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COP15: “C’est une conférence sérieuse ou bien ?”

22 décembre 2009

Henry Michel, blogueur, dresse son bilan de la conférence de Copenhague. Evidemment, à l’image de celle-ci, son billet n’est pas sérieux. Dans la suite de l’article, il fait une proposition étonnante mais pas inintéressante, celle des ambassadeurs du Temps. A méditer.

Les Ambassadeurs du Temps

Le sommet de Copenhague. Je ne suis pas spécialiste en la matière – mais ce qui est rassurant, c’est que ceux qui prétendent l’être n’écrivent rien de bien clair à son sujet non plus. Vous avez compris ce qui s’est passé là-bas, vous ? Moi je n’ai pas compris. Je suis pourtant du genre à lire les journaux, suivre l’actualité, mais là c’est un truc qui est resté opaque pour moi. Les journalistes en ont beaucoup parlé sans en parler, il y sont allés, ils ont montré qu’ils y étaient, ils portaient de beaux cols roulés et de beaux manteaux, Canal nous a fait loler mais….rien d’autre.

La réalité c’est que Copenhague mariait deux sommets : un officiel, celui des représentants politiques, et celui du peuple, au sein d’un “Klimaforum”, qui joua le rôle du poisson pilote du sommet pendant les 12 jours. Un RÉGAL d’images pour les journalistes. Un melting pot de nationalités, d’accents, de diplomates africains en boubous, d’irlandais bien roux, de  chinois bien bridés, bref du Roland Emmerich, comme quelqu’un l’avait dit sur twitter. Oui, le sommet de Copenhague fut une sorte de film catastrophe de Roland Emmerich, et la catastrophe fut le sommet en lui même.

Je ne suis pas d’un naturel critique, mais dès le début je n’ai pas cru en cette sorte de kermesse ou des péruviennes en chapeau melon allaient émouvoir des politiciens qui, convaincus de la gravité de la chose, allaient signer de merveilleux accords.  Les images trop policées, le confort trop visible, le tout trop photogénique.

Lisez la suite sur le blog d’Henry Michel >>>

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Débat sur l’identité nationale à Nice : DLR 06 interdit de parole !

19 décembre 2009

Le débat se déroula au Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain, sous bonne escorte policière à l’extérieur et à aussi à l’intérieur avec des policiers en civils. Ajoutons que cette salle est très petite (250 places assises) par rapport à l’enjeu du débat et petite aussi par rapport au Palais Nikaïa (d’une capacité maximale de 9000 places) dont avaient pu profiter les participants du Grenelle de l’Environnement en octobre 2007.

Un premier obstacle, vite levé pour ma part, fut de rentrer sans invitation. Un comble, de devoir trier sur le volet ceux qui ont le droit d’assister  dans un espace public payé par nos impôts à un débat qui concernent au moins tous les Français.

Par contre le deuxième obstacle fut insurmontable par toute mon équipe et moi même. Nous sommes venus une dizaine de personnes de sensibilité gaulliste et républicaine dont 5 militants DLR. Pour une salle de 250 personnes, nous étions sans le faire exprès, dans notre juste représentativité électorale (nous représentions entre 2,5 % et 5% des personnes présentes ce soir là).

Après une introduction du préfet, un discours  d’Eric Ciotti élogieux à l’endroit de notre Président de la République et un petit film de propagande sur l’amour de la République, le dit « débat » fut lancé.

Mais quel ne fut pas notre surprise que de voir qu’on apportait le micro qu’à une petite partie de la salle, souvent aux premiers rangs. Ainsi ce fut un défilé d’associations culturalo-religieuses, maghrébines, musulmanes et juives (avec l’intervention de rabbins).

Dans un deuxième temps pour ne pas faire trop communautarisme, la parole fut donnée à plusieurs anciens adhérents âgés du Front National, qui nous firent l’apologie de l’Algérie française. Enfin, après quelques témoignages de personnes issues de l’immigration évoquant leur mal être de ne pas êtres mieux reconnus en France, ce fut le tour de notre folklore local : les régionalistes niçois.

