Régionales : passer le cap de la protestation, bâtir l’alternative nécessaire
26 mars 2010Les élections régionales qui viennent de se terminer sont à coup sûr un camouflet pour la majorité UMP et son chef de file, Nicolas Sarkozy. Mais ce n’est pas pour autant une victoire, qui plus est « triomphale », du PS et de ses alliés comme ne se lassent pas de le rappeler les commentateurs politiques.

L’impact de son score est en effet largement annulé par celui de l’abstention – à peine moins élevé au second tour qu’au premier – qui, au final, conjugué au score élevé du FN, sonne comme un profond désaveu des deux « grands » partis. Avec 15% des inscrits, la dite « majorité présidentielle » n’a jamais aussi mal porté son nom. Quant à la « gauche solidaire », quelle légitimé a-t-elle pour déclarer que les Français lui ont porté leur adhésion avec à peine 25 % des inscrits ?
Disons les choses comme elles sont, les Français n’ont jamais été autant dégoûtés qu’aujourd’hui des deux « grands » partis, et même des politiques en général. Un rejet profond qu’ils ne veulent toujours pas voir à l’issue de ce scrutin. Ainsi des ahurissants satisfécits du PS et surtout de l’autisme irresponsable de la majorité UMP qui n’entend rien concéder sur les prétendues « réformes nécessaires » pour le pays, qu’il serait « irresponsable » de stopper.
Ils ne veulent rien voir, et ne verront jamais tant qu’ils n’y seront pas contraints. Il est bien évidemment aisé d’interpréter à sa manière l’abstention. « Les Français ne se sont pas senti concernés », « les Français ne connaissent pas les compétences de leur Région », et j’en passe et des meilleurs.
Il est donc temps, désormais, de passer le cap de la protestation, et de lui donner enfin une traduction politique. Plus que jamais, une alternative par et pour les citoyens doit être bâtie en vue de 2012.
Une alternative qui entendra répondre aux préoccupations et aux aspirations de TOUS les Français, et non à celles d’une toute petite minorité.
Une alternative qui osera briser les tabous et s’attaquer aux causes des problèmes – notamment ceux liés à l’emploi, au pouvoir d’achat, à la sécurité et à la cohésion nationale – pour se donner les moyens de les régler.
Une alternative qui placera comme préalable la rupture avec l’Union européenne actuelle – et donc la reprise par le peuple français de la maîtrise de son destin, que l’UMPS a confisqué et confié à quelques obscurs fonctionnaires de Bruxelles et Francfort – et ses orientations anarcho-libérales, rupture sans laquelle aucune autre politique, plus avantageuse pour nos concitoyens, n’est possible.
Une alternative qui réaffirmera l’Etat républicain dans toutes ses promesses et exigences, et le renforcera dans toutes ses dimensions démocratiques, sociales et laïques.
Une alternative qui, en somme, ranimera l’âme de notre grand et beau pays, son modèle de société si singulier, son message au monde, que les gouvernements depuis 30 ans n’ont eu cesse d’étouffer et d’humilier.
Telles sont, en quelques mots, les bases d’un projet alternatif nécessaire auquel nous nous devons, à Debout la République, de contribuer activement, sans sectarisme mais sans compromission aucune avec une classe politique qui a failli et qui doit en conséquence être purement et simplement disqualifiée.
Jérôme Lagae,
DLJ Nord-Pas-de-Calais
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