d’appeler de nos vœux un projet consensuel au terme d’un débat de fond que seule une élection présidentielle ou un référendum sont en mesure d’apporter. A notre grand regret, telle n’est pas la méthode retenue par l’exécutif qui a préféré prendre le risque de rendre inefficace et injuste cette réforme, comme si la France avait besoin de ça avec tout ce qui lui tombe sur la tête depuis des années. Il est vrai que la langueur de la crise, la trêve estivale conjuguées au souhait d’une performance de l’équipe de France lors de la coupe du monde de football sont en mesure de tuer dans l’œuf toute velléité sur la question mais cela ne constitue pas une méthode de gouvernement, loin s’en faut.

Pour le reste, après des semaines où tant la majorité que l’opposition ont avancé à pas de velours sur la question, il paraît désormais acté, à la grande satisfaction des marchés et du patronat, que les Français c’est à dire vous et moi travailleront plus longtemps. Quelques chiffres ont pu être avancés ici ou là mais le quidam n’est toujours pas plus éclairé sur ce qui l’attend dans les années à venir.             Retraite à 62, 63 ou 65 ans? Qui vivra verra. Une seule certitude: les soixante ans ne seront plus synonymes de repos bien mérité, faute à qui veut bien l’entendre à une espérance de vie toujours plus élevée au fil des années. Il ne suffit pourtant pas de vivre plus vieux, faut il encore vivre en bonne santé. Voila un élément que nos dirigeants doivent se mettre en tête, ce qui nous amène à une question centrale de la réforme, celle des métiers difficiles.

Le véritable enjeu de la réforme: la question de la pénibilité

A cet égard, se dessine dans ce flot d’inquiétudes un point positif qui est celui de la pénibilité que le gouvernement et les partenaires sociaux semblent bien vouloir enfin prendre en compte. Sur cette question, tout le monde s’accorde pour affirmer que les personnes ayant occupé les emplois les plus difficiles doivent bénéficier d’une retraite anticipée. Quand on sait que l’espérance de vie moyenne d’un ouvrier est inférieure d’environ 10 ans à celle d’un cadre, on mesure à quelle point cette question ne peut plus être occultée. Pour avoir travaillé dans l’artisanat, en usine et dans la fonction publique, j’ai pu constater qu’il n’existe pas une dichotomie entre métiers non pénibles d’un côté et non pénibles de l’autre mais plutôt différents degrés de pénibilité qui sont souvent propres à un métier et qu’on ne rencontrera pas dans un autre. Dans ce cas, comment décider froidement dans un bureau à Bercy ou rue de Grenelle d’augmenter la durée de cotisation de ces salariés sans prendre en compte la carrière de chacun ? Pour s’en convaincre, il suffit de s’intéresser de plus prés à la caissière de chez Auchan, à l’ouvrier soumis au rythme des 3*8, au conducteur de bus en région parisienne ou à l’agriculteur à côté de chez nous. Qu’est ce qui rapproche ces différentes professions ? A première vue pas grand-chose. Pourtant si on regarde bien, tous exercent  des métiers qui sont certes différents mais qui comportent des risques indéniables sur la santé psychique et physiologiques des individus en cause (stress, ports de charges lourdes, horaires décalés, risques d’agression, dangers sanitaires).A cet égard comment considérer ces réalités incontestables dans le calcul de la durée de cotisation afin que la retraite ne soit pas un eldorado inaccessible mais plutôt un havre de paix après une vie de dur labeur ? Nicolas Dupont-Aignan et Debout la République proposent à ce sujet une retraite à la carte, seule garantie à mon sens dans l’individualisation des parcours professionnels. Il s’agit bien évidemment d’une question de bon sens. En poussant le raisonnement plus loin, on peut même penser que la question l’âge de départ à la retraite ou celle relative à la durée de cotisation sont des faux débats et que l’enjeu est ailleurs.

Pourquoi ne pas envisager plutôt un capital- points devant être atteint afin de prétendre à faire valoir ses droits à la retraite et qui serait le même pour chaque actif quelque soit le salarié indifféremment du fait qu’il soit du secteur privé ou du secteur public? Après tout ce système ne serait pas plus idiot ou difficile à mettre en place qu’un autre et permettrait au passage de mettre fin à l’injustice criante des régimes spéciaux. L’approche du calcul des droits à la retraite peut, il est vrai, s’opérer de cette manière et serait le plus approprié afin de prendre en compte cette question de la pénibilité. Ainsi, en revoyant de fond en comble la logique, je suis enclin à penser que la référence devrait non plus être le trimestre travaillé et les annuités mais plutôt l’heure travaillée que l’on multiplierait par un coefficient de base commun à tous les secteurs professionnels. A ce coefficient on y pourrait ajouter un autre pouvant aller jusqu’à un quart de sa valeur en fonction du degré de pénibilité de l’emploi occupé. Au final, au terme d’une carrière les salariés ayant eu les conditions de vie les plus pénibles pourraient prétendre à leur retraite 8 à 10 ans plus tôt qu’une personne occupant un emploi relativement calme, ce qui serait en mesure de rattraper l’amplitude constatée dans l’espérance de vie comme je l’ai soulevé plus haut. Avec ce système chacun partirait à la retraite au même seuil mais les personnes ayant étés confrontées aux métiers les plus difficiles pourraient partir plus tôt puisqu’elles auraient cumulé leurs points plus rapidement. Il s’agirait là d’une certaine justice sociale demandée par tous les Français.