Depuis le début je demandais la parole ainsi que plusieurs de mes compagnons. Comme apparemment il fallait avoir un  titre pour être légitime à parler, j’essayai à plusieurs reprises de dire à une des hôtesses que je représentais  Debout la République à Nice, mouvement gaulliste, mais d’un gaullisme différent de celui dont se prévalait M. Ciotti lors de son discours.

Ces vaines tentatives agacèrent plusieurs militants DLR qui préférèrent dans ces conditions partir.

Mais même au-delà de ne pas avoir pu prendre la parole au nom notre propre mouvement, il y a trois grands perdants dans ce faux débat et qui ne sont pas les moindres.

Tout d’abord, Monsieur  le préfet en arrêtant le débat en précisant que toutes les sensibilités avaient pu s’exprimer mais de la façon où fut distribuée la parole, c’est la démocratie qui fut bafouée. Quand on part du postulat que chacun doit pouvoir s’exprimer quand sur une vingtaine d’interventions un groupe d’une dizaine de personnes n’ont pas pu prendre la parole au moins par l’une d’entre elles, le moins qu’on puisse dire c’est que pas toutes les sensibilités  ont pu s’exprimer !

Ensuite, plus grave encore à mes yeux, c’est la République qui fut une nouvelle fois mise à genoux. A part des bons sentiments et des appels à la tolérance, je n’ai pas entendu dans l’assistance une seule parole sur la vision politique dont depuis plus de deux siècles en France nous considérons la République.

Ainsi à présent je me permets  ce que je n’ais pas pu faire hélas lors du débat, c’est faire un plaidoyer pour notre modèle assimilationniste.

En effet, dans leur petit film de propagande, il montre des français illustres issus de l’immigration. Mais justement je voudrais rappeler que pour ne prendre que le cas des Italiens qui m’est personnel, en devenant français, ils ont francisé leur nom : Mazarin ou bien  Guillaume Apollinaire. Il est de même pour notre corse le plus illustre qui transforma son nom d’origine génoise Napoleone Buonaparte.

Dans le même ordre d’idée, quand l’italien Monsieur Zola donna un prénom à son fils il l’appela Emile et pas Emilio, symbole fort qui montrait qu’il intégrait la France !

Et c’est bien ça le problème, la République depuis 30 ans a laissé tomber la francisation. Nous vivons en pleine époque de relativisme et de retour aux  origines, où des cours d’arabe étaient donnés à  l’école, il y a encore quelques années aux enfants d’origine maghrébine. Les Italiens (les Espagnols, Polonais, Portugais) ont fait beaucoup d’efforts. Mes grands parents arrivés dans les années 1930 en France, sont passés de Giovanni Battista, Luigi et Antonietta à Jean Baptiste, Louis et Antoinette. On les jugeait trop catholiques, en mettant à l’extérieur de leur porte d’entrée un crucifix et bien ils l’ont enlevé. En effet au nom de la laïcité le religieux ne doit rester que dans l’espace privée et non pas à la vue des gens dans l’espace public.

A l’inverse de nos jours, comme le montre une vidéo de DLR à la Goutte d’Or à Paris, lors de la prière du vendredi la rue devant la mosquée n’est plus un espace public, elle est momentanément un espace privé, un lieu de prière que s’est octroyé de son propre chef la communauté musulmane de ce quartier.

Mais aujourd’hui, combien de personnes issues de l’immigration font des concessions sur par exemple le prénom qu’ils donnent à leurs enfants ? Depuis plusieurs années maintenant le prénom qui est  le plus donné pour un garçon qui vient de n’être en Seine Saint Denis est Mohammed (217 nouveaux né en 2006). Le résultat, c’est qu’un enfant de 2009 issu de la  troisième ou quatrième génération,  qui est donc totalement français car n’ayant personnellement aucun lien avec le Maghreb, il a le même état civil que son arrière grand père maghrébin du début du XXème siècle.

Ainsi ce débat fut vraiment un camouflet pour l’idéal républicain français, d’un Etat français assimilationniste, fort de ses valeurs et de ses principes.

