Convention UMP sur l’éducation, 100 ans en arrière !
19 novembre 2011Le 8 novembre dernier l’UMP a tenu sa convention sur l’Education. Cette convention était l’occasion pour le parti du président de la République de présenter ces 30 propositions sur l’Ecole, 30 propositions qui devraient être le socle du projet présidentiel sur ce sujet sur lequel, comme sur beaucoup d’autres, le président a trahi ses électeurs et fait l’inverse de ce qu’il avait annoncé pendant la campagne de 2007.
Ce document de synthèse commence plutôt mal. En effet, toute la première partie n’est qu’autoglorification du président qui en 5 ans auraient résolu des problèmes fondamentaux comme l’insécurité à l’école, le renforcement des fondamentaux en primaire, la revalorisation du métier d’enseignant…Qui veulent-ils tromper avec cette propagande ? Il suffit de regarder la réalité pour constater que jamais le malaise enseignant n’a été aussi fort, que le niveau est catastrophique comme le montre les enquêtes PISA et de la Défense… L’Ecole est dans un état déplorable et cela ne s’est pas amélioré depuis 5 ans.
Après ce petit exercice d’’autoglorification, l’UMP nous dévoile ses 30 propositions pour « passer d’un savoir pour tous à la réussite de chacun ».
Et là que pouvons nous constater ? Que l’UMP continue et même accentue le virage mortifère qu’elle a pris depuis que L. Chatel dirige ce ministère : autonomie des établissements avec extension d’ECLAIR, renforcement des pouvoirs du chef d’établissement dont celui d’évaluer les professeurs, généralisation des nouvelles pédagogies d’acquisition des fondamentaux (sic), personnalisation des parcours, re-révision des rythmes scolaires, apprentissage de l’anglais dès 3 ans…
Sans oublier bien entendu de s’attaquer aux professeurs avec une future remise en cause du service des enseignants. En fait à la lecture de ce document, il semble que le seul but de l’UMP soit de cliver pour faire plaisir à son électorat : montrer du doigt les professeurs, chercher à diminuer les coûts à tout prix de l’Éducation Nationale, jouer les parents contre l’Institution…Il n’y a rien sur les contenus, pas une ligne sur les méthodes (dont la méthode de lecture est le plus symbolique des enjeux), pas un mot sur les programmes dont l’Histoire est le plus bel exemple (avec la casse de cette matière opérée sous le ministère de L. Chatel)…
Ce programme n’est plus ni moins que le projet d’une école libérale formatée aux techniques managériales et qui ne sert plus qu’à former et à développer l’employabilité des élèves. Une École à plusieurs vitesses où la liberté pédagogique serait totale pour les établissements avec les futurs dérives attendues : sport pour les établissements de quartiers et le latin pour établissements parisiens prestigieux…et une forte demande pour le privé (et pour les cours de soutien) de tous pour faire face à la baisse du niveau. La fin de l’École républicaine telle qu’elle a été conçue depuis plus de 100 ans et dont les classes populaires et moyennes seront les premières victimes.
Qu’il est loin le discours de Nicolas Sarkozy en 2007, ou même de sa lettre aux enseignants, qui prônait un retour aux fondamentaux avec une remise en question du pédagogisme qui a tant fait de mal à l’école et un accès au meilleur de la culture pour tous. Qu’il est loin ce temps où le candidat de l’UMP défende l’école de Jules Ferry et des hussards noirs qui ont consolidé la République. Aujourd’hui, l’UMP a tout abandonné de cette École républicaine aux libéro-libertaires qui détruisent notre formidable École depuis 30 ans.
Alors en 2012, l’UMP, avec ces 30 propositions, et le PS, avec son « pacte éducatif » vont faire semblant de s’affronter sur la question de l’Éducation mais aucun ne propose un projet capable de répondre réellement à la crise de l’Éducation Nationale. C’est pour cela que, Debout les Jeunes, aux côtés de Nicolas Dupont-Aignan, soutiendra un projet de refondation républicaine de l’École basé sur le retour de la transmission du savoir au centre du système. Il en va de l’avenir de chacun des enfants de France mais également de la France en tant que communauté de destin.
Nicolas Calbrix, Délégué National DLJ au Projet
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