Comment fixer les différents coefficients dans le calcul de la durée d’activité?

Le coefficient de base pourrait être fixé par la loi ou par décret en fonction du capital-points requis, là dessus pas de grande difficulté. Les majorations prenant en compte la pénibilité pourraient être quant à elles débattues dans chaque branche professionnelle par le biais de conventions collectives voire même par des accords d’entreprise sur la base d’une fourchette propre à chaque secteur professionnel dégagée après une concertation nationale pluriannuelle entre le gouvernement et les partenaires sociaux en ayant pris en compte l’évolution des risques psycho-professionnels et l’amélioration des conditions de travail.

Ces solutions ne sont certes pas des solutions miracles et elles ne répondraient qu’à une seule facette du problème, celle de la durée d’activité mais permettent toutefois de l’envisager sous un autre angle. Quant au financement des caisses de retraites, là non plus pas de solution miracle: il ne pourra être assuré que par une politique volontariste de croissance. Pour ce faire, la France doit retrouver une capacité industrielle de premier plan fondée notamment sur de grandes entreprises publiques dans les secteurs vitaux de l’eau et de l’énergie et miser sur le développement des TPE et PME qui sont aujourd’hui les premières sources d’emplois. Concernant les autres mesures et qui sont des nécessaires préalables à une croissance pérenne, Debout la République y a déjà longuement pris part et je n’y reviendrai donc pas (sortie de l’euro, TVA sociale…). D’un point de vue général, la réforme des retraites aussi nécessaire fut elle, n’aura vraiment de sens qu’une fois le chômage des seniors combattu avec ardeur. Quand on sait qu’avec un taux d’inactivité de 50% pour cette catégorie, la France figure dans la fourchette basse des pays de l’OCDE, on se dit que la véritable réforme à faire est celle des mentalités. Dur, dur.

Nicolas Thivet

DLJ Meurthe-et-Moselle

Publier sur Facebook

Debout la banlieue

4 juin 2010

Alors qu’elles sont souvent stigmatisées, montrées du doigt, les « cités » ont pourtant un fort potentiel, et les banlieues également. C’est pourquoi, il faut revenir sur cette lettre de plusieurs maires[1] qui s’indignent sur le sort de leurs villes et de leurs quartiers.

Citoyen de Seine-Saint-Denis, je suis souvent confronté aux hallucinations des médias qui démontent trop souvent l’image des banlieues. Certes il y a un réel problème de fond (économie souterraine, violence, dégradation, …) mais pourquoi ?

Ces citoyens ont été abandonnés par les pouvoirs publics. Lieu de dortoir pour les ouvriers, avec le temps les « cités » ont vu les nouvelles populations d’immigrés venir en France. Laissé en friche, le « tié-kar » est un endroit insalubre. Pas de rénovation, on a laissé les familles s’entasser sans suivre l’évolution des normes de sécurité. De même pour l’évolution économique. Les usines ont fermé, faisant place au secteur tertiaire (des services), ainsi ces lieux n’avaient plus réellement de raison d’exister.

Ce « sentiment d’abandon » explicité dans la lettre des maires, ne doit pas être qu’un cri de détresse. Cette situation sociale est très grave, l’abandon de ces quartiers a laissé place à toutes sortes de dérives. C’est le Far West ? Oui, mais la faute à l’Etat et aux organismes qui n’ont pas investi dans ces lieux riches de culture, d’ambition et de volonté.

La concentration d’immigrés, de chômeurs, de précarité, de familles éclatées, … ont généré la ghettoïsation, à la perte de repères. « Les politiques-politiciens » s’indignent des agissements des habitants (perte de patriotisme, manque de culture, musique violente), mais aucun d’entre eux n’y met les pieds ou tente de relancer ces endroits d’où l’on veut vite s’échapper. Il ne faut pas non plus s’étonner du manque d’implication dans la citoyenneté : le taux d’abstention est fort, car il y a peu de relais entre les habitants des quartiers et les pouvoirs publics.

De plus, comme dénoncé lors de notre campagne des régionales, Nicolas Dupont-Aignan avait bien raison d’insister sur le manque de transport dans les banlieues ! D’ailleurs de nombreux quartiers sont encore défavorisés. Le caillassage des bus, n’est pas synonyme de vengeance contre ces compagnies mais l’est d’une exaspération vis-à-vis des pouvoirs qui les entourent. Notre parti souhaite lutter contre cette ghettoïsation, ce communautarisme, comment vouloir une société où tout le monde se côtoie sans se comprendre.

