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Retour sur le transport en bus pour le Congrès de DLR

23 décembre 2010

Un bus, conduit bénévolement par Georges Mairet, adhérent de DLR 39, a été affrété le 21/11 afin de permettre aux adhérents de l’Est d’aller au Congrès de DLR pour 15 € A/R seulement.

C’est dans la joie et la bonne humeur que des militants haut-rhinois, jurassiens, saône-et-loiriens, côte d’oriens et icaunais ont voyagé jusqu’à Paris.

Quelques membres de DLJ étaient présents : Arnaud Bonnet (39), Nicolas Chevalier (68), Charlène Dorier (71), Maxime Thiébaut (71) et Magalie Michaud (21).

Quelques photos.

De la république sociale au marché de la charité

23 décembre 2010

Le désengagement progressif de l’Etat en matière de lutte contre l’exclusion, de lutte contre la pauvreté et plus généralement de la cohésion sociale, de la cohésion nationale  a pour conséquence la multiplication d’associations caritatives, dont un grand nombre sont aujourd’hui reconnues d’utilité publique. Cette reconnaissance leur permet de percevoir des dons de la part des citoyens , dons entraînant une déduction fiscale pour les bienfaiteurs.

Le désengagement de l’Etat est tel que l’emploi de ces sommes d’argent n’est que très peu contrôlé, voir nullement. Seule la Cour des Comptes s’autorise aujourd’hui a disposer d’un droit de regard ponctuel sur la gestion financières des associations caritatives, droit de regard dont les impacts restent très limités en cas d’illégalité avérée.

Après les interrogations toujours d’actualité liées à l’utilisation de l’argent donné lors du tsunami de décembre 2004, des associations telles « association Mère Teresa pour les enfants», « opérations sauvetage enfants » ou encore « pain et eau pour l’Afrique » sont fortement soupçonnées d’avoir détourné des millions d’euros collectés auprès des citoyens français.

Ces scandales liés aux associations reconnues d’utilité publique pouvant percevoir des dons des français ne sont plus tolérables. Utiliser la misère humaine et la noble cause de vouloir y remédier pour s’enrichir personnellement ne doit plus être réalisable.

Ainsi, il serait judicieux de mettre en place un système permettant d’éviter les détournements de fonds, les malversations et l’utilisation de subventions publiques à des fins peu louables : créer une cellule composée de fonctionnaires au sein du ministère de l’intérieur chargée de gérer les fonds récoltés par les associations et de redistribuer les fonds leur étant initialement destinés après vérification de tous les titres de dépense. Ainsi, les dépenses liées au train de vie des dirigeants et membres de ces associations devront être bannies au même titre que tout subvention pour une association à caractère communautariste ou antirépublicain (LDH, LICRA…) ou toute dépense jugée superflue (par exemple le fait d’envoyer des courriers avec message imprimé en couleur sur papier cartonné qui coûte beaucoup plus cher que le papier fin).

Ne doivent être reconnues d’utilité publique et à ce titre autorisées à récolter des fonds fiscalement déduis pour les donneurs ainsi que des subventions publiques, les associations qui se soumettraient à un tel système.

Cette mesure peut également être accompagnée d’une rationalisation du tissu associatif français reconnu d’utilité publique, qui permettra d’avoir une vision plus claire sur sa composition et facilitera la mise en œuvre d’une véritable transparence financière de ces associations.

Une République irréprochable doit en effet se donner les moyens de l’être.

Le scandale de la taxe “Baroin-Sarkozy”

15 décembre 2010

Internet est jusqu’à aujourd’hui l’un des rares services auxquels tous les français peuvent avoir accès à un même prix et à une qualité égale (à quelques exceptions géographiques). L’oligopole institué dans ce domaine permet à chaque français de bénéficier d’une connexion haut débit en illimité (internet, téléphone et Tv en fonction des zones géographiques) pour la somme de 30 euros mensuels. Cet alignement des tarifs des opérateurs internet (mis à part orange) fait à la suite de la première offre par l’opérateur free a fait de la FRANCE le pays le moins cher en la matière.

Cette illustration d’une certaine égalité va prendre fin. En effet notre ministre F.BAROIN a inscrit dans la loi de finances initiale pour 2011, et ce à la demande de la commission européenne, un article prévoyant une hausse de la TVA pour les services internet. La réaction des opérateurs s’est faite entendre immédiatement et ils promettent à leur client une augmentation d’au moins cinq euros mensuels de ces forfaits.