Mais pouvait-il en être autrement quand on juge que donner la parole à tout le monde c’est la donner aux deux extrêmes, l’un communautaro-religieux et l’autre ethno-identitaire. Il n’est pas bien difficile de dire alors dans ces conditions que  le seul chemin qui vaille, est celui de la raison   entre ces deux extrêmes, et cette voie c’est celle  que prennent le gouvernement et l’UMP.

Pour finir la dernière victime de cette soirée fut la jeunesse. En effet dans la salle il y avait près d’une vingtaine de jeunes de 20 à 30 ans dont au moins une demi-douzaine a essayé d’intervenir et le seul qui a eu le droit de parler fut un collégien d’une quinzaine d’années qui  avait été élu au conseil général des jeunes. Il fit un beau discours préparé sur fiche, bien consensuel sur l’amour du drapeau, tel que sait le faire Henri Guaino pour Nicolas Sarkozy, et Eric Ciotti ne manqua pas de  faire applaudir la salle, en ajoutant « Tu as bien parlé, je suis sûr que tu es promis à un bel avenir et j’ai hâte de t’accueillir au sein de notre Assemblée ! »

En effet, sur les applaudissements ce qui est très curieux c’est la conception de l’objectivité et de la neutralité du président du conseil général du 06. Il a à plusieurs reprises stigmatisé, les applaudissements à la suite d’interventions en expliquant que le débat devait rester serein, notamment quand des gens du public ont protesté contre le principe de  double nationalité. Mais à d’autres moments, il applaudissait à ce qu’il jugeait « correspondre » à ce qu’il faut penser de l’identité nationale. D’ailleurs, il est à noter que tels La Corée du Nord ou les procès staliniens, Monsieur le Préfet et Eric Ciotti, distribuaient la parole en fonction des personnes qui applaudissaient au bon ou au mauvais moment.

A la toute fin du débat, avant de quitter de la salle je lance à haute voix dans la salle que les jeunes de 18 à 30 ans, malgré le poids qu’ils pèsent dans la société, n’ont pas eu une seule fois la parole et que les mots francisation et assimilation n’ont  jamais été  employés lors de ce débat. Sur ce fait, un policier en civil m’attrape par  le bras et me demande de quitter immédiatement la salle, ce que je fis en lui rappelant tout de même que pas tous les jeunes de l’assistance étaient des identitaires niçois et qu’en aucun cas je ne tenais  à proférer des propos racistes.

Au final, la conception d’un débat sur l’identité nationale à Nice, c’est une assistance constituée par le ban et l’arrière ban (adjoints  au maire, conseillers généraux etc.), sans doute avec des gens de l’UMP là pour faire la claque. Ensuite le  débat  se fait essentiellement entre titrés (historiens, présidents d’associations de quartiers sensibles, représentants des cultes etc.), saupoudré ça et là de témoignages  de personnes issues de l’immigration maghrébine sanglots dans la voix  (mais qui à la fin n’ont pas chanté la Marseillaise) et de prises de paroles  par des octogénaires nostalgiques de l’Algérie Française, teinté de nissartitude.

Moralité : pas une parole d’une personne fière d’être française, de notre modèle républicain  et avec une projection vers la société française de  2030 ou 2050.

La France une idée d’avenir !

Anthony Mitrano

Délégué Debout Les Jeunes des Alpes-Maritimes

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“La France, une idée d’avenir” !

18 décembre 2009
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Nous avons un nouveau président ! Ah bon ?

14 décembre 2009

Herman-Van-Rompuy

Oyez, oyez braves citoyens,

Nous qui espérions un changement de cap dans la politique menée pour notre pays, nous qui souhaitions un renouvellement au sommet de la classe politique, nous qui attendions qu’une personne se lève pour porter un nouveau projet aux plus hautes instances du pouvoir, voici notre vœu exaucé : Nous avons un nouveau président !

On me dit que ce président sera, pour plusieurs années, au sommet de la plus haute instance politique et guidera ainsi le destin de plusieurs dizaines de millions de citoyens. Parmi ses fonctions, il présidera le conseil réunissant les personnalités politiques les plus importantes dans leur zone géographique, il donnera les impulsions nécessaires à notre développement, il définira les orientations et les priorités de politique générale et enfin conduira notre politique étrangère et de sécurité commune grâce à un représentant qui lui aussi est nouveau !

