
Bonjour Laurent SEUROT, pouvez-vous vous présenter aux lecteurs du Guépard?
Je m’appelle Laurent Seurot, j’ai 23 ans et je suis en première année de doctorat de droit public à Nancy. J’ai rejoint Debout la République au mois de mai 2005, au moment de la campagne sur la Constitution européenne et cela fait maintenant un peu plus d’un an que je suis président de Debout les Jeunes, la branche « jeunes » de DLR.
Quelles sont les principales motivations de votre engagement en politique?
Il y a sans doute, comme chez tous les jeunes qui s’engagent en politique, une irrésistible attirance pour la chose publique, pour la décision et pour l’action. Mais ce qui a été déterminant, c’est le constat du renoncement de la plupart de nos élites, de leur manque d’ambition pour notre pays et, il faut le dire, de la grande médiocrité qui entoure le débat depuis quelques années. Avec le dernier clip des jeunes UMP, on a sans doute atteint le degré zéro de la politique.
Vous êtes Président de Debout Les Jeunes, branche jeune du parti gaulliste Debout La République, pouvez présenter ce parti ?
Debout la République a été fondé par Nicolas Dupont-Aignan et quelques élus en 1999. Il n’était alors qu’un club de réflexion et est devenu, quelques années après, parti associé à l’UMP. Au moment où Nicolas Sarkozy s’est déclaré candidat à la présidence de la République, nous avons quitté l’UMP et c’est à la fin de l’année 2008 que DLR est devenu un véritable parti politique. Quant à Debout les Jeunes, nous avons tout juste nos premières dents, puisque nous avons tenu notre congrès fondateur en septembre 2009.
Quelles relations DLR entretient-il avec la majorité présidentielle et l’UMP ?
On ne peut plus guère parler de relations, depuis que nous avons pris la décision de rompre tous les liens qui nous rattachaient à l’UMP, il y a 3 ans. Nous ne sommes donc ni le flotteur droit, ni le flotteur gauche du parti amiral. Nous avons fait le pari d’être indépendants, politiquement et financièrement. Tout le monde pariait, à notre sujet, sur une mort rapide et brutale. Trois ans après, nous sommes en pleine forme et ce n’est que le début !
Dans quelles perspectives abordez-vous les élections régionales alors que l’électorat traditionnel de l’UMP semble douter après de nombreux “couacs” au sommet de l’Etat et au sein de la majorité.
Contrairement à d’autres mouvements à droite, notre démarche a le mérite d’être claire : nous présenterons des listes aux élections régionales partout où nous le pourrons, notamment en Ile-de-France où Nicolas Dupont-Aignan sera tête de liste. Nous avons les militants et les élus locaux pour relever ce défi. Mais l’indépendance se paie cher et le coût élevé d’une campagne fait que nous ne pourrons pas nous présenter dans certaines régions. Mais, que nos électeurs se rassurent, ce n’est que partie remise.
A l’heure du sommet de Copenhague, quel regard DLR porte sur l’action du gouvernement en matière d’écologie, qu’avez vous à apporter à ce débat?
Les intentions sont louables et ont le mérite de susciter le débat. Mais on ne pourra régler sérieusement et durablement les problèmes écologiques que lorsqu’on aura fait tomber un tabou, celui du libre-échange mondial. Comment peut-on accepter que la plupart des produits qui inondent le marché européen soient fabriqués dans des pays où l’on ne respecte aucune norme environnementale ou sociale ? On préfère taxer le contribuable en France, en inventant une véritable usine à gaz administrative, au lieu de prendre la seule mesure courageuse qui pourrait avoir des effets immédiats et durables : mettre en place des écluses douanières environnementales aux frontières de l’Europe pour inciter les pays extra-européens, notamment la Chine, à produire plus proprement.
A mi-mandat quel regard portez vous sur l’action du Président de la République et du gouvernement ?
Un regard critique, c’est le moins qu’on puisse dire. Il a trompé les Français sur la marchandise. Non seulement il n’a pas fait ce qu’il avait promis, mais il en a parfois fait l’exact inverse. Il avait annoncé le retrait des troupes d’Afghanistan. Il les a renforcées et a réintégré le commandement de l’OTAN. Il a été élu pour remettre de l’ordre en France et il baisse continuellement les effectifs de police. Il a été élu pour réhabiliter les valeurs du travail et du mérite et il passe son temps à faire l’apologie de l’argent facile et du show-biz.
Votre Président, Nicolas Dupont-AIgnan, est connu pour son opposition au traité de Lisbonne, suite à sa ratification par les 27 que vous inspire ce traité et son application future ?
De la colère lorsqu’on voit la manière avec laquelle, en France comme en Irlande, on a traité les décisions des peuples. Comment peut-on désigner un régime dans lequel, lorsque le peuple vote « non », et bien c’est le « oui » qui l’emporte ? De la colère, mais aussi de la crainte de voir cette Europe continuer d’avancer dans le brouillard, sans savoir ni où elle va ni avec qui. L’histoire de ces cinquante dernières années nous a pourtant enseigné qu’il y a une Europe qui marche, celle des projets et des coopérations (Ariane, Airbus) et une qui ne marche pas, l’Europe communautaire, celle du vin rosé et de la libre concurrence. Or, le traité de Lisbonne, comme la Constitution européenne, vient renforcer la seconde et rendre impossible la première ! En réalité, on construit l’Europe comme au sortir de la guerre en suivant un modèle rigide et complexe, alors que l’Europe du XXIe siècle exige souplesse et simplicité.
Que vous inspire le débat sur l’identité nationale? DLR travaille-t-il sur ce thème?
DLR n’a pas attendu Nicolas Sarkozy ou Eric Besson pour parler de la France, de la République et de ses valeurs. Ce qui est le plus révoltant, c’est la schizophrénie du président de la République qui parle d’identité nationale alors que, depuis qu’il est au pouvoir, il n’a cessé d’y porter des coups de canif. La France s’est construite et s’est affirmée autour de son histoire, de sa langue, de ses services publics. Or, au même moment, on supprime l’histoire-géo en terminal S, on renonce à défendre l’utilisation du Français dans les institutions européennes et internationales, on baisse les heures d’apprentissage des savoirs fondamentaux à l’école, on démantèle les derniers services publics qui assuraient un minimum de cohésion et d’égalité entre tous les citoyens (La Poste, les hôpitaux, etc). Comme on le dit parfois dans un tout autre contexte, ce sont ceux qui en disent le plus qui en font le moins… L’identité nationale, plutôt que d’en parler, il faut en faire !
Enfin quel message avez-vous à transmettre à la jeunesse de droite ?
Celui de ne jamais renoncer à l’ambition et à la grandeur pour leur pays. Et si vous me permettez, je le transmets aussi à la jeunesse de gauche, à celle du centre et à toute la jeunesse de France. Beaucoup qui n’étaient pourtant pas fans de Nicolas Sarkozy lui ont accordé leur suffrage au motif qu’après tout, c’était le moins mauvais de tous. La France mérite mieux que le moins mauvais. Elle mérite le meilleur, mais pour cela, il faut se battre. C’est pour cela que je me bats aujourd’hui aux côtés de Nicolas Dupont-Aignan.
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