Le ministre BAROIN se défendra en prétendant vouloir apporter de nouvelles recettes fiscales, vouloir combler le manque à gagner de la suppression de la publicité à la télévision publique… mais Monsieur BAROIN n’a aucune excuse! Lorsque l’on participe à une politique économique ultra libérale on ne peut pas s’étonner qu’en cas d’augmentation d’une taxe sur un service que les opérateurs privés de ce service augmentent leurs tarifs. On ne se permet une telle chose uniquement lorsque le pouvoir politique dispose d’une certaine autorité sur l’économie, autorité sapée par la loi de 1973 favorisant les emprunts de l’État français sur les marchés financiers et par l’ordonnance « Chirac » de 1986 portant libéralisation des prix et des salaires!

Même si nos dirigeants politiques incapables réalisent de telles inepties, les opérateurs internet ne sont pas dans l’obligation de rehausser leurs tarifs ni de procéder à une différentiation de la qualité du service en fonction du prix.

Nous ne rêvons pas, c’est effectivement un internet à deux vitesses, un internet pour les plus aisés rapide et tout compris et un internet moins cher pour les classes moyennes et populaires mais plus lent et à option….

En échange de l’oligopole instauré, les opérateurs internet devraient pour le moins, ne pas augmenter leurs tarifs même avec une légère hausse de la TVA, car rappelons le, l’exploitation du réseau existant ne leur coûte que très peu…ainsi que leurs services clients basés au Maghreb.

L’inégalité sociale que va produire cette décision gouvernementale est significative et illustre totalement la FRANCE de l’UMPS et des intérêts économiques supérieurs….la fin programmée de l’intérêt général approche à grands pas.

Chronique de la violence ordinaire

10 décembre 2010

L’échec patent de Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux en matière de sécurité se vit tous les jours en FRANCE. Les exemples peuvent se multiplier mais les faits les plus récents et les plus proches illustrent souvent mieux la réalité à laquelle doivent faire face les français.

De puis près d’une semaine, la gare de DOUAI, sous-préfecture du Nord, est le théâtre d’altercations. En effet chaque soir aux alentours de dix huit heures une bande de jeunes n’ayant visiblement rien à faire se réunit à l’entrée principale. Lors de l’arrivée des TER en provenance d’ARRAS et LILLE notamment les esprits s’échauffent. Cette bande de voyous agresse verbalement, voire physiquement de jeunes lycéennes pour leur faire comprendre qu’elles sont plaisantes ou de jeunes lycéens seuls lorsque ceux-ci ne souhaitent pas prêter leur téléphone mobile ou donner des cigarettes.

L’unique agent de sécurité, accompagné d’un chien policier muselé, tente chaque jour de renvoyer calmement ces jeunes en dehors de l’enceinte de la gare.

Ces tentatives se révèlent à chaque fois inefficaces, des membres de cette bande de voyous cherchant toujours à en venir aux mains.

Ce soir, la violence est montée d’un cran. Six jeunes ont entouré l’agent de sécurité, pour lui faire comprendre qu’il devrait aller voir ailleurs. Celui-ci refusant, et le chien policier se montrant menaçant (mais muselé) les esprits s’échauffaient. Le chien policier se voyant porter des coups de pied sur la truffe et l’agent de sécurité plaqué au mur. Le plus choquant étant qu’au même moment une voiture de policier, gyrophares allumés (sans son) passait à 30 mètres de la scène sans s’arrêter. J’ai appris juste après que les policiers partaient sur une autre intervention.

Voilà ce qu’est une soit-disant politique sécuritaire : des mots, des mots et rien que des mots qui ne guériront nullement notre pays de ses maux.

Nicolas Sarkozy pense-t-il réellement qu’en supprimant des milliers de  postes de policiers et gendarmes, qu’en se conformant aux idées droits de l’hommistes de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, qu’en faisant toujours plus prévaloir les prétendus droits constitutionnels des délinquants sur les droits des victimes et les libertés du peuple français ; il arrivera à enrayer la délinquance, l’insécurité?

Non. Ses beaux discours ne restent depuis 2003 que de beaux discours.

Ne nous méprenons pas, la gauche en souhaitant rendre de moins de moins responsables les voyous de leurs actes, rendre la prison de plus en plus confortable et donner toujours plus d’argent aux familles de voyous ne résoudra en rien le problème.