C’est pourquoi il faut insister et se battre pour relancer ces endroits afin d’éviter de nouvelles émeutes. La fracture sociale est grande, la fracture identitaire l’est également. Si l’on veut éviter que le fort taux de chômage, l’échec scolaire, la perte de repères dans une société discriminante soient le fruit d’une ghettoïsation digne des Etats-Unis ou d’un communautarisme à l’anglaise, il faut enfin se battre pour la rénovation et le réaménagement des ces territoires de villes. Ainsi il est regrettable de voir que le plan souhaité par Madame Amara n’a pas réellement d’écho au gouvernement.

« Liberté, Egalité, Fraternité » à quand une application pour nos citoyens de ces quartiers ?

Pierre Pomerantz – Délégué jeunesDLJ 93


[1] http://www.lejdd.fr/Politique/Actualite/Lettre-a-ceux-qui-ignorent-les-banlieues-194854/

Publier sur Facebook

Compte-rendu du Conseil national du 29 mai 2010

1 juin 2010

Après un pique-nique frisquet mais agréable aux Invalides, le Conseil national de DLJ s’est réuni ce samedi après-midi à l’Assemblée nationale. Une trentaine de membres étaient présents.

Adhésions et fédérations

Bruno Potier, secrétaire général, a dressé le bilan des adhésions et des fédérations. Le nombre des adhésions augmente de manière régulière, avec une accélération durant les derniers mois, dûe sans doute à la campagne des régionales et à l’exposition médiatique de NDA. Certaines fédérations enregistrent ces derniers temps de nombreuses adhésions : Ile-de-France, Nord-Pas-de-Calais, Alpes-Maritimes. Félicitations à leurs responsables !

En ce qui concerne les fédérations, le Conseil national a acté quelques nouvelles nominations : Stanislas Korst pour l’Ille-et-Vilaine, Pierre Pomerantz pour la Seine-Saint-Denis et Guillaume Pinault pour le Pas-de-Calais.

Site internet

JB Raphannaud et Julien Cabrera ont fait le point sur l’activité du site internet. Le site a trouvé son rythme de croisière.

Nous vous invitons à participer à la rédaction du site en envoyant vos articles à Julien Cabrera (juliencabrera@yahoo.fr), courts de préférence (1 à 2 pages word). Les articles qui ont été proposés et qui n’ont pas été mis en ligne l’ont été pour deux raisons : soit parce qu’ils étaient trop longs, soit parce qu’ils étaient trop généraux. Mais, je le rappelle, n’hésitez pas à nous envoyer vos contributions, quelles qu’elles soient.

En outre, JB a fait remarquer que les articles les plus lus étaient les témoignages de jeunes militants sur leur engagement à DLR. Nous vous invitons donc à nous envoyer vos témoignages, avec votre photo.

Enfin, pour ceux d’entre vous qui surfent régulièrement sur les différents sites d’actualité, n’hésitez pas à mettre le site de Debout les Jeunes en lien dans les commentaires.

Réforme du lycée et de l’enseignement supérieur

Paul-Henri Rossignol, au nom de la commission des projets et débats, a fait un premier bilan du travail de la commission sur la réforme du lycée et de l’enseignement supérieur. Un premier rapport devrait être disponible d’ici la fin du mois de juin. Il servira de base au débat qui se poursuivra sur plusieurs mois à la rentrée. Pour ceux qui le souhaitent, vous pouvez lui envoyer vos contributions (paulhenri.rossignol@sciences-po.org).

Action militante

Arnaud Bérodier, vice-président à l’action militante, a annoncé la sortie de la première version du « Kit-militant » pour le milieu du mois de juin. Il sera envoyé à tous les adhérents. Il sera composé de deux parties : un livre d’accueil avec notamment l’organigramme de DLJ, les principaux contacts DLR, et une partie « militantisme ». Il se veut évolutif et collaboratif. Vous serez donc tous invités à proposer des ajouts, des améliorations. L’idée de ce mémento est qu’il puisse permettre de répondre à toutes les questions que pourrait se poser un militant et vous êtes les mieux placés pour le dire !

Evènements à venir

NDA, qui est venu nous rendre visite pendant plus d’une demi-heure, nous a annoncé les  prochains grands événements de l’année :

-       Les universités de rentrée qui se dérouleront à Dourdan dans l’Essonne les samedi et dimanche 11 et 12 septembre. Réservez donc dès maintenant votre week-end. A cette occasion, DLJ tiendra sa deuxième AG, ponctuée par le renouvellement des responsables nationaux (président, vice-présidents, élection des conseillers nationaux ).

-       Le deuxième Congrès de Debout la République qui se tiendra le 20 novembre. Il faudra être très nombreux. Nous comptons sur vous !