« Devant de telles responsabilités, on peut supposer que la campagne politique menant à son élection a dû être une des plus passionnantes que nous n’ayons jamais connues ? » On me répond bizarrement que non.

« Mais au moins le jour de l’élection, des millions de citoyens ont dû accourir aux bureaux de vote pour départager les candidats et donner toute la légitimité au prochain président ? » On me répond bizarrement que les citoyens n’ont pas été invités à voter.

« Bon, en supposant que le suffrage fût réservé à une certaine catégorie de gens, j’imagine que les candidats ont du quand même présenter leurs projets politiques et le défendre ardemment au sein de débats forcément houleux vu la fonction à laquelle ils aspiraient ? » On me répond bizarrement qu’aucun projet n’a été présenté et qu’aucun débat n’a eu lieu

Etant un peu décontenancé, j’essaie de me rassurer «  Peut-être que chacun a su ce qu’il faisait et le nouveau président élu est surement quelqu’un de connu de l’ensemble des citoyens dont il aura la charge. » On me répond qu’il n’est connu que de 2% de la population et qu’il n’a pas été élu à son poste de président, pas plus que son représentant des affaires extérieures qui n’est connu de personne.

Enfin je m’interroge « Mais, quel est ce système politique dans lequel les décisions les plus importantes pour notre futur sont prises sans que les citoyens soient consultés ou au minimum informés du projet ? » On me répond « L’Union Européenne ».

L’âge post-démocratique

Par ce récit, tout le monde aura compris qu’il s’agissait de la nomination du nouveau président de l’Europe dont la plupart a déjà oublié le nom ainsi que son haut représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité dont la plupart n’a jamais connu le nom.

Il y a deux ans, dans « Après la démocratie » Emmanuel Todd annonçait que la démocratie était en crise et que les politiques futures ne se décideraient plus par le suffrage universel. Aujourd’hui, remarquant le désintéressement total des citoyens pour l’accession de M. Von Rompuy au poste le plus important de notre système politique, il semblerait que sa prophétie visait juste.

Déjà en 2005, je me souviens de nombreuses discussions pendant lesquelles mes amis m’exposaient le plus calmement du monde, pourquoi nous n’étions pas capables de comprendre les enjeux de la construction européenne, pas capables de comprendre le contenu du traité constitutionnel et par conséquent pourquoi il fallait faire confiance à nos dirigeants en disant oui à un texte qu’aucun n’avait lu et qui retirerait une bonne partie de notre souveraineté nationale.

C’est à ce moment que je compris que nous étions en train de changer d’âge politique. A la place de la démocratie, système par lequel les citoyens détiennent le pouvoir souverain et expriment leur volonté par le vote, est venu s’installer insidieusement, tel l’expérience de la grenouille*, un nouveau système post-démocratique dans lequel les grandes orientations politiques et économiques sont de plus en plus décidées par des technocrates tandis que la gestion locale des affaires politiques reste déléguée aux représentants élus par le peuple. La subtilité de cette transformation vient du fait que le transfert du pouvoir entre le peuple et les technocrates n’est pas vécu par les premiers comme une confiscation violente mais plutôt comme un abandon progressif de responsabilités pour lesquelles le peuple ne se juge plus suffisamment compétent pour les exercer.

De traité en traité, les dirigeants ont organisé un transfert de souveraineté qui ne s’est absolument pas accompagné d’un transfert d’intérêt du peuple pour la chose européenne. Nous vivons, dans l’indifférence quasi générale, ce terrible paradoxe qui veut que plus nous transférons nos compétences législatives à l’Europe (environ 70% aujourd’hui), moins le peuple se déplace pour voter aux échéances européennes.

Ce désintérêt n’est pas le fruit du hasard. Il est la conséquence de la volonté délibérée des élites de décourager le peuple dans sa volonté de saisir les grands enjeux politiques et économiques et maitriser les processus de décision politique. La stratégie des technocrates tient en une phrase : moins le sujet sera compréhensible et moins le peuple aura envie de s’y intéresser.