Alors que des élus locaux se font agresser dans le plus grand silence, que des policiers sont malmenés dans les banlieues sans réaction étatique, le système bien pensant pleure sur le sort d’un étranger mort par accident suite à un “tir de taser” effectué afin de mettre fin à un règlement de compte entre deux étrangers irréguliers.

Nous n’y arriverons pas comme cela!

Pour réduire à néant ces phénomènes des mesures simples sont à mettre en œuvre :

- augmenter le nombre de policiers et gendarmes en présence

- faire appliquer les peines de prison jusqu’à leur terme

-          diminuer le pouvoir prétorien du juge qui lui permet d’infliger des peines de plus en plus douce aux délinquants

-          désenclaver les quartiers sensibles par une politique de rassemblement des français, d’investissement et de création d’emplois…

Ces seules mesures ne seraient bien évidemment pas suffisantes. Des mesures d’ordre économique, sociale, d’immigration…. seront nécessaires pour arriver à cette fin.

Seule une politique ferme mais juste et respectant l’égalité des citoyens permettra d’instaurer une réelle tranquillité publique et faire grandir le sentiment d’appartenance à la communauté nationale.

Frédéric Lordon ouvre de nouvelles pistes pour réformer le système financier

8 décembre 2010

http://blog.mondediplo.net/2010-12-02-Ne-pas-detruire-les-banques-les-saisir

Parti Socialiste : la grande farce des « primaires » a commencé

8 décembre 2010

C’est, paraît-il, un évènement politique majeur : Ségolène Royal a officialisé ce lundi sa candidature aux primaires du Parti Socialiste ! Un évènement si éminent, si spectaculaire que les médias en ont fait fort logiquement leurs gros titres, et que tous les hommes politiques « de premier plan » y sont allés de leurs réactions solennelles.

En effet, nous dit-on, avec la candidature de Ségolène Royal, les fameuses « primaires » sont enfin lancées, et avec elle, bien sûr, les présidentielles ! « Primaires » dont on nous rabâche à l’envie qu’elles seront un grand moment de démocratie, une œuvre positive telle qu’elle permettra à la « gauche » d’enclencher une puissante dynamique en vue de battre Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2012.

« Battre Nicolas Sarkozy », telle est l’obsession de nos amis « socialistes », leur seule obsession. Au point qu’elle semble même leur tenir de seul et unique programme. Mais après ? « Battre Nicolas Sarkozy », oui, mais pour quoi faire ? Les « socialistes » tentent de faire croire aux Français qu’il suffirait de « battre Nicolas Sarkozy » et de le remplacer par un gentil « socialiste » pour que les choses aillent, par miracle, beaucoup mieux en France.

Mais quelle politique nous réservent-t-ils pourtant tous, qu’ils s’appellent Dominique, Ségolène, Martine, François ou Manuel ? La même, strictement la même que celle qui est actuellement menée par ce cher Nicolas !

Bien sûr, ils ont beau déplorer l’état de notre pays, ils ont beau pleurer sur le sort de tous ces Français abandonnés à une insécurité sociale grandissante, mais aucun d’entre eux n’a l’envie ni le courage d’aller à la véritable racine des problèmes : la confiscation complaisamment organisée de notre souveraineté au profit de gros intérêts économiques et financiers – et de leur relais dénommé « Union Européenne » – qui n’ont par nature aucun souci du bien commun.

Les « socialistes » ont beau nous promettre une nouvelle fois de nous « changer la vie », mais que nous réservent-ils sinon de ne pas toucher à ce monstrueux statu quo? Pas un parmi les tous les candidats « socialistes » à osé remettre en cause ces instruments d’aliénation et de paupérisation des peuples que sont le Traité de Lisbonne, la BCE, l’euro, le libre-échange déloyal ! Bien au contraire, ils s’en félicitent, si aveuglés qu’ils sont par leur sainte religion européiste. « L’Europe ou le chaos ! » clament-ils, plus sûrs d’eux que jamais. Le Parti Socialiste n’a-t-il pas salué et approuvé, il y a quelques mois, l’infâme plan « d’aide » à la Grèce, dont l’un des initiateurs n’était autre que le FMI de leur cher camarade Dominique Strauss-Kahn ? Nul besoin d’être voyant pour imaginer ce que feraient les « socialistes » s’ils étaient en 2012 aux « commandes » d’une France confrontée à une situation similaire à celle de la Grèce d’aujourd’hui : ils se coucheraient, avec plus de brutalité encore que par le passé. Chouette perspective, n’est-ce pas ?