En outre, à l’initiative de Magalie Michaud, vice-présidente en charge de l’évènementiel, propose les rendez-vous suivants :

-       Commémoration du 40e anniversaire de la mort du Général De Gaulle le 6 novembre à Colombey (à confirmer).

-       3e Conseil national DLJ de l’année 2010 – novembre/décembre 2010 (date à confirmer).

Publier sur Facebook

Avec ou sans DSK, le Parti Socialiste reste une alternative de pacotille

27 mai 2010

Poussé par des sondages favorables, il se dit que Dominique Strauss-Kahn, l’actuel directeur général du FMI et figure de proue de la gauche « moderne », se verrait bien le candidat du PS pour la prochaine élection présidentielle. Cette candidature est en tout cas espérée et réclamée par bon nombre de caciques du PS, qui y voit la seule chance de ravir l’Elysée à Sarkozy.

Sauveur du Parti Socialiste, DSK ? Sans conteste, oui, si l’on se place d’un point de vue purement politicien et électoraliste. Il faut bien avouer que le personnage, auréolé d’une stature d’expert et de dirigeant international, est assez populaire dans l’opinion, et qu’il jouit d’une sympathie qui va bien au-delà de l’électorat « traditionnel » de la gauche. « C’est peut-être parce que je suis loin qu’ils m’aiment bien », admet ainsi l’intéressé, qui, tel un Chirac, désormais vacant du pouvoir, culmine au sommet des sondages. Ne disant (presque) rien, ne faisant rien, DSK profite indéniablement de son « exil » temporaire à Washington. Un repli stratégique qui lui permet de faire parler de lui et d’apparaître dans les médias comme une espèce de messie, quand bien même peu de gens connaissent ses positions politiques. Ce qui est pour l’instant un avantage certain, contrairement – en partie – à une Aubry qui a horripilé nombre de ses concitoyens par ses prises de positions, et ses actes.

Mais constituerait-il pour autant une vraie alternative à la politique actuelle ? A-t-on réellement affaire au messie présenté ? Hélas, il faut bien reconnaître que non. De Strauss-Kahn, il n’y a rien à espérer, sauf à considérer la peste comme meilleure que le choléra. Car l’homme n’entend nullement rompre avec les grandes orientations politiques qui ont mené la France et l’Europe au marasme économique et social que l’on connaît. Aucune remise en cause du fonctionnement et de l’essence de l’Europe de Bruxelles. Ni de l’euro qui tue chaque jour un peu plus la compétitivité de notre économie. Ni du libre-échange intégral qui organise l’assassinat de notre industrie et le chômage de masse. Ni encore moins du système financier international…

DSK est pour ainsi dire l’archétype du social-libéral qui s’est échoué sur le mur des réalités. Doté de bons sentiments, mais naïfs. Confiant dans le marché, mais partisan d’une régulation pour en limiter les excès… au point de consentir béatement aujourd’hui à son règne tout-puissant, la régulation n’arrivant pas.  DSK résume au fond tout le drame d’une social-démocratie dont les objectifs et la vision sont biaisés depuis des années, d’où sa crise actuelle. Le libéralisme supposait l’immobilité des facteurs de productions, or ils sont mobiles, entraînant nombre de délocalisations. Les redistributions sociales massives étaient censées contribuer à la croissance par des mécanismes Keynésiens et Fordiens démontrés en économie fermée, mais en économie ouverte elles ont un effet pervers, car ces redistributions pénalisent les entreprises par des charges trop importantes et amplifient le déficit financier et commercial des Etats… Enfin, aucune régulation mondiale rigoureuse n’est en place, ceci entraînant une formidable machine de dumping social provenant de Chine qui ruine totalement l’industrie européenne et donc la logique des Etats européens sociaux-démocrates.

Désormais à la tête du Fond Monétaire International, qui n’est jamais qu’une machine de guerre financière au service du néolibéralisme, DSK s’est résolument sorti de l’impasse social-démocrate… Au prix de la plus grande des capitulations.

Que peut-on encore attendre de lui ? On ne devient assurément pas directeur général du FMI par hasard. Il lui a fallu prouver son renoncement à ses convictions originelles et sa pleine et entière soumission au modèle néolibéral. Sans doute son passage, sous l’ère Jospin, au ministère de l’économie et des finances, où il s’est évertué et même acharné à mettre en œuvre, sous l’auspice de Bruxelles, une politique de privatisations et de casse des services publics avait déjà dû permettre de juger du niveau de docilité du personnage.

Une docilité que son action au FMI confirme de la manière la plus époustouflante qui soit. Contrairement à ce qu’ont cru les esprits les plus naïfs lors de son intronisation comme directeur du FMI, DSK n’y a nullement apporté une sensibilité « sociale » voire « de gauche ». Bien au contraire, il s’est accommodé à merveille d’une organisation qui, sous couvert d’aider financièrement les pays en difficulté, les enjoint de mener une politique rigoureusement libérale, de privatisation à tout-va, de facilitation des licenciements économiques et de lutte contre la hausse du SMIC, pour le bien que l’on sait.