Déjà en 2005, peu d’entre nous avait lu le traité constitutionnel européen et malgré sa complexité, un débat populaire s’installa quand même et aboutit à la victoire du non. En 2007, Sarkozy nous fit la promesse de revenir avec un traité simplifié débarrassé des points sujets à débat et il en résulta un étouffement du débat jamais égalé. En effet, le traité simplifié fut une copie du TCE tout en réussissant l’exploit d’être encore plus compliqué que son original. A ce titre, quoi de plus explicite que la citation de Giuliano Amato, ancien vice-président de la Convention sur l’Avenir de l’Europe, qui déclarait : « Ils ont décidé que le document devrait être illisible. S’il est illisible, c’est qu’il n’est pas constitutionnel ; c’était là l’idée… Si vous parvenez à comprendre le texte au premier abord c’est qu’il peut y avoir matière à référendum, parce que cela signifierait qu’il y a quelque chose de nouveau »

Un bilan, une perspective?

Nos ancêtres ont donné leurs vies pour que nos générations puissent savourer le fait de vivre en démocratie. De Gaulle et Debré nous ont proposé une constitution, claire et concise, largement compréhensible par la population afin que cette dernière puisse en connaissance de cause décider de son système de représentativité politique.

Hier une majorité d’entre nous avons refusé le projet d’un nouveau transfert de souveraineté et puis nous avons assisté, impuissant, à sa ratification parlementaire.

Aujourd’hui, la plupart d’entre nous sommes incapables d’esquisser un schéma fonctionnel de l’Union européenne ou encore donner le nom d’un seul commissaire européen. Une majorité de français a boudé les élections européennes et personne ne s’est intéressé à la nomination du futur président de l’Europe

Et si demain, nous nous décidions à reprendre un peu le pouvoir ?

 

Note : L’expérience de la grenouille peut se résumer ainsi : si l’on plonge une grenouille dans de l’eau chaude, d’un bond elle s’échappera. Si on la plonge dans l’eau froide et qu’on porte doucement l’eau à ébullition, la grenouille s’engourdira progressivement et finira ébouillantée.

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Michel Barnier retourne au bercail de la commission européenne

11 décembre 2009

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Pendant la campagne des européennes Michel Barnier s’était tu sur sa possible nomination à un poste de commissaire européen, dès qu’il serait élu député européen. A l’époque, il valait mieux faire profil bas pour ne pas descendre la campagne UMP, déjà que sa colistière pour l’Ile de France, Rachida Dati, était pour le moins peu au fait des dossiers européens.

Aujourd’hui, les élections européennes sont loin, donc Barnier peut revenir  à sa nature profonde : défendre les intérêts européens avant ceux de la France. Plus besoin de faire illusion, en tant que fossoyeur, euh pardon, ministre français de l’agriculture  ou en tant qu’éphémère député dit français au parlement européen, depuis le 27 novembre, Michel Barnier est commissaire européen au marché intérieur et aux services financiers. Il avait déjà était commissaire de 1999 à 2004, et il était à l’époque en charge de la politique régionale et de cohésion.

Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP, se félicite de cette nomination en déclarant que « c’est un succès sans précédent pour la France qui n’avait jamais obtenu un tel portefeuille ».

Un succès certainement, mais pour La France en aucun cas, à moins que l’on considère comme une réussite le fait d’avilir notre pays un peu plus chaque jour dans cette dictature molle appelée Union européenne.

Anthony Mitrano

Délégué Debout Les Jeunes des Alpes-Maritimes

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Du moralisme au légalisme

9 décembre 2009

Par Julien Cabréra, responsable DLJ Hauts-de-Seine.

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L’affaire Mitterrand : hors de la polémique politicienne, une réalité crue

L’objet de cet article n’est pas de traiter ce qu’on pourrait appeler « la polémique de la polémique », dû au fait que la mise en lumière des pages sombres du livre « la mauvaise vie » ait été préparée par Marine le Pen, puis reprise par les quadras du PS. Quand la première voit dans ce scandale la façon de focaliser la machine médiatique autour de son parti, les suivants jubilent (pas très longtemps) et tirent à vue sur le gouvernement Sarkozy. Enfin les derniers, les commentateurs politiques hurlent au retour du moralisme et en profitent pour ressortir le fameux argument des « heures les plus sombres de notre histoire ».