A la vue de cet état de fait, quel peut donc être l’intérêt d’organiser de telles « primaires », dont l’enjeu se limiterait alors à choisir la marionnette la plus ressemblante en paroles à un homme d’Etat ? Bien sûr, intoxiquer encore davantage le peuple, avec le matraquage bienveillant des médias. Lui donner l’illusion que le PS est une alternative politique, la seule alternative crédible, à l’UMP, alors qu’elle poursuivra la même politique de soumission aux mastodontes. Faire croire qu’on s’occupe vraiment de lui… alors que l’on s’en moque éperdument.

L’enjeu des « primaires » « socialistes » est politiquement nul en soi. Elles ne mériteraient pas qu’on s’y attarde si cette farce ne relevait pas d’une stratégie d’intoxication massive afin d’éloigner les Français de toute vraie alternative politique. Hélas, c’est bien le cas. Il est donc d’une impérieuse nécessité civique que de dénoncer haut et fort cette comédie insupportable, injure à la démocratie et à la souffrance de millions de nos concitoyens. Les Français méritent mieux que ces querelles d’égos, que ces clowneries politiciennes que ses z’élites autoproclamés leur persuadent de tenir lieu de « vie démocratique». Plus que jamais, il est temps de remettre le débat d’idées et la quête du bien commun au premier plan. Pour que revive enfin la République, condition sine qua non de la dignité de tous !

Eloge des frontières

2 décembre 2010

Lorsque Nicolas Dupont-Aignan a commencé, il y a quelques mois, à affirmer sa volonté de vouloir rétablir les frontières nationales, je dois admettre que la proposition ne suscitait pas chez moi un enthousiasme démesuré. Car si je suis convaincu de l’impasse européenne et de la nécessité de revenir à des monnaies nationales, ce n’est pas pour autant que le rétablissement des frontières m’enchante.

Expliquer la sortie de l’Euro, c’est relativement simple : la zone euro n’a rien d’une zone monétaire optimale et les économies des différents pays, au lieu de converger, ont divergées après avoir été mises en concurrence par une mondialisation sans pitié. Le coté pratique de la monnaie unique pour les touristes dont il m’arrive de faire partie ne fait pas le poids face au boulet économique qu’elle est devenue. D’autant plus au vu des conséquences sociales et culturelles du crash industriel de l’Europe.

Mais, pour les frontières, c’était une autre histoire. Il faut admettre que c’est le type de proposition qui peut laisser l’impression amère d’aller à contresens de l’Histoire. Surtout dans le cas de l’Europe, cette colocation continentale dans laquelle il faut tout faire pour consolider une confiance mutuelle bien chèrement acquise.

Parce que oui, je veux y croire à l’Europe ! Pas celles des technocrates, certes non, mais celle de la rencontre des peuples. J’ai profité comme tant d’autres du programme Erasmus, j’ai le même plaisir à arpenter les rues de Prague, Rome ou Freiburg qu’à sillonner les régions françaises. Et l’idée de faire travailler ensemble les peuples européens m’enthousiasme à priori plus que celle de rouvrir les postes frontières.

A cela s’ajoute le fait que ma jeunesse a été marquée par le développement des réseaux d’informations planétaires, des chats IRC aux liens Twitter. Internet est le territoire sans frontières par excellence – à quelques pare-feux gouvernementaux près – pour le plus grand bonheur de tous. Bref, je ne suis pas sur que ma génération soit très sensible à la notion de frontière.

Je cherchais donc depuis quelques temps les arguments me permettant de me débarrasser de mes plus grands doutes sur le sujet. Car ne nous méprenons pas, je suis en parfait accord avec NDA sur le diagnostic suivant : l’impossibilité de contrôler les flux migratoires, les échanges commerciaux et les transferts de capitaux sont autant de talons d’Achille en vue de la réhabilitation du pouvoir politique que nous prônons. Mais je n’étais pas persuadé que le remède de cheval que constitue le rétablissement des frontières soit la seule solution possible. Cette décision me paraissait être un recul trop symbolique de l’idéal européen qu’il serait difficile à estomper par des bénéfices incertains pour le peuple français.

Mais, heureux hasard, alors que je cherchais le dernier ouvrage d’Hakim El Karoui, « Réinventer l’occident », en vue d’occuper un pluvieux week-end, mes yeux glissèrent sur le titre d’un petit livre de Régis Debray tout fraîchement publié. « Eloge des frontières ». Un éloge des frontières par Régis Debray, voilà ce qu’il me fallait !