Entre autres choses, on aura ainsi pu entendre  DSK le « socialiste » faire des remontrances à l’Ukraine parce qu’elle avait osé augmenter son SMIC si misérablement bas ; qualifier dédaigneusement de « belles âmes » tous ceux qui demandaient, l’année dernière, en contrepartie du renflouement des banques menacées de banqueroute, un fauteuil au conseil d’administration de ces mêmes banques pour les Etats sauveurs ; se réjouir, pour ce qui est de la France, de la loi dite de « modernisation de l’économie », estimant qu’elle aidera la France à « faire face aux défis mondiaux, à débloquer la rigidité du marché des produits et services, et bénéficiera au consommateur ».  Sans oublier son FMI qui, dans un rapport fin 2007, applaudissait des deux mains la politique économique de Nicolas Sarkozy, l’encourageant à aller encore plus loin dans ses « réformes ». Bonjour l’alternative…

D’aucuns objecteront, bien sûr, que rien ne dit encore que le PS se jettera dans les bras de DSK aussi facilement. Beaucoup de ses militants ne veulent même pas en entendre parler, jugeant que l’homme est au mieux un socialiste « du minimum », au pire un homme tout bonnement « de droite ». DSK serait ainsi un mauvais représentant pour l’idéal et le combat que porte le Parti Socialiste, qui lui, cela ne se discute même pas, est vraiment « à gauche ».

Pourtant, à la lecture des conclusions de la convention nationale du PS pour « un nouveau modèle économique, social et écologique » présentées fin avril par Pierre Moscovici, on ne voit trace nulle part d’un PS en nette coupure idéologique avec Dominique Strauss-Kahn. Ce que les médias ont présenté comme un « virage à gauche » est pourtant profondément imprégné du surmoi libéral et européiste dans lequel est plongé le PS depuis 1983. Les propositions présentées sont en effet d’une timidité et d’une malhonnêteté déroutante. On nous y refait le coup du « changer la vie », alors que les propositions – qui ne sont pas en soi toutes mauvaises, loin de là – ne se limitent jamais qu’à être de ridicules ajustements destinés à rendre le système un peu moins injuste, « un peu moins barbare », pour paraphraser une expression utilisée par Martine Aubry lors des dernières élections européennes. On ne s’attaque qu’aux conséquences des problèmes, jamais aux causes : l’Europe, ses traités, l’euro, le libre-échange. Aucune remise en cause profonde n’y est faite … A peine y évoque-t-on les désirs d’un « euro au service de l’emploi » et d’un « juste échange », mais sans jamais dire comment cela pourrait être mis en œuvre dans le cadre des traités actuels.

Bref, avec ou sans DSK comme chef de file pour 2012, le Parti Socialiste en est encore à des années lumières d’un début de commencement de projet de rupture avec le système. Les Français se contenteront-ils d’élire des assistantes sociales de la mondialisation malheureuse – le programme commun de l’UMPS ? Ou feront-ils le choix d’une vraie alternative, qui va à la racine des problèmes, avec DLR ? La question est posée… Réponse en 2012.

Jérôme Lagae et Thibault Deleporte

Publier sur Facebook

Pourquoi mon engagement au sein de Debout la République ?

19 mai 2010

L’engagement en politique a de nombreuses sources et on y trouve toutes sortes de raisons diverses et variées: besoin de reconnaissance sociale, tradition familiale, carriérisme ou existence de convictions profondes et sincères chez un individu. Nul doute que cette dernière espèce est la plus rare, à notre grand regret, démontrant le malaise croissant dans la société française entre la chose publique et les citoyens.

Pas un seul jour ne passe, pas un seul événement ne se déroule sans que l’on constate la césure grandissante entre ceux-ci et leur personnel politique. Si ce désamour n’est encore pas la règle au niveau local où le maire reste l’élu remportant les suffrages dans tous les sens du terme, au niveau national le divorce est depuis longtemps consommé entre les Français et leurs élites.

Les raisons sont multiples et il serait vain de les exposer en quelques lignes. Tout du moins peut-on constater un étiolement, pour ne pas dire une disparition du clivage gauche / droite à l’instar de ce qu’affirmait il y a 20 ans déjà René Rémond un de nos plus illustres politologues français. Ce clivage totalement putatif ne semble exister aujourd’hui seulement que dans les petits cercles médiatiques feignant d’y voir ainsi le fil conducteur de toute action politique afin d’en faire les choux gras dans leurs éditoriaux, bien loin des préoccupations quotidiennes des Français.

Nos compatriotes ne s’y trompent toutefois pas et décèlent à ce petit jeu toutes les ficelles qu’on voudrait bien leur cacher pour mieux les tromper.