Mitterrand, dans son livre, révèle qu’il a eu, à répétition, recours à la prostitution homosexuelle en Thaïlande. Dans les passages incriminés, il parle « d’éphèbes » ou de « gosses » sans pour autant donner d’indications quant à leur âge exact. Face à ces informations, il est très intéressant de noter que si les Français étaient partagés sur le degré de scandale que comportent cette déclaration ainsi que la volonté de voir M. Mitterrand démissionner de son poste, l’ensemble de la classe médiatique et politique, à de rares exceptions près, avaient décidé de prendre la défense de M. Mitterrand. Leur argument était simple : puisque M. Mitterrand déclare sur l’honneur, qu’il n’a pas eu de relations avec des mineurs, rien de ce qu’il a fait n’est illégal et par conséquent rien n’est condamnable.

Face à ce constat, il eut été intéressant de demander à M. Mitterrand sa méthode pour distinguer un prostitué mineur d’un prostitué majeur. Quiconque connaît le fléau de la prostitution en Thaïlande sait que la moitié des prostitués ont moins de 18 ans et l’autre moitié a dépassé cet âge depuis peu. Par conséquent, le fait que le mot « gosse » à l’écrit, se transforme en « boxeur de 40 ans » à la télé, aurait dû consterner ou rendre hilare la classe médiatique : Bizarrement, cela n’a pas été le cas.

Légalisme : Le manichéisme retrouvé

Passons la polémique sur l’âge, le plus important dans cette affaire est le lien de causalité qui est établi lorsque les commentateurs disent que M. Mitterrand n’a rien fait d’illégal DONC n’a rien fait de mal. Ils invoquent l’absolue nécessité d’abandonner le terrible réflexe moraliste qui nous renverrait droit vers le régime de Vichy (en cas de doute, pensez aux heures sombres). A cette invocation, il serait de bon ton de leur répondre que la morale populaire n’a jamais été infamante, et tout régime s’est muté en dictature dès lors que l’élite et non le peuple a décidé  d’imposer une vision moraliste à la société.

Si hier, la notion de bien et de mal se discutait en fonction de sa conscience propre et/ou de sa religion, aujourd’hui il semblerait bien que l’unique repère est la loi. Là ou la morale ne répondait que par des nuances allant du absolument sain au absolument diabolique, la loi vient apporter cette binarité si apaisante pour nos esprits las de réflexions et de nuances. En matière de mœurs, un comportement est donc mauvais s’il est illégal et inversement si l’on veut le considérer comme mauvais, le racisme par exemple, alors il faut le rendre illégal.

Cette façon de juger la société, bien que partant de bonnes intentions, me semble être une dérive particulièrement dangereuse car elle nous impose une grille de lecture de la notion de bien et de mal. Dans le cas de M. Mitterrand, si avant le début de l’affaire, j’avais en tête que le tourisme sexuel était une pratique abjecte, figurez-vous qu’après cette affaire…j’ai toujours le même avis que ce soit envers des mineurs ou des majeurs. En effet, la notion de minorité sexuelle a été introduite dans le droit pour protéger l’enfant des sévices d’adultes qui, par la séduction ou l’argent, auraient pu arracher un consentement d’un enfant encore incapable de discernement. Dans le cas de la prostitution thaïlandaise, le problème est tout autre car nous sommes face à une industrie de la prostitution dans laquelle le mineur comme le majeur sont prisonniers d’un système déshumanisant. Voir un thaïlandais de 17 ans comme une victime et celui de 19 ans comme un adulte consentant relèverait d’un cas de déphasage culturel occidental aggravé.