Et je ne fus pas déçu ! Cet ouvrage reprend le texte d’une conférence de mars 2010 à Tokyo. On y découvre une plume parfaitement libre, qui prend le temps de dévoiler une pensée profonde et cohérente sur un sujet souvent maltraité. Un savoureux petit exposé de 96 pages dans lequel Régis Debray remet en lumière des notions élémentaires et fondatrices de notre civilisation.

L’idée principale est celle de l’ambivalence de la notion de frontière : « Elle inhibe la violence et peut la justifier. Scelle une paix, déclenche une guerre. Brime et libère. Dissocie et réunit. » Car si les frontières divisent les différents peuples de la Terre, c’est pour mieux les rassembler. Il est essentiel de définir un contour pour savoir dans quel cadre agir et que nos actes ne soient pas autant de coups d’épées donnés dans l’eau.

La frontière, en fixant un même cadre à une multitude d’individus permet de rééquilibrer leurs rapports, en les civilisant : « La frontière rend égales des puissances inégales. Les riches vont où ils veulent, à tire-d’aile ; les pauvres vont où ils peuvent, en ramant. Ceux qui ont la maîtrise des stocks (…) peuvent jouer avec les flux, en devenant encore plus riches. Ceux qui n’ont rien en stock sont les jouets des flux. Le fort est fluide. Le faible n’a pour lui que son bercail (…). Le prédateur déteste les remparts ; la proie aime bien. »

Debray prend en outre le temps de déconstruire l’argument selon lequel les frontières sont autant d’œillères qui nous ferment du monde et conduisent à l’incompréhension entre les peuples, avec tout ce que cela peut impliquer. Car, « c’est en se dotant d’une couche isolante, dont le rôle n’est pas d’interdire, mais de réguler l’échange entre un dedans et un dehors, qu’un être vivant peut se former et croître ». « (…) la peau est aussi loin du rideau étanche qu’une frontière digne de ce nom l’est d’un mur. Le mur interdit le passage, la frontière le régule. ».

Ainsi, une frontière sert à fixer un cadre, former un corps d’individus et à le faire respirer, échanger avec le reste du Monde. La frontière n’empêche rien, elle ne bloque rien, elle régule, c’est un facteur d’équilibre. Et en fait, il n’est pas de régulation crédible sans frontières, que ce soit pour l’immigration ou la finance.

Voilà pour les grandes lignes, je vous laisse le soin d’enrichir cet argumentaire avec la lecture de l’Eloge des Frontières. Pour le reste, Régis Debray ne manque pas de dénoncer l’imposture morale des effaceurs de frontières. « Le ‘ludion désancré’ ne voulait plus la démarcation ; il a la ségrégation. (…) Entre gated communities et bidonvilles. (…) Entre les gens de Neuilly et ceux d’Aubervilliers. »

Car, regardons les choses en face : l’effacement des frontières n’a fait qu’attiser la peur des individus face à une altérité qui nous échappe. Pire, cette déconstruction a conduit à l’affaiblissement du citoyen pour renforcer le consommateur. « La globalisation elle-même provoque l’érection de murs électrifiés et vidéosurveillés contre des menaces senties comme névralgiques parce que insaisissables, infra- ou trans-nationales. » Et avec cet effacement, pendant que « l’économie se globalise, le politique se provincialise ». Une économie toujours plus forte, des pouvoirs politiques toujours plus faibles et des individus toujours plus seuls, est-ce vraiment cela qui est souhaité ?

Non, vraiment, un monde sans frontières n’a rien d’enviable, triste et lisse qu’il serait. Quel plaisir prendrions-nous à passer les frontières, à changer de culture et de paysages, à nous ouvrir sur le monde… sans frontières ? Il est in fine inutile de faire l’économie des postes de douanes. « Ce serait trop dommage pour cette grosse boule polychrome, joyeusement polyglotte, où il faut chaque jour, par chance, apprendre à s’égarer et où l’on voudrait bien pouvoir continuer à se perdre. »

Je ne peux que vous conseiller la lecture convaincante de ce manifeste de Régis Debray qui ne verse jamais dans l’excès et est empreint d’une grande sagesse, à l’image de cette dernière citation : « Renoncer à soi-même est un effort assez vain : pour se dépasser, mieux vaut commencer par s’assumer ».

JBR