Il suffit pour s’en convaincre d’observer l’empressement avec lequel les deux principaux partis politiques français UMP et PS ont voté main dans la main un traité que les Français avaient rejeté trois années auparavant, en compagnie des Verts et du Modem, si prompts à jouer au chat et à la souris au plan national mais alliés providentiels au niveau européen.

Après un tel épisode, comment pourrait-on avoir encore envie de s’investir dans la vie publique et avoir confiance en des gens censés nous représenter en vue de satisfaire l’intérêt général ?

Devant ce recul de la démocratie, il n’est donc pas surprenant de voir nos concitoyens se réfugier dans l’abstention massive au regard de la pauvreté du paysage politique français gangréné par des partis qui disent noir à Paris et blanc à Bruxelles dans le silence général et complice des grands médias nationaux La surprise est plutôt la grande patience des Français à l’encontre de leurs dirigeants mais nul ne peut prédire combien de temps le fil va encore tenir.

Destruction des services publics, perte des acquis sociaux et déclin continu de la France ne sont pourtant pas une fatalité à laquelle nous devrions nous abandonner au nom d’une sacro-sainte compétition économique qui ne profite seulement qu’à une petite minorité de gouvernants euro-mondialistes jonglant avec l’argent du contribuable pour sauver un système à l’agonie et engendrant de la misère sociale et un désastre écologique sans précédent au risque de détruire définitivement ce qui fait le ciment de notre pays depuis des siècles.

Nous pourrions, il est vrai, rester tranquillement chez nous bien au chaud en attendant des jours meilleurs mais comment expliquerions-nous à nos enfants plus tard nos attitudes passives? Pouvons-nous rester de simples spectateurs de notre déclin ou est-il de notre devoir de faire en sorte que les choses s’améliorent ?

Le malaise est profond et ne peut pas se régler par quelques mesurettes comme cela a été si souvent le cas depuis des décennies. Cela dit, tout reste à faire et on ne peut appréhender les problèmes de demain avec les politiques d’hier qui démontrent chaque jour davantage leurs limites. Les Français réclament une autre politique, plus juste, et sont bien conscients que la réponse à leurs problèmes ne peut pas se trouver sous le sabot d’un cheval, fut-il bruxellois, par quelques poignées de technocrates non élus dont l’excès de zèle et l’inanité n’est plus à démontrer. La France a depuis de trop nombreuses années eu peur de prendre son destin en main, raison qui peut expliquer quelque part son marasme actuel. La politique du journal télévisé ayant pris le pas sur la vision à long terme, le dessein d’une vision partagée semble appartenir à une période révolue. Est-cela que nous voulons pour notre pays ? Sommes-nous moins compétents que par le passé pour décider en toute indépendance de notre futur et de celui de nos enfants ?

La réponse est évidemment négative. Nous avons toutes les cartes entre nos mains, ne laissons personne d’autre les jouer à notre place.

Pour ces différentes raisons, j’ai décidé de rejoindre Debout la République et Nicolas Dupont-Aignan afin de mener cette lutte qui sera difficile, éprouvante, pouvant nous faire passer quelquefois par des moments de doutes mais qui n’en est que plus noble puisque porteuse d’une cause juste. Les événements récents prouvent, si besoin en était, que notre combat est plus que jamais d’actualité et peut être une formidable source d’espoir à condition de s’en donner les moyens.

Nicolas Thivet

Etudiant en droit

Publier sur Facebook

« On est la dernière génération… »

17 mai 2010

Depuis quelques jours, la grande foire internationale de Bordeaux, lors de laquelle se tient également le plus grand salon de l’agriculture en France après celui de Paris, a ouvert ses portes.

L’occasion pour les Aquitains et tous les autres visiteurs d’observer pendant quelques heures toute la diversité animale de nos campagnes, de goûter aux meilleurs vins, de déguster toutes les trouvailles culinaires à base de nos produits régionaux, et de voir les diverses avancées technologiques dans les domaines agricoles.

Un miroir sur les richesses de nos terroirs en somme, un des atouts essentiels de notre pays.

Pourtant, on ne peut que regretter que trop peu de visiteurs ne s’attardent sur les véritables artisans quotidiens de ce patrimoine : les agriculteurs. Quels sont aujourd’hui les fiertés, les attentes et les espoirs de ces hommes et de ces femmes qui, chaque jour, ne comptent pas leurs heures pour entretenir et préserver tout un pan de notre savoir-faire ?
C’est ce que nous avons voulu apprendre, Monique Gros (Secrétaire départementale de DLR 33) et moi-même, en allant à leur rencontre.