Ainsi, si le droit dit que M. Mitterrand n’a rien fait de mal tant que son “objet sexuel” porte la mention “plus de 18 ans”, je me permet de penser, excusez mon moralisme, que la prostitution, bien que multimillénaire, reste une pratique scandaleuse car déshumanisante, que le fait qu’elle se soit déroulée en Thaïlande est une circonstance aggravante vu les conditions d’esclavage que subissent ces jeunes, et enfin que l’hypothèse que le jeune soit mineur serait une autre circonstance aggravante.

Sans vouloir tomber dans le puritanisme d’outre-atlantique qui exige que toute personne publique déballe toute sa vie privée, je considère que les hommes politiques doivent s’astreindre à une certaine exemplarité et que si par malheur un comportement franchement scandaleux est mis en lumière, alors l’homme politique doit en tirer toutes les conséquences ; dans notre cas, la démission comme le réclame la moitié des Français (hypothèse faite entre l’unique sondage officiel BVA le soutenant, et les sondages sur internet réclamant sa démission).

Conséquence du légalisme

Le légalisme est une dérive de notre société car elle retire aux citoyens la possibilité de juger par eux-mêmes les notions de bien ou mal. Ces dernières deviennent alors la propriété du pouvoir politique qui a tout le loisir d’imposer une vision politiquement correcte de la société. Il empêche aussi aux citoyens de se forger une opinion sur les comportements non illégaux en tendant à tous les relativiser. Ne doutons pas qu’à l’avenir, d’autres comportements immoraux mais non illégaux se banaliseront jusqu’à la parfaite neutralité morale.

Julien Cabréra

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Compte-rendu de la réunion du Bureau national du 6 décembre

7 décembre 2009

Etaient présents Laurent Seurot, président, Bruno Potier, secrétaire général, Magalie Michaud, vice-présidente en charge de l’organisation des évènements, Jean-Baptiste Raphannaud, vice-président chargé de l’Informatique et Arnaud Bérodier, vice-président en charge de l’action militante.

A quelques heures de la fin du dernier vote sur la slogan, Arnaud Bérodier a fait le bilan des différentes étapes qui ont jalonné ce vote, salué la participation importante des militants, notamment sur le choix des 4 premiers slogans. C’est indéniablement une expérience à renouveler à l’avenir.

Nous avons longuement évoqué la question du site, mis en ligne depuis maintenant un mois. Le bilan dressé par Jean-Baptiste Raphannaud, notamment en ce qui concerne les statistiques de fréquentation, est assez encourageant et, de l’avis général des militants, le nouveau site un succès. De nouvelles possibilités seront prochainement exploitées, notamment un espace de discussion entre tous les cadres et entre tous les membres de DLJ. Le comité de rédaction sera mis en place à la rentrée 2010. N’hésitez donc pas à vous porter candidat.

Le prochain (et premier) Conseil national de DLJ se tiendra le samedi 6 février. Nos activités (travail et détente) dureront toute la journée, entre 10h et 17h. Nous mettrons au point l’ordre du jour lors du prochain Bureau national. Plutôt que de déjeuner au restaurant, nous préfèrerons sûrement un déjeuner tiré du sac, notamment pour des raisons financières.

Concernant les fédérations, Bruno Potier a dressé le bilan des différentes nominations depuis le Congrès fondateur et annoncé la nomination prochaine de quatre nouveaux responsables départementaux.

Concernant la commission Projets et Débats, le Bureau national a pris acte de la décision de notre compagnon Thomas Lefèvre de se décharger de cette responsabilité et a réfléchi sur les différentes personnalités qui pourraient prendre en main cette commission. Quoi qu’il en soit, nous remercions Thomas pour le travail qu’il a effectué et tenons à rappeler qu’il est l’auteur du règlement intérieur qui régit actuellement le fonctionnement de DLJ.

La prochaine réunion du BN aura lieu dimanche 20 décembre.

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Non, le référendum n’est jamais une catastrophe !

2 décembre 2009

Les quelques naïfs, dont je faisais une fois de plus partie, ont pensé que ce vote serait l’occasion d’engager un débat sur la laïcité, sur la place des religions dans la sphère publique, bref, qu’on se servirait de ce vote pour réfléchir et faire le point.