A notre arrivée, nous avons d’abord été surpris de constater qu’il y avait si peu de gens autour des différents enclos, littéralement désertés !
L’explication se trouvait au fond du bâtiment : une délégation du Conseil Général, avec à sa tête son président socialiste, Philippe Madrelle, remettait en grande pompe un prix à quelques éleveurs de chevaux, devant une assemblée de courtisans levant ardemment des étendards aux couleurs du département, devant un caméraman visiblement ravi d’immortaliser cet instant.
L’esprit féodal n’est donc pas l’apanage de la seule UMP.
Puis en un instant tout ce beau monde disparu sans s’inquiéter de tout ce qui les entourait : une filière par jour c’est amplement suffisant ; une campagne de communication ça  prend vraiment trop de temps…

IMGP0971

Les premiers exposants que nous avons pu approcher étaient bien singuliers, puisqu’ils n’exposaient ni animaux, ni biens ; ce qu’ils présentaient c’était l’apprentissage d’un travail traditionnel qui a participé à la renommée de la Gironde en tant que terre viticole : la tonnellerie.
Nous avons pu parler avec l’un d’entre eux, Kévin, 19 ans, qui après des études dans la menuiserie à voulu parfaire ses compétences dans cette spécialité.
Avec succès puisqu’il a tout récemment remporté la médaille de bronze d’un concours portant justement sur la maîtrise de cet art.
S’il est, à juste titre, fier de son métier ; il ne cache pas ses inquiétudes sur son avenir : sa classe ne compte que neuf élèves et pourtant aucun d’entre eux n’est sûr de trouver un emploi à la sortie, les châteaux faisant de plus en plus appel à l’industrie pour se fournir.
Par souci d’économie sans doute ; au détriment d’un savoir-faire de qualité hélas.

Illustration Agriculture 1

Dans un second temps, nous avons pu parler à une employée d’un élevage bovin de limousines, une parisienne ancienne secrétaire comptable qui a choisi de tout quitter pour la campagne, à la recherche d’une autre vie.
Toute heureuse de son travail, elle nous a néanmoins appris que l’exploitation dans laquelle elle travaille avait perdu plus d’un quart de son chiffre d’affaire cette année mais que l’élevage s’en sortait grâce à ses mâles reproducteurs très demandés.
Satisfaite des nouvelles exigences d’hygiène et de traçabilité demandées à sa profession, elle a tout de même admis que les lourdeurs administratives accablaient le travail de son employeur, devant jongler en permanence entre sa profession d’éleveur, de gestionnaire et de comptable.
Et tout cela, elle ne lui envie pas du tout !

Illustration Agriculture 3

Enfin, nous avons pu rencontrer un éleveur de moutons, tout ravi qu’on lui pose des questions et qu’on s’intéresse à lui et à sa profession.
Pourtant ce qu’il avait à nous dire n’avait vraiment rien de ravissant : âgé de 50 ans et issu d’une famille de paysans, il nous a vite tenu un discours désenchanté sur sa profession : « on est la dernière génération » d’éleveurs nous a-t-il affirmé à plusieurs reprises.
Pour expliquer ce désenchantement, il nous a raconté qu’il y a quelques années, lui et sa coopérative ont découvert un nouveau marché prometteur pour la vente de leur viande : l’Europe de l’Est.
Avant que ces pays ne rejoignent l’Union, ils exportaient à tour de bras dans ces contrées où manger de la viande était si rare depuis la fin de l’ère soviétique ; alors ils sont allés là-bas, y ont amené des troupeaux et y ont formé de la main d’œuvre locale.
Tout allait bien jusqu’à l’avènement de l’Euro car, après ça, les exportations ne marchaient plus, la viande étant trop chère.
Les éleveurs locaux d’Europe de l’Est ont alors continué d’élever, dans le savoir-faire qu’ils avaient acquis auprès de nos éleveurs, ces bêtes issues d’élevages français pour les vendre à un prix plus bas sur le marché européen, et ce même après leur entrée dans l’Union Européenne.

IMGP0977

Ainsi donc, la concurrence déloyale n’agit pas que dans le secteur industriel.

Notre éleveur s’est ensuite ému du manque de reconnaissance des consommateurs pour sa profession qui, il en est persuadé, se meurt.
En effet, pour lui, les trop lourdes charges de travail qu’entraîne ce métier ne sont pas du tout récompensées : des bénéfices quasi-inexistants, des retraites misérables (sa mère par exemple, employée toute sa vie dans une exploitation, ne touche qu’un peu plus de 350 euros par mois) ne donnent vraiment pas envie aux jeunes de s’investir dans ce domaine qui leur parait si incertain.
Alors c’est vrai, il y a l’Europe et ses subventions, mais il en a marre de survivre, il voudrait juste vivre de son métier, tout simplement.
En plus, ces subventions arrivent souvent trop tard, ce que les banques ne comprennent pas, et sanctionnent lourdement.
Au prix de la fermeture de nombreuses exploitations.

En fait, ce que ne comprend pas cet éleveur, c’est le fait de rester incompris par les institutions, par les politiques, et même par les syndicats, qui se sont éloignés des réelles préoccupations de sa profession.
Alors tel ou tel mouvement, tel ou tel parti, il s’en fiche, ce qu’il attend s’est d’être écouté et représenté par des gens qui n’hésitent pas à venir à sa rencontre.
Alors il se réjouit de notre démarche en nous souhaitant bonne chance et en nous encourageant à ne jamais perdre le contact avec les « vrais gens ».
Nous le remercions et lui souhaitons bon courage.