Loin d’avoir été engagé sur le fond, le débat est en train de se focaliser sur l’opportunité d’utiliser le référendum, et disons-le tel quel, sur l’existence même du référendum. Les institutions européennes dénoncent le procédé, quelques commentateurs n’hésitant pas à le qualifier de « populiste », « d’illégitime », etc. Daniel Cohn-Bendit, qui n’en est pas à une sottise près, demande tout bonnement à la République helvétique d’organiser un nouveau vote, estimant que les Suisses « doivent revoter » ! Cela nous rappelle bizarrement quelque chose.

Toutes ces critiques nous semblent au mieux artificielles, au pire absurdes.

Le référendum a cette immense qualité qu’il permet de sonder, à un moment donné, l’état d’esprit d’une nation, ses aspirations, ses craintes et ses peurs. Vaudrait-il mieux ignorer tout cela, laisser la peur s’installer, se nourrir de l’indifférence des gouvernants, pour finalement éclater, en dehors des urnes cette fois-ci ? C’était la politique qui prévalait dans la France d’Ancien Régime, dans les démocraties populaires et dans toutes les dictatures du siècle dernier… Sauf qu’au bout d’un certain temps, toute cette rancœur accumulée éclate, non sous la forme apaisée d’un vote démocratique, mais sous celle sanglante des révolutions.

On accuse le peuple d’être trop peu « savant » pour pouvoir se prononcer. Nos représentants élus sont-ils un meilleur gage de sagesse et d’intelligence ? Non, loin de là. Sans vouloir leur faire offense, certains de nos députés sont loin d’être des « lumières », au sens philosophique du terme bien sûr ! Mais surtout, il ne faut pas perdre de vue que, la plupart du temps, ils ne votent pas – hélas- en leur âme et conscience, selon leur conviction personnelle, mais bien plutôt sous la pression de leur groupe parlementaire. L’épisode du Traité de Lisbonne nous l’a montré. Le « miracle » du référendum, c’est justement de passer outre ces contingences politiciennes, ces intérêts de carrière, ces pressions partisanes.

Et quand bien même le peuple se tromperait ! On a montré que leurs gouvernants aussi. Faut-il pour autant supprimer les élections sous prétexte que l’on considère, au vu d’on ne sait quel critère, que les vainqueurs ne sont pas à la hauteur de l’enjeu ? Est-ce parce que le maire d’une petite commune a dilapidé les finances et défiguré la ville qu’on songerait un seul instant à interdire, une fois pour toutes, l’élection du maire au suffrage universel ? Non, ou alors cela ferait longtemps que l’on ne voterait plus ! On voit bien alors que toute critique contre le référendum devient alors une critique contre la démocratie elle-même. Qui plus est, si le peuple se trompe et qu’il s’en rend compte, rien ne l’empêche, à l’avenir, de revenir sur sa décision et de se déjuger.

On accuse le peuple d’être « irrationnel », « déraisonnable ». Pour ce qui est de notre affaire, cela relève manifestement d’une méconnaissance abyssale de la Suisse et de son fonctionnement. La plupart des hausses d’impôts sont décidées par référendum. Cela se fait parfois même à l’initiative des citoyens ! Et, bien souvent, les électeurs n’hésitent pas à accepter, mettant ainsi leur intérêt personnel de côté, au profit de celui de la collectivité. Est-ce là la manifestation d’un peuple « irrationnel » et « déraisonnable » ? Bien au contraire. Le peuple adopte parfois des décisions que ses gouvernants n’auraient pas le courage de prendre.

En réalité, la véritable cible de ces critiques, c’est le peuple lui-même. On espère qu’en supprimant le référendum, le peuple n’aura plus conscience de lui-même, de sa singularité, de sa force. Ainsi, on pourra sans doute mieux le diluer dans une « démocratie postmoderne » sans goût, ni saveur. On pourra le dissoudre dans un magma supranational où la notion même de peuple n’a pas sa place. Ils auront au moins retenu cela de la pensée marxiste : on ne peut arrêter une classe qui a conscience d’elle-même. Ce qui vaut pour une classe vaut encore bien plus pour un peuple. Faute de réussir à le convaincre, on le contourne, et, partant, on le supprime.

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