A la fin de cette visite, nos sentiments sont en demi-teinte : nous sommes heureux de ces rencontres, riches sur le plan humain, mais si emplies d’incertitudes pour l’avenir.
Comment aider ces professions, comment continuer à les faire vivre ?
Sur le chemin du retour, une piste peut-être : des PME agroalimentaires d’Aquitaine se sont rassemblées pour créer une marque collective,  Aquitaine Gourmets, et ainsi peser plus lourd, afin de s’imposer dans la grande distribution tout en conservant leur savoir-faire et leurs valeurs.
De nombreuses autres pistes existent, et il faut que Debout la République y travaille.

Tient, avant de partir, une surprise de taille : un énorme stand de la Commission Européenne, qui, à coup de jeux, de drapeaux européens et autres accessoires ridicules tente de redorer son blason auprès des agriculteurs en se targuant, à travers la voix d’animateurs  venant directement de Bruxelles, d’être  l’ambassadeur d’un avenir radieux régie par elle.
« Campagne vivante, planète vivante » clame-t-elle.
Le seul problème, c’est que, pour le moment, les campagnes se contentent de survivre, mais pour combien de temps dans ces conditions ?

Vincent Minville
Coordinateur Régional DLJ Aquitaine
Responsable DLJ Gironde

Publier sur Facebook

Contrôle des budgets nationaux : ce que ça cache…

16 mai 2010

Ne sachant sans doute plus quoi inventer pour se faire remarquer, concurrencé qu’il est par le charismatique Van Rampoy et l’ultra-populaire Jean-Claude Trichet (pour ceux qui n’auraient pas compris, c’est ironique), notre vénérable président de la commission européenne, Barroso, en a encore sorti une bonne : octroyer à l’UE (la Commission ? le Conseil ? le Parlement ? on ne sait pas) un droit de regard préalable sur les budgets nationaux.

Quand on sait l’importance, à la fois symbolique et politique, que revêt le pouvoir budgétaire des Parlements nationaux, on se dit qu’il fallait oser…

Le budget, origine du parlementarisme

Le pouvoir budgétaire est sans aucun doute considéré, historiquement, comme le plus fondamental des droits du Parlement. C’est en effet au sujet du consentement à l’impôt que se sont créés nos régimes politiques modernes. On ne peut pas manquer d’évoquer la Magna Carta de 1215, par laquelle Jean sans Terre concéda au Parlement britannique (dénommé alors Grand Conseil) l’assurance qu’aucun impôt ne pourrait plus être levé sans son consentement. Ce veto s’est petit à petit transformé en un véritable pouvoir « actif », à travers la discussion de la loi de finances, la possibilité d’amendements, etc. C’est dans le pouvoir budgétaire que nos démocraties modernes trouvent leur origine. C’est là que résident certains des éléments essentiels de la souveraineté : le pouvoir de fixer l’impôt, de recourir à l’emprunt, d’organiser les dépenses, etc.

D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si, dans sa décision relative au Traité de Lisbonne, la Cour constitutionnelle allemande a considéré que, sauf à changer de Constitution, l’Allemagne ne pouvait transférer au niveau communautaire les compétences relatives au budget : « Les domaines essentiels d’action démocratique comprennent, entre autres (…) les recettes et les dépenses, y compris le recours à l’emprunt (§249) ». Elle ajoutait : « La substance du principe de démocratie et du droit d’élire le Bundestag serait violée par le transfert des droits budgétaires du Bundestag si la fixation de la nature et du montant des impositions grevant le citoyen était supranationalisée dans une mesure notable (§256) ».

La France reléguée au rang de collectivité territoriale

Qui plus est, si la compétence budgétaire des Parlements nationaux se trouvait contrôlée, les pays de l’UE se trouveraient dans une situation à peu près analogue à celle des régions, départements et communes, sur lesquels les Chambres régionales des comptes et la Cour des comptes exercent leur contrôle. Pire, on se situerait peut-être même avant les lois de 1982 qui ont supprimé la tutelle budgétaire a priori des collectivités, c’est-à-dire avant même la première étape de la décentralisation…

La fin des compétences nationales ?

Pour dissiper les inquiétudes, on nous dit que les Parlements nationaux garderont le dernier mot. Mais enfin, si ce dernier mot est assorti de menaces de sanctions financières ou politiques, peut-on vraiment parler de dernier mot ?

En outre, et c’est peut-être là le pire, un tel contrôle permettrait aux instances communautaires, par le biais des postes de dépenses, de s’immiscer indirectement dans des domaines qui, selon les traités, demeurent de la compétence nationale : éducation, justice, culture. A travers ce contrôle, c’est finalement toutes les compétences des Etats qui se trouveraient, comme par magie, sous la tutelle des institutions communautaires.

Publier sur Facebook